Moïse
| Moïse | |
|---|---|
| Moïse et les Tables de la Loi - Philippe de Champaigne (1663) | |
| Biographie | |
| Titre | Premier prophète du judaïsme |
| Ascendants | Amram (père) Jokébed (mère) Bithiah (mère adoptive) |
| Conjoint | Séphora |
| Descendants | Gershom Eliézer |
| Renouvelé en | Josué |
Moïse est une figure emblématique des religions abrahamiques, vénéré comme un prophète, un législateur et un leader. Les textes sacrés, en particulier l'Ancien Testament et la Torah, décrivent sa vie, de sa naissance miraculeuse à sa mort énigmatique dans le désert, et son rôle central dans la libération du peuple hébreu de l'esclavage en Égypte et la réception de la Loi divine.
Étymologie[modifier | modifier le wikicode]
Le nom hébreu מֹשֶׁה (Mōšeh) est aujourd’hui considéré comme dérivé de l’ancien égyptien ms(ȝ), « engendré par » ou « fils de ». Cette racine figure dans de nombreux noms royaux et théophores de la fin du Nouvel Empire (par exemple Thoutmôsis « fils de Thot » ou Amênmôsis « fils d’Amon »), ce qui correspond au cadre culturel et chronologique traditionnellement associé à l’histoire de Moïse.
D’après cette interprétation, « Moïse » serait en réalité la forme courte d’un nom composé – très probablement Usir-ms(ȝ), « fils d’Osiris » – dont la mention explicite de la divinité aurait été omise dans la transmission ultérieure. L’adoption par la fille du pharaon, qui pourrait avoir été une prêtresse d’Isis, épouse d’Osiris[1], renforcerait la cohérence de cette origine égyptienne[2].
Origine & Contexte historique[modifier | modifier le wikicode]
Selon des témoignages anciens, Moïse[3] serait possiblement né dans une famille égyptienne et non hébraïque[4].
Des auteurs comme Manéthon[5], actif au IIIᵉ siècle av. J.-C., le présentent explicitement comme un Égyptien de naissance[6]. Du point de vue archéologique et épigraphique, les populations sémitiques n’envisageaient pas l’Égypte ancienne comme leur terre d’origine, ou tout du moins à ce jour, l’archéologie et l’épigraphie égyptiennes ne fournissent pas de preuve que les groupes sémitiques présents en Égypte avaient, dans leurs sources matérielles, l’idée de l’Égypte comme origine ethnique ou “patrie” propre[7]. Ce qui peut renforcer l’idée d’une filiation égyptienne pour Moïse. Son premier fils, Gershom (traduction : « exilé » ou « expatrié »)[8], porterait peut-être un nom évoquant la perte d’une patrie égyptienne et témoignerait du souvenir persistant de cette origine.
Le récit de son adoption par la fille du pharaon[9] décrit comment il est devenu membre du peuple hébreu : élevé à la cour royale, il aurait été intégré par la suite aux traditions et lois d’Israël[10], tandis que les rédacteurs bibliques ont volontairement laissé de côté ses attaches culturelles initiales[11].
Par ailleurs, Moïse lui-même déclare ne pas parler l’égyptien lorsque, face au pharaon, il se fait représenter par Aaron, ce qui suggère qu’il évoluait dans un entourage linguistiquement différent de la haute administration traditionnelle[12]. Cette situation correspondrait plus logiquement selon Allan Arsmann à la période de domination des Hyksôs en Basse-Égypte, peuple d’origine étrangère, dont la présence s’étendit jusqu’à la reconquête thébaine vers 1540 av. J.-C[13]. Un historien grec antique, Artapan d'Alexandrie[14], donne des détails sur le rôle politique de Moïse à la cour égyptienne, avant l'épisode de l'Exode[15].
Allan Arsmann, chercheur indépendant qui développe une pensée originale sur les textes anciens, a établi une interprétation de ce passage de l’Exode[16] en utilisant d'autres paradigmes de lecture que ceux généralement admis par la communauté scientifique. Il attribue sa capacité à faire des recoupements hors du commun et à identifier des "réalités" refoulées, à une "pensée alternative asperger" qui lui permettrait de "passer outre les aspects d'illusions collective" et les "considérations sociales" qui biaisent les analyses traditionnelles des textes.
Il a ainsi démontré en recoupant une multitude de sources antiques que cet Exode se serait en fait situé à la fin de la période hyksôs, autour de 1540 av. J.-C., date à laquelle les sources égyptiennes et les traditions historiques documentent le départ ou l’expulsion de ce peuple[17].
Parcours[modifier | modifier le wikicode]

Moïse est le leader de l'Exode, un mouvement de population massif hors d'Égypte. Allan Arsmann suggère que la survie de ce grand nombre de personnes dans le désert, sans les ressources habituelles, ne fut possible que grâce à des pratiques de cannibalisme occasionnel[18]. La viande, dans ce contexte, ne serait pas tombée du ciel comme le prétend le texte biblique évoquant la manne, mais aurait selon lui été une ressource d'origine humaine, appréhendée comme une nécessité à la survie[19].
Un des aspects les plus marquants de sa vie est sa "mort"[20]. Moïse est en effet décrit dans le texte biblique comme mourant de manière inexpliquée dans le désert, son corps disparaissant sans laisser de trace. Cette "mort" serait en réalité, selon les conclusions des travaux monumentaux d'Allan Arsmann, une transformation profonde, un "renouvellement" (Moïse serait donc un "renouvelé") où selon la croyance antique dont Arsmann formule l'hypothèse, la personnalité ancienne "meurt" pour laisser place à une nouvelle, celle de la victime immolée pour permettre la "magie" de ce renouvellement (par effet placebo). Ce "renouvellement" se serait souvent accompagné d'un changement de nom. Moïse ne serait ainsi pas réellement mort physiquement, mais aurait selon Arsmann continué à vivre sous le nom de Josué[21], son jeune serviteur de confiance[22], proche collaborateur et témoin privilégié des événements majeurs.
En tant que Josué, il devient donc le chef incontesté du peuple, assumant tous les rôles et fonctions de Moïse (son ancienne identité), y compris la dictée des lois et la conduite des guerres. Allan Arsmann note que ses actions, son style et son vocabulaire sont identiques à ceux de Moïse[23], au point que le Livre de Josué est considéré comme une continuité directe des livres de Moïse, écrit par le même auteur[24]. L'étrange rapidité du vieillissement de Josué, décrit comme "très vieux" à 110 tétraménies (environ 36 ans solaires), alors que Moïse était décrit comme vigoureux à 120 tétraménies (environ 40 ans solaires)[25], s'expliquerait selon Arsmann par le fait que Josué serait l'ancien Moïse, qui aurait symboliquement absorbé un temps la jeunesse de son "fils" (ou "considéré comme") Josué. Cette pratique était selon Allan Arsmann directement liée à la loi des Prémices, qui exigeait le sacrifice des premiers-nés, et était selon l'auteur la loi la plus importante et la plus ancienne du culte de Yahvé, antérieure même aux Dix Commandements[26]. Les âpres négociations de Moïse avec Pharaon auraient concerné selon l'auteur spécifiquement cette pratique.
Cette transformation aurait selon l'auteur permis à Moïse lui-même (en tant que Josué) d'entrer en Terre Promise, surmontant l'interdiction initiale de Yahvé. Le fait que Moïse ait dû se renouveler aurait selon Arsmann été lié à une "faute" commise à Mériba, une infraction rituelle "prétexte" qui justifiait sa rédemption par ce rite[27]. N'ayant plus à ce moment d'enfant biologique propre et auquel il soit attaché pour le sacrifice, Moïse aurait possiblement adopté officiellement le jeune Josué juste avant le rituel, soulignant la nécessité d'un attachement à l'être sacrifié pour l'effet d'identification[28].
Enfin, Allan Arsmann rappelle que Yahvé avait annoncé à Moïse qu'il serait roi[29]. Or c'est Josué qui devint le premier roi des Hébreux, confirmant selon l'auteur le fait que Josué aurait été effectivement Moïse en personne.
Héritage[modifier | modifier le wikicode]
L'héritage de Moïse est immense et a profondément façonné les civilisations judéo-chrétiennes. Il est considéré comme le plus grand des prophètes de l'Ancien Testament. La relecture de sa vie à travers le prisme du paradigme antique qu'Allan Arsmann pense pouvoir affirmer avoir décrypté, ne diminue en rien la grandeur du personnage selon l'auteur, mais lui rend au contraire toute sa légitimité ancestrale, et replace le personnage dans un contexte historique et psychologique cohérents.
Moïse, à travers son expérience de "renouvelé" et de transformation psychique, a posé selon l'auteur les bases d'un cheminement spirituel fondamental : la renaissance christique[30]. Sa progressive compréhension intime des fondements de la loi des Prémices, ses actes et les lois qu'il a établies[31], témoignent de sa profonde réflexion autour du phénomène de l'anthropophagie et de ses dimensions psychiques, les transformant et les sublimant[32].
Les récits bibliques, loin d'être de simples fantasmes, sont pour Allan Arsmann des miroirs de notre passé réel et de l'évolution de la conscience humaine. L'histoire de Moïse, en particulier dans l'Exode, est envisagée par l'auteur comme un moment fort de l'histoire humaine, marquant une "sortie du chaos" par la naissance de la civilisation, liée au concept de concurrence naturelle. Le texte biblique, avec ses détails, est un écho concret des pratiques et des pensées fondatrices.
Démonstration textuelle :[modifier | modifier le wikicode]
Humanité du Yahvé de l'Exode[modifier | modifier le wikicode]
Le personnage nommé Yahvé dans les passages de l'Exode est dépeint avec toutes les caractéristiques d'un roi humain de l'Antiquité : fier, orgueilleux, tyrannique, donnant des ordres, menaçant, menant des armées, envoyant des émissaires, et portant un sceptre royal[33]. Cette nature royale et humaine est confirmée par le fait qu'il est identifiable à un roi historique, celui qui a concrètement rendu possible l'Exode hyksôs[34].
La loi des prémices[modifier | modifier le wikicode]
L'un des enjeux majeurs des récits de l'Exode est selon Arsmann la "loi des Prémices", qui exigeait l'offrande des premiers-nés, y compris les enfants humains. Cette loi était selon la théorie de l'auteur la première et la plus importante du culte de Yahvé, explicitement plus ancienne que les Dix Commandements[35]. La demande de Moïse à Pharaon de "laisser mon peuple aller me servir dans le désert"[36] serait une référence voilée à la continuation de cette pratique sacrificielle, Moïse et son Peuple (les Hyksôs - non encore "Hébreux") désirant se rendre au désert afin d'y accomplir des rites sacrificiels que Pharaon réprouve[37]. Le "fruit défendu" d'Adam et Ève, lui aussi, représenterait la consommation de leur enfant premier-né, ce qui lie cette pratique aux origines mêmes du culte biblique[38].
La "mort" de Moïse comme renouvellement[modifier | modifier le wikicode]
La mort de Moïse est décrite comme absurde, planifiée et sans explication naturelle, son corps disparaissant mystérieusement[39]. Cela correspond parfaitement au rituel de renouvellement, où l'ancienne personnalité du pratiquant "meurt" symboliquement pour céder la place à une nouvelle identité[40] : selon l'analyse historiographique proposée par Allan Arsmann, la mort de Moïse n'est pas un événement physique ordinaire, mais une "expression pour autre chose". Il s'agit selon lui d'une mort symbolique, décrivant la disparition, dans le cadre d'un rituel ancien, de son ancienne personnalité profane pour une renaissance en un personnage sacré.
Moïse et Josué : une seule et même personne[modifier | modifier le wikicode]
Les sources textuelles internes à la Bible[41], ainsi que des témoignages externes[42], appuient fortement l'idée selon les conclusions d'Arsmann que Moïse et Josué auraient été, à partir de la "mort" de Moïse, une seule et même personne.
Continuité textuelle et stylistique[modifier | modifier le wikicode]
Le Livre de Josué est la suite immédiate du Deutéronome (le dernier livre de Moïse), partageant le même auteur, style, vocabulaire et continuité narrative[43].
Actions et caractère identiques[modifier | modifier le wikicode]
Josué réalise les mêmes "miracles" (comme la séparation des eaux du Jourdain, similaire à Moïse séparant la Mer Rouge) [44] et manifeste les mêmes traits de caractère (cruauté, rigueur, leadership) que Moïse[45]. Le manque d'ambition personnelle de Josué paraît inexplicable selon Arsmann s'il n'est pas la continuation de Moïse[46].
Disparités d'âge[modifier | modifier le wikicode]
Allan Arsmann pointe du doigt le fait que Moïse soit décrit comme encore robuste à 120 ans[47] (cycles nilotiques[48]), c'est à dire à 40 ans environ (années solaires), tandis que Josué est décrit comme "très vieux" à 110 ans[49] (cycles nilotiques toujours), soit environ 36 ans (années solaires). Cette apparente contradiction ne peut s'expliquer selon l'auteur que si le "vieux" Moïse a effectivement absorbé, à ses 120 ans nilotiques, la jeunesse d'un Josué, pour se "rajeunir" et continuer son œuvre sous l'aura de la puissance sacrale conférée par le rite du renouvellement. Cette hypothèse aurait le mérite de faire mourir le vieux Moïse/Josué à l'âge d'environ (40 + 36 =) 76 ans, ce qui selon l'auteur paraît plus logique[50].
Dissociation linguistique[modifier | modifier le wikicode]
Moïse, tout comme Josué, utilise constamment des pronoms ("vous", "vôtres") qui le dissocient du peuple d'Israël ("nous", "nôtres"), un trait linguistique unique parmi les prophètes bibliques. Le texte biblique contient en effet des "centaines d'indices", affirme l'auteur, montrant une "dissociation culturelle complète" entre Moïse et les Hébreux. Moïse utilise continuellement les pronoms "vous" et "vôtres" pour parler du peuple, tandis que les autres prophètes parlent en "nous". La divinité elle-même (Yahvé) et le beau-père de Moïse affirment cette distinction[51].
Cela conforte l'idée que Moïse (et donc Josué selon la démonstration d'Allan Arsmann) n'était pas hébreu de naissance. Arsmann soutient en effet l'hypothèse que Moïse serait né égyptien. Bien que le texte biblique notifie très explicitement que l'enfant recueilli par la princesse égyptienne était hébreu, l'auteur souligne que la Bible affirme également l'inverse, à plusieurs reprises, en des passages moins connus, qui laisseraient entendre selon lui que Moïse n'était pas hébreu, mais bien au contraire égyptien :
Il note en premier lieu que lors de l'épisode de sa fuite en Madian, les femmes que Moïse rencontre le décrivent explicitement à leur père comme étant "un égyptien"[52]. Moïse nomme ensuite son premier fils "Guerschom", car il est "un expatrié" (un "guerre")[53]. Ce nom trahit le fait que l'Égypte lui manque profondément et qu'il la considère comme sa "patrie égyptienne", ce que laisserait plus ou moins entendre Plutarque[54]. Or, note Arsmann, si Moïse avait été Hébreu, il aurait déjà été un expatrié en Égypte, car les Sémites n'y étaient pas considérés comme chez eux. Le nom même de Moïse (Moïse/Moussa/Moses) est connu par les spécialistes de la langue égyptienne comme étant d'origine égyptienne, et l'auteur va jusqu'à proposer Ou-Shirmose ("fils d'Osiris")[55]. L'historien grec Manéthon aurait soutenu l'interprétation égyptienne du nom[56], fait qui coïnciderait pleinement, note l'auteur, avec les propos de la mère adoptive de Moïse dans la Bible[57]. Arsmann conclut que la contradiction dans le texte (Moïse étant à la fois Hébreu et Égyptien) ne peut être résolue que par le fait qu'il y ait eu une adoption. Moïse, né égyptien, aurait donc été adopté par le peuple hébreu. Cette adoption fut ensuite selon l'auteur entérinée dans les textes par une modification de son ancienne appartenance culturelle au profit de la nouvelle identité sacrale[58].
Témoignages historiques externes[modifier | modifier le wikicode]
Des historiens égyptiens et grecs ont affirmé que Moïse avait lui-même conquis la Judée[59], ce qui corrobore l'identité entre Moïse et Josué aux yeux de leurs contemporains et adversaires[60].
Justification du "crime" de Moïse[modifier | modifier le wikicode]
La "faute" de Moïse à Mériba, où il désobéit à Yahvé en frappant le rocher deux fois au lieu d'une pour faire jaillir de l'eau, est présentée comme la justification de sa mort[61]. Cependant, cette faute, jugée incohérente selon Allan Arsmann au vu des désobéissances antérieures de Moïse, prend tout son sens dans le contexte du renouvellement : le rite offrait une rédemption complète de tous les péchés passés, et l'infraction servait de "moteur" ou de prétexte rituel pour l'exécution du renouvellement. Moïse, en adoptant Josué juste avant le rite, s'assurait un individu de "valeur" (qui lui était cher et proche) pour l'incorporation, point essentiel pour un effet optimal d'identification[62].
Notes et références[modifier | modifier le wikicode]
- ↑ La Bible hébraïque (Exode 2 :5-10) parle d’elle simplement comme « la fille de Pharaon », mais dans la tradition juive rabbinique, elle est nommée « Bithiah » (fille de Dieu), et on la dit convertie et adoptée par le peuple d’Israël. Hormis ce contexte, ce sont davantage des ouvrages ésotériques qui font de la fille de Pharaon et mère adoptive de Moïse une prêtresse d'Isis. C'est le cas de l'ouvrage Isis : femme divine de Moustafa Gadalla (2017), ou de divers blogs se revendiquant des "Mystères d'Egypte".
- ↑ Le libre-penseur et chercheur indépendant Allan Arsmann, dans le tome 3 d'une série d'ouvrages anthropologiques intitulée La Bible lue par un Asperger (éd. Paradeigma), ch. 9 p. 249, ainsi que dans une vidéo YouTube intitulée "Le Nom de Moïse - élucidé par un Asperger" (https://www.youtube.com/watch?v=V8357mldL1E&t=33s), précise qu'il est impossible d'établir cette appartenance cléricale avec certitude, mais présente plusieurs indices convergents qui vont dans le sens de la pertinence de cette hypothèse. Selon l'analyse historiographique proposée par Arsmann, la mère adoptive, nommée Thermutis - Θερμούθις selon Flavius Josèphe in Antiquités judaïques, II, 224–231, était très probablement associée au culte d'Isis pour les raisons suivantes : dans l’Égypte gréco-romaine, Thermuthis était un nom populaire de la déesse serpent protectrice des rois, parfois assimilée à Isis. Le choix de ce nom par Josèphe n’est donc probablement pas anodin. Arsmann rappelle ensuite que nombre de princesses d'Égypte étaient jadis associées au culte d'Isis (son propos est à nuancer cependant, cette pratique s'étant vue davantage à l'époque ptolémaïque, moins dans les périodes plus anciennes). Dans l’Égypte gréco-romaine (donc post période mosaïque), Thermuthis était en outre un nom populaire de la déesse serpent protectrice des enfants royaux, parfois assimilée à Isis. Mais les fouilles de Tell el-Dab‘a (Avaris) ont bien mis au jour des éléments cultuels osiriens dans l'ancienne capitale des rois Hyksôs, époque à laquelle A. Arsmann place l'Exode : Osiris, Isis et Horus y étaient vraisemblablement honorés en parallèle avec Seth. L'auteur explique ensuite que la femme était stérile, un fait affirmé par plusieurs textes anciens : le Midrash Tanhuma (sur l'Exode), le Shemot Rabbah , le midrash Pirqé de-Rabbi Éliézer parlent de la stérilité ou de l'absence d'enfants de la fille de Pharaon comme une raison spirituelle ou narrative de son adoption de Moïse. Dans certaines versions, cette stérilité est aussi vue comme une sorte de châtiment ou d’épreuve. Flavius Josèphe mentionne également cette absence d'enfant dans ses Antiquités judaïques II, 224–231 (« ... τοῦτον οὖν τὸν παῖδα θαυμαστόν, ἡ Θερμουθις ὀνομαζομένη, υἱὸν ἑαυτῇ προσεποιήσατο, τύχης οὔπω παιδοποιήσασαν. », soit « Tel est l’enfant remarquable que Thermouthis adopta, le sort ne lui ayant pas encore donné de progéniture, et elle le présenta à son père, disant qu’elle l’avait trouvé sur le Nil et qu’elle l’avait adopté comme son fils. », trad. de la CUF). Certains auteurs chrétiens anciens comme Grégoire de Nysse (dans son ouvrage De Vita Moysis , IVe siècle) décrivent la fille de Pharaon comme étant stérile, interprétant sa stérilité comme un symbole de la philosophie profane. Or dans la mythologie égyptienne, Isis a eu des difficultés à avoir un enfant avec Osiris mais y est parvenue, devenant la déesse égyptienne de la fertilité. Les filles stériles étaient jadis associées au culte de la déesse locale de la fertilité. Enfin, les prêtresses d’Isis pratiquaient très probablement des rites de purification impliquant des ablutions, et il est tout à fait plausible que ces ablutions aient pu se faire dans le Nil ou dans des eaux considérées comme sacrées (cf. Papyrus Chester Beatty I ; Plutarque, in De Iside et Osiride, évoque les pratiques religieuses autour d’Isis, dont la purification par l’eau est une composante importante ; des fouilles dans les temples d’Isis (Philae, Dendérah) montrent la présence de bassins rituels pour les ablutions). Or, Isis étant l'épouse du dieu Osiris, Arsmann conclut qu'elle est de fait donc la "mère" d'Ousir-Moshé (= né d'Osiris), alias Moïse. Flavius Josèphe prétend lui dans son Contre Apion que Moïse avait un nom originel qui le rattachait à Moïse : « Il (Manéthon) disait aussi que le prêtre qui avait établi leur constitution et leurs lois était par naissance d’Héliopolis, et qu’il portait le nom d’Osarsiph, tiré d’Osiris, le dieu d’Héliopolis. Mais qu’après être passé du côté de ce peuple, il avait changé de nom et fut appelé Moïse. » (I, §250).
- ↑ Cf. article Wikipedia, https://fr.wikipedia.org/wiki/Mo%C3%AFse.
- ↑ C'est la conclusion qu'Allan Arsmann, chercheur indépendant, tire de l'analyse qu'il a faite à partir d'une multitude de sources, dans son ouvrage La Bible lue par un Asperger, tome 2, ch. 8 pp. 227-245. Voir aussi ses vidéos : "Le nom de Moïse - élucidé par un Asperger" et "L'origine ethnique de Moïse - élucidée par un Asperger". L'ensemble de ce volume de son oeuvre est consacré à Moïse et à l'Exode biblique, rapporté à celui des Hyksôs : l'auteur y déploie toutes ses démonstrations, arguments, hypothèses et conclusions.
- ↑ Article "Manéthon de Sebennytos" sur Wikipedia : https://fr.wikipedia.org/wiki/Man%C3%A9thon_de_Sebennytos.
- ↑ Le texte original de Manéthon (IIIe siècle av. J.C.) n’est pas conservé. Ce que nous connaissons de son Aegyptiaca (Histoire de l’Égypte) provient de fragments transmis indirectement, surtout par Flavius Josèphe (Contre Apion), Julius Africanus, Eusèbe de Césarée, et Syncelle. Dans ces fragments, Manéthon ou des traditions qui lui sont attribuées présentent Moïse non pas comme un prophète hébreu, mais comme un personnage égyptien, souvent identifié à un prêtre ou à un chef de lépreux ou de populations impures expulsées d’Égypte. La source la plus importante est chez Josèphe, qui cite longuement Manéthon pour le réfuter. Dans son Contre Apion I, 26–31 (fragments principaux de Manéthon), Josèphe rapporte que Manéthon aurait raconté l’histoire suivante : "Sous le règne d’un roi appelé Amenophis (probablement Amenhotep III ou IV), un devin ou sage conseille au roi de purifier l’Égypte des impurs (lépreux, malades, étrangers). Le roi rassemble 80 000 personnes impures, dont beaucoup sont des prêtres impurs. Ces lépreux sont envoyés dans les carrières de l’Est du Nil. Plus tard, le roi les installe dans la ville abandonnée d’Avaris (ancienne capitale hyksôs). À leur tête, un prêtre d’Héliopolis nommé Osarseph est choisi. Ce prêtre ordonne de profaner les cultes égyptiens. Il s’allie aux anciens envahisseurs Hyksôs, revenus de Jérusalem. Ensemble, ils règnent treize ans en Égypte et commettent toutes sortes de sacrilèges. Finalement, le roi égyptien reprend le pouvoir et les chasse. Osarseph, chef des lépreux, change son nom en Moïse. … et il [Osarseph] donna des lois contraires aux usages des Égyptiens [...] et il prescrivit à tous de ne rien laisser de sacré, ni d’épargner aucun des animaux tenus pour sacrés par les Égyptiens… Ensuite, il prit le nom de Moïse." Julius Africanus (cité par Eusèbe, in Chronicon) mentionne aussi que les Hyksôs et les « lépreux » ont été chassés sous Amenophis, et que leur chef s’appelait Osarseph, devenu Moïse. Eusèbe de Césarée (Chronicon et Praeparatio Evangelica) cite Manéthon pour montrer que les Égyptiens reconnaissent un événement ressemblant à l’Exode, mais en le présentant sous un angle très hostile aux Hébreux. Syncelle (IXᵉ s.) conserve des fragments tardifs : on y retrouve aussi la fusion des Hyksôs avec les « impurs » et la figure d’Osarseph-Moïse.
- ↑ James K. Hoffmeier, in "Israel in Egypt: The Evidence for the Authenticity of the Exodus Tradition" (Oxford University Press, 1996/1999), examine l’“épigraphie” et l’“archéologie” des Sémites en Égypte, notamment dans le chapitre 3 intitulé “Semites in Egypt: The First and Second Intermediate Periods”. Il présente un état de la présence de populations “asiatiques” / sémites en Égypte (par exemple noms, serviteurs, inscriptions) — ce qui montre bien qu’il y avait des Sémites en Égypte, mais pas que l’Égypte était vue comme leur terre d’origine. Il conclut que si la présence est attestée, cela ne constitue pas une preuve que ces populations “sémitiques” se considéraient comme originaires d’Égypte. Exemple : le papyrus Brooklyn 35.1446, mentionné comme liste de serviteurs sémitiques en Égypte. Donc, cette source montre bien qu’il y avait des Sémites en Égypte, mais pas une tradition archéovo-épigraphique solide qui les présente comme “originaires d’Égypte”. Stuart Tyson Smith, in "Ethnicity: Constructions of Self and Other in Ancient Egypt" (Journal of Egyptian History 11(1-2), 2018), examine comment les Égyptiens anciens construisaient des identités ethniques (« eux », « les autres ») via textes, art, archéologie. Il montre que, pour l’Égypte, les “étrangers” (asiatiques, sémites, etc.) sont souvent représentés comme autres, venant d’ailleurs, ou ayant une identité “étrangère” plutôt que étant présentés comme “les nôtres depuis toujours”. Par conséquent, cela appuie l’idée que les populations sémitiques en Égypte ne sont pas clairement documentées comme se voyant originaires d'Égypte. L’étude génétique/linguistique sur les langues sémitiques : par exemple « Bayesian phylogenetic analysis of Semitic languages » (2009) propose une origine ou divergence des langues sémitiques en Levant, plutôt qu’en Égypte. Le fait que l’archéologie égyptienne mentionne des “Aamu” (Aamu) ou autres groupes occident-asiatiques dans l’art égyptien (par ex. reliefs de Beni-Hasan) plutôt que des Sémites qui se déclarent “originaires d’Égypte”. Quelques nuances à apporter cependant : “Population sémitique” est un terme large : il comprend divers groupes (Cananéens, Amorites, Araméens, etc.). Il faut donc préciser de quel sous-groupe on parle. L’absence de preuve qu’ils « s’envisageaient comme originaires d’Égypte » ne garantit pas qu’il n’y ait jamais eu de telle vision dans certaines traditions orales ou littéraires. Cela signifie simplement que l’archéologie et l’épigraphie ne l’attestent pas clairement. Certaines sources anciennes (égyptiennes ou bibliques) parlent d’“Asiatics” ou “Asiatique(s)” entrant en Égypte plutôt que d’“Égyptiens d’origine”. Il existe des débats entre “maximalistes” (qui défendent plus de corrélations entre texte biblique et archéologie) et “minimalistes” (plus sceptiques) dans ce champ. Hoffmeier est plutôt du côté maximaliste, mais même lui ne soutient pas la thèse que les Sémites se considéraient comme originaires d’Égypte.
- ↑ Le prénom Gershom (en hébreu גֵּרְשֹׁם Gēršōm) apparaît dans la Bible comme le nom du premier fils de Moïse et de Séphora (Exode 2:22 ; 18:3) : « Elle enfanta un fils, et il appela son nom Gershom, car, dit-il, “je suis un étranger dans un pays étranger.” » Ce verset lui-même donne une étymologie populaire du nom : gēr hāyîtî (« j’ai été un étranger ») → Gershom.
- ↑ En Exode 2:1–10. Ces versets constituent la seule source primaire biblique du récit d’adoption : l’enfant hébreu Moïse est trouvé dans une corbeille sur le Nil, recueilli par la fille du pharaon, confié d’abord à une nourrice (sa propre mère), puis adopté par elle comme son propre fils, avec un nom égyptien (Mōshe) à valeur symbolique : « Elle l’appela Moïse (Mōšeh), car, dit-elle : “Je l’ai tiré des eaux” (mîn hammayim mĕšîtihû). » (L’auteur biblique rapproche donc le nom מֹשֶׁה (Mōšeh) de la racine hébraïque, מָשָׁה (māšāh) voulant dire « tirer, retirer - de l’eau) ». Bien que le récit biblique soit très sobre, il a été développé par plusieurs traditions ultérieures : Philôn d’Alexandrie (De Vita Mosis I, 14–24 ; Ier s. apr. J.-C.) amplifie le rôle de la fille de Pharaon (qu’il appelle Thermouthis). Il décrit une cérémonie d’adoption royale : elle présente Moïse au pharaon, qui l’élève comme héritier potentiel. Il insiste sur la beauté et la sagesse de l’enfant, signe d’une destinée divine. Flavius Josèphe (Antiquités judaïques II.224–231 ; Ier s. apr. J.-C.) reprend le récit biblique et ajoute que Thermouthis (nom grec de la princesse) n’avait pas d’enfant et adopte Moïse comme son fils. Le pharaon accepte cette adoption. Moïse est élevé dans le palais et reçoit une éducation égyptienne complète. Artapanos d’Alexandrie (Peri Ioudaion, IIᵉ s. av. J.-C. — fragment conservé par Eusèbe) va encore plus loin : Moïse est présenté comme un héros civilisateur de l’Égypte. La fille du pharaon (nommée Merris dans certains fragments) l’adopte officiellement. Moïse devient un grand savant et général. Des Midrashim et Targums (période rabbinique) identifient parfois la fille du pharaon sous le nom de Bitya / Bitia (voir Lévitique Rabbah 1:3 ; Chroniques Rabbah 23:5). Elle est décrite comme une femme juste qui se convertira au Dieu d’Israël. Ces récits cherchent à donner une motivation morale et religieuse à l’adoption. Le Coran (Sourate 28:7–9 — récit parallèle islamique) donne le récit suivant : « La femme de Pharaon dit : “[Cet enfant] réjouira mon œil et le tien. Ne le tuez pas ! Peut-être nous sera-t-il utile, ou le prendrons-nous pour enfant.” Ici, ce n’est pas la fille mais l’épouse de Pharaon (Āsiya) qui recueille Moïse. Ce récit islamique s’inspire clairement du canevas biblique, mais avec une variation importante.
- ↑ Flavius Josèphe, dans les Antiquités judaïques II, 9–10 (env. 93 ap. J.-C.), développe beaucoup le thème de l’enfance et de la jeunesse de Moïse : selon lui, la fille de Pharaon adopte Moïse et le fait élever à la cour comme prince. Il reçoit une éducation égyptienne, scientifique et militaire. Il devient un chef militaire distingué en campagne contre les Éthiopiens. Pharaon envisage même de le faire héritier. (II.pp. 224–231 ; II. pp. 238–253, traduction CUF ou Loeb) ; Philôn d’Alexandrie, philosophe juif hellénistique, dans De Vita Mosis I (Ier s. ap. J.-C.), donne un récit très détaillé de l’éducation égyptienne de Moïse : il présente Moïse comme étant adopté par la fille du roi. Il est élevé « comme le petit-fils du Pharaon ». Il reçoit toute la science égyptienne, y compris les mathématiques, la philosophie et les arts royaux. Philôn insiste sur son intelligence exceptionnelle, surpassant les Égyptiens eux-mêmes. (I.21–54, traduction Cerf ou Loeb Classical Library) ; Artapanos (IIIᵉ–IIᵉ s. av. J.-C.), auteur juif hellénistique, propose une version légendaire de Moïse dans des fragments conservés chez Eusèbe (Praeparatio Evangelica IX.27) : Moïse a été selon lui adopté par la fille de Pharaon et élevé à la cour. Il introduit la philosophie et la science en Égypte. Il enseigne aux Égyptiens leurs propres institutions. Il est appelé Hermès ou Thot par eux. (Eusèbe, Praeparatio Evangelica IX, 27, 3–37) ; Pseudo-Philon (Liber Antiquitatum Biblicarum) — Iᵉʳ siècle ap. J.-C. reprend et amplifie le récit de l’enfance de Moïse. Il montre que Moïse grandit en double appartenance : égyptienne par culture, hébraïque par origine. Il insiste sur le moment où il choisit de rejoindre Israël. (Pseudo-Philon, Liber Antiquitatum Biblicarum, chapitres 9–10.) De nombreux midrashim enrichissent le thème de l’éducation égyptienne de Moïse : dans l'Exodus Rabbah I, 26–27 : Moïse est présenté comme prince et chef militaire. Dans le Targum Pseudo-Jonathan sur Exode 2 : il devient savant à la cour du roi. Certains midrashim racontent également qu’il était destiné au trône égyptien. Bien que très hostiles, certaines versions égyptiennes tardives (attribuées à Manéthon, cité par Josèphe dans Contre Apion I, 26–31) identifient Moïse à un prêtre égyptien Osarseph qui s’est retourné contre le roi. Cette version est très intéressante car elle inverse la perspective : Moïse est égyptien d’origine (et non hébreu), élevé dans la culture égyptienne, puis fonde la loi d’un peuple étranger. Dans Sibylline Oracles (livres III et V) : Moïse apparaît ici comme un législateur né en Égypte mais lié à un peuple autre. Dans les Jubilés (IIᵉ s. av. J.C.) : de façon moins développée, le texte reprend l’idée de l’adoption royale. Un texte du Qumrân (4QExodus) : reprend la base biblique sans amplifications hellénistiques, mais témoigne de la popularité du thème.
- ↑ Dans le texte biblique, en Exode 2:1–10, Moïse est sauvé par la fille du Pharaon et élevé comme son fils. Il grandit « dans la maison de Pharaon ». Bien que nourri par sa mère biologique (Jokébed), il est socialement et politiquement intégré à la cour égyptienne. En Exode 2:10 (verset clef), il est simplement dit que « L’enfant grandit ; elle l’amena à la fille de Pharaon, et il devint son fils. Elle l’appela Moïse, car, dit-elle, je l’ai tiré des eaux. » (TOB) ; ou, dans la version de L. Segond : « Quand l’enfant eut grandi, elle l’amena à la fille de Pharaon, et il fut pour elle comme un fils. Elle lui donna le nom de Moïse, car, dit-elle, je l’ai tiré des eaux. » C’est le seul verset dans Exode qui fait allusion à sa jeunesse à la cour royale. La Bible n’expose rien de l’éducation de Moïse à ce stade : elle ne dit pas comment, ni en quoi il a été formé. Cela montre comment la Bible elle-même est étonnamment discrète sur l’éducation de Moïse à la cour égyptienne. Les seuls autres passages bibliques qui évoquent très rapidement l'éducation de Moïse sont hors Bible hébraïques : dans Actes 7:21–22 , l'auteur fait une déclaration explicite « Moïse fut instruit dans toute la sagesse des Égyptiens, et il était puissant en paroles et en œuvres. » Dans Hébreux 11:24–26 et dans un contexte identitaire, Paul déclare que « C’est par la foi que Moïse, devenu grand, refusa d’être appelé fils de la fille de Pharaon. » Ce sont surtout des textes postérieurs ou extra-bibliques (Philôn, Josèphe, midrashim, Artapanos…) qui ont amplifié cet épisode.
- ↑ Ce qui existe, dans la Bible, ce sont des passages où Moïse dit qu’il n’a pas la parole facile ou qu’il est « lent à parler » : le texte hébreu dit textuellement (translittération) : "kheḇad-pê ûḵeḇad lāšôn ʾānōḵî "— litt. « Je suis lourd de bouche et lourd de langue ». (Exode 4:10), ce que Louis Segond traduit par "car j’ai la bouche et la langue embarrassées", et la TOB par : "J’ai la bouche et la langue pesantes." Certains commentateurs pensent qu’il parle de bégaiement ou d’un défaut d’élocution. En Exode 6:12 et 6:30, Moïse insiste à nouveau : « Voici, je n’ai pas la parole facile (aral sefatayim = “lèvres incirconcises”) ; comment Pharaon m’écouterait-il ? » : il s'agit là du passage le plus souvent interprété comme impliquant que Moïse n’était pas à l’aise pour parler devant Pharaon en égyptien. Philôn d’Alexandrie (De Vita Mosis I.75–76) explique ainsi que Moïse avait reçu une éducation égyptienne, mais qu’il s’était tellement détaché de l’Égypte après sa fuite à Madian qu’il n’était plus à l’aise pour s’exprimer devant Pharaon. Selon lui donc, Il ne parle pas explicitement de « ne pas connaître l’égyptien », mais de gêne à parler dans la langue et la rhétorique de la cour. Flavius Josèphe, (Antiquités judaïques II.268–271) présente Moïse comme un homme éloquent par nature, ce qui est l’inverse du texte biblique — mais il reconnaît qu’il hésite à s’adresser au roi parce qu’il n’a plus sa place dans le monde égyptien. Josèphe transforme le « je ne sais pas parler » en un scrupule politique et moral plutôt que linguistique. Le Midrash Rabbah – Exode 3:13 et le Shemot Rabbah 3:17 développent la scène de l’appel ; certains rabbins disent que Moïse avait un défaut d’élocution physique (bégaiement), d’autres expliquent qu’il avait oublié la langue égyptienne après 40 ans en Madian. Cette interprétation linguistique est tardive, mais attestée. Le Targum Pseudo-Jonathan (traduction médiévale araméenne de la Torah, accompagnée de paraphrases et de commentaires, rédigée aux VIIe-IXe s. en Palestine) ajoute une note explicite sur Exode 4:10, selon laquelle Moïse disait qu’il n’était plus capable de parler la langue des Égyptiens couramment. Cf. Allan Arsmann, La Bible lue par un Asperger, t. 2, ch. 10 pp. 267-277, et sa vidéo YouTube "Le souci linguistique de Moïse (le rôle d'Aaron) - élucidé par un Asperger" (https://www.youtube.com/watch?v=Yjv8zm2oUDk&t=11s).
- ↑ Cf. Allan Arsmann, La Bible lue par un Asperger, volume 2, éditions Paradeigma. L'ensemble de l'ouvrage est consacré aux problématiques de l'Exode et du personnage de Moïse.
- ↑ Article Wikipedia : "Artapan d'Alexandrie",https://fr.wikipedia.org/wiki/Artapan_d%27Alexandrie
- ↑ Artapanos a écrit une œuvre « Sur les Juifs » (en grec Περὶ Ἰουδαίων) probablement au IIᵉ ou Iᵉʳ siècle avant J.-C. Trois principaux fragments de son œuvre ont été conservés via des citations : Fragment 1 (sur Abraham) — cité par Eusèbe de Césarée, Praeparatio Evangelica 9.18.1, Fragment 2 (sur Joseph) cité par Eusèbe, Praeparatio 9.23.1-4, Fragment 3 (sur Moïse) cité par Eusèbe, Praeparatio 9.27.1-37. Il a également été cité en partie par Clément d’Alexandrie, in Stromata 1.23.154.2-3. Voici un extrait du Fragment 3 (Artapan, via Eusèbe) relatif à Moïse, résumé : « … [Moïse] divisa l’État (d'Egypte) en trente-six nomes (districts administratifs), et désigna pour chacun d’eux la divinité qui devait y être honorée… Pour ces raisons, Moïse fut aimé des foules… et il mena une armée contre les Éthiopiens, enrôlant des cultivateurs, et s’empara d’une région… » Ici, Artapan a reformulé l’histoire biblique dans des catégories familières à la culture grecque (fondateur, législateur, conquérant de l'Egypte, avant son départ). Le texte complet d’Eusèbe (Praep. ev. 9.27.3-5) est en effet très clair : "Μωυσῆς δὲ ἔτι καὶ τὴν χώραν διείλετο εἰς τριάκοντα ἓξ νομὰς καὶ θεὸν ἕκαστον ἔταξεν αἰδεῖσθαι." (« Moïse en outre divisa le pays en trente-six nomes et assigna à chacun un dieu à vénérer. »). Ce « pays » (chôra) désigne ici l’Égypte, ce qui correspond au système bien connu des 36 nomes égyptiens sous les pharaons. Artapan grécise Moïse en le transformant en réformateur administratif de l’Égypte (à la manière d’un législateur grec).
- ↑ Article "Exode" dans Wikipedia : http://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=Livre_de_l%27Exode&oldid=229799394.
- ↑ Voir l'article Hyksôs sur Wikipedia : https://fr.wikipedia.org/wiki/Hyks%C3%B4s. Concernant Allan Arsmann, sa démonstrationn autour de la date de l'Exode biblique et son parallèle avec l'exode Hyksôs est établie dans le tome 3 de sa série La Bible lue par un Asperger, éd. Paradeigma. Voir aussi ses vidéos YouTube sur le sujet : "L'origine des Hébreux (avant Mérenptah) - élucidée par un Asperger" ; "L'énigme archéologique de l'ESCLAVAGE des hébreux - élucidée par un Asperger" ; "La date de l'Exode élucidée par un Asperger" ; "La revendicationn de Moïse - élucidée par un Asperger" ; "La fusion Baal-Yahvé - élucidée par un Asperger" ; "Le passage de la Mer Rouge élucidé par un Asperger" ; "Les Dix Plaies d'Égypte - élucidées par un Asperger" ; "Recoupements entre Histoire et Exode - L'enquête d'un Asperger". Portail : https://www.youtube.com/@allanarsmann5904/videos
- ↑ Allan Arsmann se fonde entre autres sur le passage du livre des Nombres (11: 4-6, 18-20) où le peuple se plaint de la manne, et où Moïse demande à Dieu de leur donner de la viande en abondance. : « Et le peuple qui était parmi eux se mit à avoir la nostalgie de la chair ; et les enfants d'Israël pleuraient, et disaient : Qui nous donnera de la viande à manger ? » (Nombres, 14, 4) Moïse est accablé par ces plaintes et en parle à Dieu, se sentant dépassé par le poids de la tâche de diriger tout ce peuple. Dieu dit alors à Moïse de rassembler 70 anciens du peuple qui aideront à porter la charge. (Nombres 11:16-20) Puis, Dieu promet : « Mangez de la viande aujourd’hui, car vous avez pleuré en disant : ‘Qui nous donnera de la viande à manger ?’… Je vous en donnerai tellement que vous en aurez assez, et vous en aurez à profusion. » (Nombres 11:31-34) Un vent souffle et amène une énorme quantité de cailles : « Et pendant que la viande était encore entre leurs dents, avant qu’elle ne fût consommée, la colère de l’Éternel s’enflamma contre le peuple, et l’Éternel frappa le peuple d’un grand plaie. » (Nombres 11:33), passage souvent interprété comme un décès de certains représentants du peuple sous l'effet d'excès de nourriture. Allan Arsmann, qui rejette la possibilité d'un don "magique" et ne veut se fonder que sur des interprétations cartésiennes, ne voit q'une seule probabilité pour cette soudaine apparition de viande abondante au sein du désert : les Hébreux ont consommé certains des leurs. Cf. entre autres sa vidéo YouTube "Les miracles expliqués par l'anthropologie - épisode 2 - La Manne" (https://www.youtube.com/watch?v=3eGjRokpITc&t=1616s).
- ↑ Cf. Allan Arsmann, La Bible lue par un asperger, éd. Paradeigma, tome 3, ch. 25 pp. 400-411 et tome 5 vol. 2, ch. 53 pp. 416-422. Et ses vidéos YouTube sur la question : "L'identité secrète de Moïse - élucidée par un Asperger", "La multiplication des pains - élucidée par un Asperger", "Les miracles expliqués par l'anthropologie - épisode 2 - La Manne", "La Tentation du Christ - élucidée par un Asperger". Accès au portail des vidéos : https://www.youtube.com/@allanarsmann5904/videos.
- ↑ Cf. chapitre 34 du Deutéronome, versets 1 à 9 : "Moïse monta de la plaine de Moab sur le mont Nébo, au sommet du Pisga, qui est en face de Jéricho. L’Éternel lui montra tout le pays : depuis Galaad jusqu’à Dân, tout Néphthali, tout Éphraïm et Manassé, tout le pays de Juda jusqu’à la mer occidentale, le Néguev et la plaine, c’est-à-dire la vallée de Jéricho, ville des palmiers, jusqu’à Zoar. L’Éternel lui dit : C’est le pays dont je jurai à Abraham, à Isaac et à Jacob, que je le donnerai à ta postérité ; je te l’ai fait voir de tes yeux, mais tu n’y entreras point. Moïse, serviteur de l’Éternel, mourut là, dans le pays de Moab, selon la parole de l’Éternel. Il l’enterra dans la vallée, dans le pays de Moab, vis-à-vis de Beth-Péor ; et personne ne sait jusqu’à ce jour où est sa sépulture. Moïse avait cent vingt ans lorsqu’il mourut ; sa vue n’avait pas faibli, et son énergie n’était pas passée. Les enfants d’Israël pleurèrent Moïse dans le pays de Moab trente jours ; puis les jours de deuil furent terminés. Josué fils de Nun était rempli de l’esprit de sagesse, parce que Moïse lui avait imposé les mains ; les enfants d’Israël l’écoutèrent, et firent ce que l’Éternel avait ordonné à Moïse."
- ↑ Cf. article "Josué" sur Wikipedia : https://fr.wikipedia.org/wiki/Josu%C3%A9.
- ↑ Exode, 33, 11.
- ↑ Cf. vidéo YouTube d'Allan Arsmann : "L'identité secrète de Moïse - élucidée par un Asperger" (https://www.youtube.com/watch?v=rqYyupGqS54&t=22s).
- ↑ Dans le judaïsme classique et le christianisme ancien, on considère que les cinq premiers livres (Genèse, Exode, Lévitique, Nombres, Deutéronome) sont de Moïse (Torah / Pentateuque). Le Livre de Josué vient ensuite naturellement comme la suite du Deutéronome : Josué achève la mission commencée par Moïse (entrée dans la Terre promise, conquête, partage du pays). Certains commentateurs anciens (comme dans le Talmud Baba Bathra 14b) disent : « Moïse écrivit son livre et le passage sur Balaam, et Josué écrivit le Livre de Josué. », mais ajoutent parfois que les derniers versets du Deutéronome, décrivant la mort de Moïse, auraient été écrits par Josué lui-même. Donc dans cette tradition rabbinique et chrétienne ancienne, on parle de continuité narrative et théologique, parfois avec un même “auteur inspiré” (Moïse), ou une rédaction très proche. Depuis le XIXᵉ siècle cependant, avec l’émergence de la critique biblique, la plupart des spécialistes contemporains ne considèrent plus Josué comme un livre écrit par Moïse ou Josué seul. La langue, le style et la théologie de Josué sont proches du Deutéronome, ce qui suggère certes un même courant rédactionnel, mais pas nécessairement le même auteur. Cf. Martin Noth, Überlieferungsgeschichtliche Studien (1943) ; Richard D. Nelson, Joshua: A Commentary (2003) ; Thomas Römer, L’Invention de Dieu (2014) ; Jean-Louis Ska, Introduction à la lecture du Pentateuque (1999).
- ↑ Deutéronome 34:7 (trad. Louis Segond) : « Moïse était âgé de cent vingt ans lorsqu’il mourut ; sa vue n’avait pas faibli, et sa vigueur n’avait pas disparu. » Ce verset précise explicitement l’âge de Moïse au moment de sa mort sur le mont Nébo, avant l’entrée en Terre promise. Moïse mourut donc à 120 "ans". Josué 24:29 (trad. Louis Segond) : « Après ces choses, Josué, fils de Nun, serviteur de l’Éternel, mourut, âgé de cent dix ans. » Ce verset clôt le livre de Josué et précise son âge au décès. Josué mourut donc à 110 "ans", après avoir mené Israël dans la conquête et le partage du pays. Concernant les "années" décomptées dans la Bible, Allan Arsmann montre dans ses différents travaux qu'il s'agit en fait d'années "nilotiques", à savoir des cycles de 4 mois, liés aux crues du Nil. Cf. La Bible lue par un Asperger, éd. Paradeigma, tome 1, ch. 15 pp. 379-401, et sa vidéo YouTube "La date de l'Exode élucidée par un Asperger" (https://www.youtube.com/watch?v=f0yUnCZ2GM4&t=69s). Trois autres vidéos de l'auteur évoquent cet aspect des datations bibliques : "L'identité secrète de Moïse - élucidée par un Asperger" (relative à la mort de Josué), "L'identité entre Abraham & Isaac - élucidée par un Asperger" pour l'application aux âges d'Abraham et Isaac, et "Potentiels enjeux ecientiques à venir dans les anciens textes sacrés et le texte de la Genèse" où l'auteur souligne que les années lunaires étaient utilisées pour le début de la Genèse et les années nilotiques pour la période mosaïque. (Portail des vidéos : https://www.youtube.com/@allanarsmann5904/videos).
- ↑ Cf. vidéo YouTube "Les Prémices dans le culte de Yahvé - élucidées par un Asperger" (https://www.youtube.com/watch?v=RReRqcz5oKg&t=72s).
- ↑ L’épisode de Mériba (ou « eaux de Mériba ») est l’un des moments les plus marquants de la vie de Moïse, car c’est à cause de cette faute que Dieu lui interdit d’entrer dans la Terre promise. Cet épisode se trouve principalement dans Nombres 20:1–13 (l’épisode décisif à Kadès), et est aussi rappelé en Deutéronome 32:51–52. Dans le chapitre 20 du Livre des Nombres, les Israélites sont dans le désert de Tsin. Il n’y a pas d’eau, le peuple se plaint à Moïse et Aaron (comme souvent dans l’Exode). Moïse et Aaron se prosternent devant Dieu dans la Tente d’Assignation. Dieu ordonne à Moïse : « Prends le bâton et parle au rocher devant leurs yeux, et il donnera de l’eau » (Nombres 20:8). Moïse prend le bâton, mais au lieu de parler au rocher, il s’adresse durement au peuple : « Écoutez donc, rebelles ! » et frappe le rocher deux fois avec son bâton. L’eau en sort en abondance. Dieu intervient alors, et dit : « Parce que vous n’avez pas eu assez de foi pour me sanctifier aux yeux des enfants d’Israël, vous n’introduirez pas cette assemblée dans le pays que je lui donne » (v. 12).
- ↑ Cf. Allan Arsmann, La Bible lue par un Asperger, éd. Paradeigma, tome 3, ch. 23, pp. 350-390.
- ↑ Moïse est en fait présenté dans la Bible non pas comme roi, mais comme prophète, libérateur, législateur et chef spirituel d’Israël. Cependant, il existe bel et bien un passage très énigmatique où Moïse est appelé "roi en Israël" : « Moïse nous a donné la loi, héritage de l’assemblée de Jacob. Il était roi en Israël, quand s’assemblaient les chefs du peuple et les tribus d’Israël. » (Deutéronome 33, 4-5) Ici,« Il » peut être interprété soit comme Moïse, soit comme YHWH lui-même selon les traductions. Le texte hébreu est ambigu : certains manuscrits et traductions (ex. : Septante grecque, Vulgate latine) comprennent que Dieu est roi. D’autres interprétations juives y voient Moïse « exerçant une royauté » au sens de leadership suprême sur Israël dans le désert.
- ↑ Cf. la vidéo de l'auteur : « L'identité secrète de Moïse - élucidée par un Asperger »(https://www.youtube.com/watch?v=rqYyupGqS54&t=36s) Dans cette vidéo, Allan Arsmann établit explicitement un lien direct entre cette transformation vécue par Moïse et le concept de Christ : 1. Nature de la Transformation : Arsmann explique que le rite de renouvellement implique que l'ancienne personnalité soit considérée comme morte, laissant place à une nouvelle identité psychique qui est le résultat d'une absorption (historiquement cannibale). 2. Lien avec le Christ : la conclusion de cette analyse sur Moïse établit clairement que le Christ a réalisé exactement le même acte (mais cette fois sans sacrifice autre que celui de sa propre personne), ce qui définit son identité : « Le Christ va bien lui aussi réaliser ce rite, cet acte, il va le mener plus loin même, jusqu'à son terme, et comprendre l'essence de toutes ces actions sacrales du passé ; il va en comprendre le pourquoi, l'origine. II va se transformer lui aussi, se renouveler, devenir un être neuf, fusionner en lui le père et le fils : c'est cela, être Christ ». Le parallèle est complet dans l'identité même des deux personnages en tant que renouvelés, l'expérience vécue par Moïse et par celui que la tradition appelle "Le" Christ aboutissant pour tous deux à leurs renouvellements sous le nouveau nom de Josué/Yeshua/Jésus. Il s'agit donc pour Arsmann du même acte et mystère, au cœur de ce qu'il appelle l'état « christique » ou la « renaissance christique ».
- ↑ La Torah de Moïse, établies dans l’Exode, le Lévitique, les Nombres et le Deutéronome.
- ↑ Cf. la vidéo « L'identité secrète de MOÏSE - élucidée par un Asperger » (https://www.youtube.com/watch?v=rqYyupGqS54&t=36s). Dans l'analyse qu'il y pose, Allan Arsmann détaille comment Moïse découvre et met en œuvre les pratiques anciennes de l'anthropophagie dans le contexte de l'Exode, menant à une transformation psychique profonde : Moïse étant un personnage adopté, ne connaît initialement « rien des pratiques anthropophages de ces cultes étrangers ». Il ne « va pleinement découvrir ces aspects et les éprouver » que « lors des temps rudes de l'Exode et du désert ». L'expérience de la transformation psychique ("renaissance") que va vivre Moïse par l'acte, supposé par l'auteur, du sacrifice (avec consommation) de Josué, est selon lui intimement corrélé à une transformation personnelle et psychique que va éprouver Moïse, à l'occasion de ce rite de « renouvellement ». Arsmann explique que « quiconque se renouvelle devient l'individu qu'il a mangé, et l'ancienne personnalité est alors bel et bien considérée comme morte ». Ce processus aboutit à l'annulation psychique des péchés passés et à la rédemption. L'acte anthropophage est présenté par l'auteur dans cette vidéo comme un « acte d'origine préhistorique qui rendait divin celui qui l'effectuait », transformant l'ancienne personnalité en un « être neuf », un individu qualifié de « renouvelé ». Moïse adopte ainsi un nouveau nom, celui de Josué, et endosse la personnalité, les traits de caractère, la jeunesse de son ancien fidèle serviteur, marquant un changement de nature, une transformation et une sublimation de la psyché du personnage.
- ↑ Cf. la vidéo YouTube de l'auteur : « La nature humaine du personnage de Yahvé dans le passage de l'Exode - élucidée par un Asperger » (https://www.youtube.com/watch?v=ZtXoe1rwyGg&t=565s). Dans cette vidéo, l'analyste soutient que le personnage nommé Yahvé dans les récits de l'Exode (et uniquement dans ces passages) était très probablement un homme, un roi réel. Il y affirme que ce personnage historique fut associé à la divinité pour des raisons sacrées, et que le texte biblique a maintenu ensuite cette association nominale.
- ↑ Allan Arsmann se propose de résoudre l'identité historique du personnage qui est appelé "Yahvé" dans l'Exode, dans le tome 5 volet 2 de son opus La Bible lue par un Asperger, ch. 51 pp. 385-406 : suite aux conclusions qu'il avait déjà tirées dans le tome 2 de la même série, il pense dans cet ouvrage et aux pages indiquées pouvoir l'identifier comme étant historiquement le pharaon hyksôs Apopi III.
- ↑ Cf. Allan Arsmann, vidéo YouTube « Les Prémices dans le culte de Yahvé - élucidées par un Asperger »(https://www.youtube.com/watch?v=RReRqcz5oKg&t=82s).
- ↑ Voir Exode, 5,1 ; 7,16 et 8,1.
- ↑ Voir la vidéo YouTube de l'auteur : « La revendication de Moïse - élucidée par un Asperger » (https://www.youtube.com/watch?v=nB3lMKA3q5w). Ce sujet est également mentionné et analysé en détail dans la vidéo « L'identité entre Yahvé et Seth - élucidée par un Asperger »(https://www.youtube.com/watch?v=dNdlBOKd28M&t=178s).
- ↑ Cf. Allan Arsmann, La Bible lue par un Asperger, éd. Paradeigma, vol. 3, ch. 37 pp. 650-691, et vol. 5 partie 2, ch. 50 pp. 360-383. Voir aussi sa vidéo YouTube « La nature du crime d'Adan & Ève dans le texte de la Genèse - élucidée par un Asperger » (https://www.youtube.com/watch?v=_Strntfid0s&t=4s).
- ↑ Deutéronome, 31:14-17 : "L’Éternel dit à Moïse : « Voici, le moment approche où tu vas mourir. Appelle Josué, et présentez-vous dans la tente d’assignation. Je lui donnerai mes ordres. » Moïse et Josué allèrent se présenter dans la tente d’assignation. Et l’Éternel apparut dans la tente, dans une colonne de nuée. La colonne de nuée se dressait à l’entrée de la tente. L’Éternel dit à Moïse : « Voici : tu vas te coucher avec tes pères ; et ce peuple se lèvera, il se prostituera en servant les dieux étrangers, ceux de la terre où il va entrer ; il m’abandonnera, il rompra l’alliance que j’ai conclue avec lui." Dans Nombres 27:18–23, Moïse reçoit l’ordre de Dieu de désigner Josué : "L’Éternel dit à Moïse : « Prends Josué, fils de Nun, homme en qui réside l’esprit ; et tu poseras ta main sur lui. Tu le placeras devant le sacrificateur Éléazar et devant toute l’assemblée, et tu lui donneras tes ordres à leurs yeux. Tu le rendras participant de ta dignité, afin que toute l’assemblée des enfants d’Israël lui obéisse. Moïse posa ses mains sur lui et lui donna des ordres, comme l’Éternel l’avait dit par Moïse. » Ici, Dieu ordonne à Moïse de poser ses mains sur Josué : c’est un geste symbolique d’investiture, semblable à une onction d’autorité.
- ↑ Allan Arsmann aborde l'énigme de la mort de Moïse dans sa vidéo Youtube intitulée "L'identité secrète de Moïse - élucidée par un Asperger" (https://www.youtube.com/watch?v=rqYyupGqS54&t=1761s). Bien que l'orateur précise qu'il consacrera plus tard une vidéo entière à ce sujet, il expose la thèse centrale de l'élucidation dans cette vidéo même : la mort de Moïse est selon lui présentée comme un "complet mensonge lorsqu'on la comprend au premier degré".
- ↑ La relation entre Moïse et Josué dans la Bible est marquée par une continuité très forte, voulue par Dieu lui-même. Josué est présenté comme le successeur direct de Moïse. Il ne change pas la mission, mais il l’achève.
- ↑ L'Assomption de Moïse (ou Testament de Moïse) est un ouvrage juif apocryphe (1ᵉʳ siècle ap.-J.-C. ou un peu avant) attribué à Moïse, où il donne ses dernières instructions avant sa mort. Dans ce texte, Moïse s’adresse à Josué comme son successeur. Cela confirme dans la tradition juive ancienne que Josué a été annoncé comme celui qui continuerait l’œuvre de Moïse. (source : Wikipedia). Flavius Josephus (1ᵉʳ siècle ap. J.-C.) dans Antiquités juives 4.159-4.175, rapporte : « Mais Moïse étant maintenant devenu âgé, il désigna Josué comme son successeur, à la fois pour recevoir des instructions de Dieu en tant que prophète, et pour être le commandant de l’armée. » Il marque ainsi explicitement que Moïse nomma Josué comme successeur « prophétique » et « commandant ». Dans Antiquités 5.1, Josephus écrit : « Lorsque Moïse fut enlevé du milieu des hommes, Josué ordonna à la multitude de se préparer pour une expédition. » Cela montre la continuité : dès après la mort de Moïse, Josué prend sans attendre la direction du peuple. Ainsi, Josèphe constitue un témoin extra-biblique (1ᵉʳ siècle) qui reconnait cette transition de leadership.
- ↑ Il existe en effet des points d’accord parmi les spécialistes : 1. Thème de continuation narrative : le manuel d’étude biblique de Yale note que « Joshua … picks up where Deuteronomy left off: Joshua has taken over for Moses as leader, Moses has just died, and now it is time to enter the land. » (Yale Bible Study). Dans l'« Introduction to the Book of Joshua » on lit : «The book’s familiarity with Deuteronomy is apparent (compare Joshua 1:3-5a and Deuteronomy 11:24-25; or Joshua 1:5c-7a and Deuteronomy 31:7-8; Joshua 1:13-15 and Deuteronomy 3:18-20).» Cela montre clairement que les rédacteurs ont lié Joshua à Deutéronome en termes d’histoire (Moïse meurt, Josué prend le relais) et de promesse d’entrée dans la terre. 2. Similarité de thèmes et de vocabulaire « déutéronomique »: le chapitre 20 du Oxford Handbook of Deuteronomy indique que l’hypothèse de l’« Histoire déutéronomiste » assigne Deutéronome + Josué + Juges + etc. comme un ensemble littéraire, unifié par «a basic homogeneity in language, style, and content». L’article de Karin Finsterbusch (“Deuteronomy and Joshua”) affirme que les rédacteurs exiliques et anciens ont cherché «to link Joshua with Deuteronomy … and to support the authority of the Torah (i.e., Deuteronomy) … through … Josh 22:5 …». 3. Les références explicites au « livre de la Torah » ou « livre de la loi » dans Joshua qui pointent vers le Deutéronome : l'article «The Book of the Torah in Joshua 1 and 23 and in the Deuteronomistic History» (Joachim J. Krause) examine comment Joshua 1 et 23 se réfère à la Torah, ce qui suggère que le Livre de Josué se considère comme la continuation du livre de la Torah de Moïse. Ces analyses montrent donc que le livre de Josué se présente comme la continuation immédiate de la narration de Deutéronome : Moïse meurt, Josué prend la relève, la conquête commence. Elles montrent aussi que la théologie, les thèmes (alliance, obéissance, conquête de la terre) et les formules littéraires témoignent d'une forte parenté avec Deutéronome. Mais, même s’il y a continuité, les spécialistes ne soutiennent pas tous que l’auteur est exactement le même que celui du Deutéronome, et penchent pour la thèse d'un ou plusieurs rédacteurs (souvent exiliques).
- ↑ De nombreux épisodes bibliques établissent un parallèles entre les deux personnages : 1. Moïse fait sortir le peuple d’Égypte (Exode 13:17-18 ; Deutéronome 34:4) — Josué les fait entrer en Canaan (Josué 1:2-6) ; 2. Moïse traverse la mer Rouge (Exode 14:21-22) — Josué traverse le Jourdain (Josué 3:14-17), et dans les deux cas, Dieu authentifie le chef par un miracle sur les eaux, marquant une étape décisive du plan divin ; Moïse rencontre Dieu sur la montagne du Sinaï (Exode 19–20) — Josué reçoit l’ordre divin directement (Josué 1:1-9) ; Moïse ordonne l’observance de la Loi (Exode 24:3-8 ; Deutéronome 29) — Josué renouvelle l’alliance (Josué 8:30-35 ; Josué 24:25) ; Moïse reçoit la manne, Dieu nourrit Israël avec la manne pendant la traversée du désert (Exode 16:4-36) — Josué conduit le peuple au moment où elle cesse, le lendemain de la Pâque, car le peuple mange des produits du pays promis (Josué 5:10-12) ; Moïse reçoit l’ordre de se déchausser sur la terre sainte (Exode 3:5) — Josué aussi (Josué 5:15) ; Moïse érige un autel (Ex. 17:15 ; 24) — Josué aussi (Josué 8:30-31) ; Moïse envoie 12 espions en Canaan (dont Josué faisait partie) (Nombres 13:1-3)— Josué envoie deux espions à Jéricho avant d’entrer dans le pays (Josué 2:1).
- ↑ Josué, successeur direct de Moïse, manifeste à plusieurs reprises des traits de caractère similaires à ceux de Moïse — notamment la rigueur dans l’application des ordres divins, une certaine cruauté militaire dans la conquête, et un leadership ferme : 1. Après la traversée du Jourdain, Josué applique à la lettre l’ordre de Yahvé concernant Jéricho : « Ils vouèrent à l’interdit tout ce qui était dans la ville : hommes et femmes, jeunes et vieux, bœufs, brebis et ânes, passés au fil de l’épée. » (Josué 6:21) Josué manifeste ici la même rigueur impitoyable que Moïse dans l’exécution des ordres de destruction totale (cf. Moïse en Nombres 31 contre les Madianites). 2. Josué réagit avec une rigueur comparable à celle de Moïse envers les rebelles lors d'une punition exemplaire pour un maintien : Akan et toute sa famille sont lapidés et brûlés. « Tout Israël le lapida. On les brûla au feu après les avoir lapidés. » (Josué 7:25) Cet événement rappelle celui où. Moïse avait fait exécuter les Israélites infidèles (Exode 32:27, après le veau d’or). Josué agit de même pour préserver la sainteté du peuple. 3. Josué mène une série de conquêtes contre les royaumes cananéens et applique la politique de destruction totale : « Josué les frappa depuis Kadès-Barnéa jusqu’à Gaza… il ne laissa échapper personne et voua à l’interdit tout être vivant. » (Josué 10:40) Moïse avait lui aussi mené des campagnes militaires destructrices (Nombres 21 :21–35 contre Sihon et Og). 4. Josué capture cinq rois ennemis, les humilie publiquement, puis les fait mettre à mort et suspendre. « Josué les fit ensuite frapper et les fit mourir, et il les fit pendre à cinq arbres. » (Josué 10:26) Moïse avait de la même façon fait exécuter les chefs madianites (Nombres 31:8). 5. Josué fait bâtir un autel sur le mont Ébal et lit toute la Loi, montrant une fidélité rigoureuse au cadre religieux de Moïse : « Josué écrivit sur les pierres une copie de la loi de Moïse. » (Josué 8:32) Ce leadership législatif et spirituel pour guider le peuple est semblable à celui qui avait animé Moïse.
- ↑ C’est une observation souvent faite par les exégètes que le personnage biblique de Josué se distingue en effet par un manque d’ambition personnelle, surtout si on le compare à d’autres figures fortes comme Moïse, David ou même certains prophètes. Josué ne cherche jamais à devenir chef, mais c’est Moïse qui le désigne sur ordre de Yahvé : « Prends Josué, fils de Noun, homme en qui réside l’esprit ; impose-lui les mains. » (Nombres 27:18) Contrairement à d’autres leaders bibliques, Moïse discute directement avec Dieu et plaide sa cause. David reçoit une onction et agit pour établir sa royauté. Gédéon ou Saül sont investis dans une logique de pouvoir. Josué, lui, est choisi et obéit, sans initiative politique ou spirituelle personnelle. Cela traduit une figure de « serviteur fidèle » plutôt que de fondateur charismatique. Tout au long du livre de Josué, on lit des formules répétées : « Josué fit comme Moïse l’avait ordonné. » ; « Josué n’omit rien de tout ce que Yahvé avait commandé à Moïse. » (Josué 11:15) Il est donc présenté comme le continuateur, pas l’innovateur. Son rôle est d’accomplir la conquête promise, non de développer un projet personnel ou politique. Contrairement à David, Josué ne fonde pas de dynastie, ne cherche pas à centraliser le pouvoir, ne construit pas de ville capitale ou de temple. À sa mort, il n’y a pas de succession désignée. Josué 24 montre un homme qui, à la fin de sa mission, rend le peuple à Dieu : « Pour moi et ma maison, nous servirons Yahvé. » (Josué 24:15) Cette phrase emblématique montre une loyauté religieuse avant toute ambition politique. Il exerce un leadership de service, non de gloire personnelle, là où Moïse a une relation intime et unique avec Dieu, souvent teintée de tension (négociations, plaidoyers). Josué, lui, ne négocie jamais avec Dieu — il reçoit des ordres et les exécute. Même ses victoires militaires sont présentées comme l’œuvre de Yahvé, non comme son propre génie stratégique (cf. Josué 6:2, 10:11). Son profil n'est que “fonctionnel” dans la théologie deutéronomiste, où Moïse a le rôle d'un législateur et prophète, au contraire de Josué qui se contente du rôle de conquérant au service du projet divin. Il n’a certes pas besoin d’ambition personnelle, car son rôle biblique est circonscrit à la conquête de Canaan. Sous son commandement le pouvoir politique centralisé n’existe pas encore (période pré-monarchique). Quelques sources : Matthew Henry, dans « Matthew Henry’s Commentary on the Whole Bible » note que le livre de Josué met en valeur l’appel de Dieu à Josué après la mort de Moïse, et l’encouragement à la fidélité, à l’obéissance et non à l’initiative personnelle flamboyante. E. P. Vedder, dans « Josué, serviteur de l’Éternel (1) » présente Josué explicitement comme « fidèle serviteur de Moïse », ce qui va dans le sens d’un leadership de service. Dans un cours intitulé « Le livre de Josué et la question de l’historicité de la conquête (suite) et l’installation de Josué comme chef de guerre (Jos 1) », Römer explore l’installation de Josué comme chef de guerre après Moïse (Collège de France). Dans un autre cours du même auteur, intitulé « Les deux discours d’adieu de Josué : une conquête (presque) réussie (Jos 23-24) », il note que dans Josué 24, le personnage est “présenté comme un deuxième Moïse” (Collège de France). Son ouvrage La première histoire d’Israël : L’école deutéronomiste à l’œuvre, éd. Labor et Fides (Genève), 2007, examine le corpus des livres de Josué à 2 Rois sous le prisme de l’historiographie deutéronomiste.
- ↑ « Moïse était âgé de cent vingt ans lorsqu’il mourut; sa vue n’avait point baissé, et sa vigueur n’était point passée. » (Deutéronome 34 :7).
- ↑ Cycle de 4 mois, mesuré selon les crues du Nil chez les Egyptiens antiques, et qu'Allan Arsmann montre dans ses travaux avoir été l'une des mesures du temps dans la Genèse (Cf. La Bible lue par un Asperger, vol. 1 ch. XXXX pp. XXXX, et sa vidéo Youtube "La date de l'Exode élucidée par un Asperger", https://www.youtube.com/watch?v=f0yUnCZ2GM4&t=73s).
- ↑ « Depuis longtemps, le Seigneur avait donné du repos à Israël, après que Josué eut vaincu tous ses ennemis alentour. Josué était vieux, avancé en âge. Josué convoqua tout Israël, ses anciens, ses chefs, ses juges et ses officiers, et il leur dit : “Je suis vieux, avancé en âge.” » (Josué 23:1-2, trad. Louis Segond) ; « Après ces événements, Josué, fils de Noun, serviteur du Seigneur, mourut, âgé de cent dix ans. » (Josué 24:29, trad. TOB).
- ↑ Cf. la vidéo YouTube de l'auteur "L'identité secrète de MOÏSE - élucidée par un Asperger" (https://www.youtube.com/watch?v=rqYyupGqS54&t=1761s), et le volume 3 de sa série La Bible lue par un Asperger, ch. 23 pp. 360-362.
- ↑ Dans Deutéronome 1 :31, Moïse dit : « Vous avez vu … l’Éternel, votre Dieu, et il vous a portés … comme un homme porte son fils » (version UTN) et la note indique que « you and your are singular here ». (source : freely-given.org) Dans Exode 3 :12, le commentaire note que le verset change de pronom « you (singulier) → you (plural) » dans la même phrase. (source revbible.com). Le site “Independent Pronouns in Biblical Hebrew” rappelle que l’utilisation d’un pronom explicite en hébreu (ex. אַתָּה “tu”) est souvent marquée — soit pour insister, soit pour marquer une distance (source : biblicalhebrew.org). Un article de traduction anglo-saxon (Fry 1997) note que dans certaines langues, “the Lord your God” (s’adressant aux Israélites) devrait être “our God” si le locuteur s’inclut : « But when it is Moses speaking to his fellow Israelites … for him to say ‘the Lord your God’ is not appropriate. … we find that Moses did sometimes use a first person plural … ‘the Lord our God’ ». (source : translation.bible). Cela suggère que l’expression “votre Dieu” (your God) dans les discours de Moïse pourrait marquer soit une distance du peuple, soit, et c'est l'hypothèse d'Allan Arsmann, une posture de médiateur plutôt que de “membre du groupe”. Dans Josué 1 :2-3, Dieu dit à Josué : « À toi et à tout ce peuple … dans le pays que je leur donne … Car c’est toi qui feras hériter à ce peuple [ce pays]. » » ("toi" est ici distinct de "ce Peuple" ; source : bible.org) Un commentaire anglo-saxon (on “The Book of Joshua”) note qu’ici le pronom “your”, pour Josué, dans “the Lord your God”, est parfois singulier ou pluriel, ce qui peut susciter également l’interprétation que “Joshua serait exclu de la promesse” si on lit “à eux” vs “à toi”. Le passage le plus clair où le beau-père de Moïse, Jéthro (ou Réouël), distingue Moïse personnellement du peuple qu’il dirige se trouve dans Exode 18:14–23 : « Le beau-père de Moïse vit tout ce qu’il faisait pour le peuple, et il dit : Que fais-tu là pour le peuple ? Pourquoi sièges-tu seul, et tout le peuple se tient devant toi, depuis le matin jusqu’au soir ? » (Exode 18:14, trad. Louis Segond) Ici déjà, on voit que « toi » est adressé à Moïse, tandis que « le peuple » semble désigner un autre groupe.
- ↑ Contexte narratif (Exode 2:11–22) : Moïse tue un Égyptien qui frappait un Hébreu. Pharaon cherche alors à le faire mourir, et Moïse fuit en Madian. Il s’assoit près d’un puits. Sept filles de Réouël viennent puiser de l’eau pour leurs troupeaux. Des bergers les chassent, mais Moïse intervient et les aide. « Elles répondirent : Un Égyptien nous a délivrées de la main des bergers ; de plus, il a puisé pour nous et fait boire le troupeau. » (Exode 2:19, trad. TOB)
- ↑ « Elle enfanta un fils, et Moïse lui donna le nom de Guershom, car, dit-il, je suis un étranger en ce pays. » (Exode 2:22, trad. L. Segond). Le nom hébreu גֵּרְשֹׁם (Gēršōm ou Gershom) est généralement expliqué par un jeu de mots sur deux racines hébraïques : גֵּר (gēr), « étranger », « résident temporaire » et שָׁם (šām) qui signifie « là ». La signification littérale serait donc « Étranger là-bas » ou « étranger en ce lieu ».
- ↑ Plutarque évoque l’idée que Moïse pourrait être d’origine égyptienne dans son œuvre De Iside et Osiride ("Sur Isis et Osiris"), au chapitre 36. Dans cette oeuvre, Plutarque discute des figures religieuses et mythologiques de l’Égypte, et mentionne Moïse dans une perspective qui suggère qu’il a puisé dans la tradition égyptienne ou qu’il serait lié à cette culture. Il fait référence à Moïse comme à un personnage qui, selon certaines traditions, aurait reçu une formation ou un héritage religieux en Égypte, ce qui expliquerait certaines similitudes entre les religions juive et égyptienne : "Ὁ δὲ Μωυσῆς, ὥς τινες φασιν, ἐκ τῆς Αἰγύπτου ἐξῆλθεν καὶ τὴν νόσον ἐξέβαλεν τῶν Ἰουδαίων, καὶ νόμους καὶ θυσίας ἀνέθετο τῷ λαῷ." (trad. littérale : « Moïse, selon certains, sortit d’Égypte et chassa la maladie des Juifs, et institua des lois et des sacrifices pour le peuple. »)
- ↑ L’égyptien ne dit pas littéralement « fils de » dans ces noms théophores, mais exprime la filiation ou la naissance divine à travers le verbe msj (« naître de »). Ainsi, Ramesès (Ra-ms-sw) = “Ra l’a mis au monde” ou “né de Rê”. Thoutmès (Ḏḥwtj-ms) = “né de Thot”. Et donc Ousermose (Wsjr-ms) = “né d’Osiris”. Donc, « Ousermose » est sémantiquement équivalent à “fils d’Osiris”, même si la formulation exacte en égyptien exprime plutôt la naissance divine que la filiation biologique.
- ↑ l'historien égyptien Manéthon (IIIe siècle av. J.-C.), aurait affirmé que Moïse était égyptien et qu'il portait un nom égyptien : dans Aegyptiaca, Manéthon raconte que le prêtre égyptien Osarseph, originaire d'Héliopolis, se révolta contre le pharaon et mena une rébellion avec des lépreux. Après leur expulsion, Osarseph aurait changé son nom en Moïse. Ce récit de Manéthon est rapporté par Flavius Josèphe dans Contre Apion (I.227-250), pour le contredire. Apion, dont Josèphe se fait le contradicteur, prétendait que les récits sur Moïse étaient une invention des Juifs pour s’approprier des éléments de la culture égyptienne et de l’histoire égyptienne. Par exemple, s'appuyant sur Manéthon, il avançait que Moïse n’était qu’un prêtre égyptien appelé Osarseph, qui aurait mené une rébellion impie, ce qui était une inversion négative par rapport à la figure biblique.
- ↑ « L’enfant grandit. Elle l’amena à la fille de Pharaon, et il devint son fils. Elle lui donna le nom de Moïse, car, dit-elle, je l’ai tiré des eaux. » (Exode 2:10, trad. TOB).
- ↑ Cf. la vidéo YouTube de l'auteur "L'origine ethnique de Moïse - élucidée par un Asperger" (https://www.youtube.com/watch?v=fU06NdokVwE&t=7s).
- ↑ Hécatée d'Abdère aurait été, selon l'historien juif Flavius Josèphe, contemporain d'Alexandre le Grand et de Ptolémée Ier. Sous ce roi, il aurait visité l’Égypte. selon la « Jewish Virtual Library », Hécatée mentionne que « leur chef Moïse, qui excellait en capacité et en vaillance, conquit la terre de Judée pour les Juifs, fonda Jérusalem, y éleva le Temple, institua la constitution du peuple. » (source : Bibliothèque Virtuelle Juive). Il est cité par Pline l'Ancien, Flavius Josèphe, Origène et Clément d'Alexandrie. Cependant, il n’est pas clair que des auteurs gréco-romains majeurs aient formulé exactement que “Moïse avait conquis la Judée”, en ces termes ou dans un texte complet aujourd’hui conservé. Par un souci d'honnêteté intellectuelle cependant, il faut garder à l'esprit que ces témoignages sont fragmentaires ou via des recensions secondaires . Le terme “conquête de la Judée” peut également être plus littéraire ou mythique qu’un récit historique concret dans ces sources. Les auteurs hellénistiques grecs avaient en effet tendance à “helléniser” ou “orientaliser” Moïse pour l’inscrire dans la tradition des fondateurs de cité ou de lois (oīkistès, législateur), donc ils peuvent avoir attribué à Moïse un rôle de conquérant ou de “chef d’expédition”.
- ↑ Des penseurs modernes comme Freud ont également réaffirmé, sur base d'analyses des textes anciens, que Moïse était "égyptien de souche" : dans son ouvrage Moïse et le monothéisme (Moses und die monotheistische Religion), Fraud avance l'idée que Moïse était d'origine égyptienne, et que son nom, « Moïse », serait dérivé du terme égyptien « mś », signifiant « enfant » ou « fils ». Selon Freud, Moïse aurait été un prêtre égyptien de la secte d'Aton, qui, après l'effondrement de cette secte, aurait été adopté par une famille hébraïque et aurait introduit le culte d'Aton parmi les Hébreux. Freud soutient cette hypothèse en analysant des textes anciens et en comparant les traditions religieuses égyptiennes et hébraïques. Il note des similitudes entre le monothéisme d'Aton et celui de Moïse, suggérant une influence égyptienne sur la religion hébraïque. Il est important de noter toutefois que cette théorie de Freud est controversée et n'est pas largement acceptée par les historiens et les spécialistes des religions. Elle a été notamment critiquée pour son manque de preuves historiques solides et pour son approche psychanalytique de l'histoire.
- ↑ Dans Nombres 20,1-13 il est fait le récit des éléments historiques de cet épisode, tandis que Deutéronome 32,48-52 en rappelle la faute et ses conséquences.
- ↑ Cf. la vidéo de l'auteur intitulée "L'identité secrète de Moïse - élucidée par un Asperger" (https://www.youtube.com/watch?v=rqYyupGqS54&t=1774s). Arsmann soutient que cette faute, telle qu'elle est présentée dans le récit, est "absurde" et non "crédible" compte tenu des désobéissances antérieures de Moïse envers Dieu. Cependant, la scène prendrait selon lui tout son sens si on l'examinait sous l'angle du rituel anthropophage et du renouvellement. En effet, dans le contexte de ce rituel ancien, la faute commise par Moïse aurait servi de moteur et de justification. Le rituel de renouvellement exigeait la "nécessaire réalisation d'une infraction justifiant ensuite la réalisation du rite qui en permettait la rédemption". Cette infraction était donc "systématiquement présente" et "servait de moteur et de justification pour la suite du rituel". Ce rite de renouvellement offrait d'après l'auteur une "complète rédemption de tous les péchés du passé". Selon les considérations des anthropophages de jadis, l'absorption de l'innocence de la victime lavait l'exécutant de tous ses crimes passés. L'ancienne personnalité de Moïse (le pécheur) devait mourir pour qu'il puisse renaître sous une nouvelle identité (celle de Josué, l'enfant consommé/incorporé). Ce rituel est exploré par Frazer dans son ouvrage monumental Le Rameau d'Or au sujet des rites de mort et renaissance du roi divin dans de nombreuses sociétés antiques (Mésopotamie, Égypte, Europe préchrétienne), et par Mircea Eliade dans Le Mythe de l’éternel retour (1949) et son Traité d’histoire des religions (1949) au sujet des rites de « régénération périodique » dans les sociétés traditionnelles, où l'auteur expose que la mort sacrificielle était perçue comme une « réinitialisation » du temps mythique, permettant au sacrifiant ou au groupe de renaître dans un état de pureté originelle. Eliade cite notamment les mystères agraires, les cultes de Tammouz, Osiris, Dionysos et certaines pratiques initiatiques d’Afrique et d’Asie. Enfin, René Girard, dans La violence et le sacré (1972), développe la théorie du « bouc émissaire » : dans certaines sociétés, une victime expiatoire est choisie pour canaliser la violence collective. Girard montre que le sacrifice (humain ou symbolique) produit une « purification » de la communauté. La consommation ou le partage rituel autour de la victime a souvent selon lui une fonction de cohésion sociale et de transfert symbolique des fautes. Les exemples culturels les plus cités dans la littérature anthropologique son les rituels d’Akitu en Mésopotamie, où à l'occasion du nouvel an babylonien le roi subissait symboliquement une humiliation ou était remplacé temporairement. Certaines versions anciennes pourraient avoir impliqué un sacrifice substitutif. A Carthage et en Phénicie, les sacrifices d’enfants (tophets) documentés archéologiquement et textuellement, ont parfois été interprétés comme des rituels de renouvellement collectif. Dans le Mexique précolombien chez les Aztèques, des victimes étaient immolées puis certaines parties consommées rituellement pour « partager » leur force divine. En Europe ancienne enfin, des traces de sacrifices humains rituels ont été relevées chez les Celtes ou les peuples germaniques, rituels associés à des fêtes saisonnières et de purification.
Bibliographie[modifier | modifier le wikicode]
- Allan Arsmann, La Bible lue par un Asperger, tomes 1 à 6, éd. Paradeigma.
Voir aussi[modifier | modifier le wikicode]
- Allan Arsmann, portail des vidéos de la chaîne YouTube La Bible lue par un Asperger : https://www.youtube.com/@allanarsmann5904/videos
- Paradeigma, site de l'auteur : https://paradeigma.be/
- Paradeigma, forum des abonnés : https://paradeigma.be/forum/
- Page Patreon de l'auteur : https://www.patreon.com/c/AllanArsmann02/posts