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Yahvé

De Archéopsie

Allan Arsmann dépeint le personnage de Yahvé (parfois orthographié Yahweh) d'une manière radicalement différente des interprétations traditionnelles, en s'appuyant sur des analyses historiographiques, archéologiques et psychologiques. Il cherche à retrouver le "sens réel" et la "réalité" sous-jacente des textes bibliques, souvent dissimulée par des "considérations sociales et traditionnelles" et des "illusions collectives".

Allan Arsmann attribue sa capacité à faire ces recoupements et à identifier ces "réalités" à une "pensée alternative asperger", qui lui permettrait de "passer outre ces aspects d'illusions collective" et les "considérations sociales" qui biaisent les analyses traditionnelles des textes. Il souligne que la communauté scientifique a souvent nié ces éléments, non par manque de preuves, mais en raison de tabous sociaux et religieux.

Voici les points clés de sa présentation de Yahvé :

Une nature humaine et royale dans l'Exode :

Dans les passages concernant l'Exode, Arsmann affirme que Yahvé est un homme, un roi humain réel, et même un personnage historique relativement connu, plutôt que le créateur de l'univers au sens moderne. Ce personnage humain a été associé à la divinité pour des raisons "sacrées" et des "considérations tout à fait banales à cette époque" où les rois étaient considérés comme divins. Yahvé est décrit de manière anthropomorphe : il a une bouche, des mains, des doigts, un visage, une tête, des yeux, des pieds. Il est visible et palpable aux yeux de tous, ce qui est une exception dans la Bible en dehors de la Genèse. Il manifeste des traits de caractère humains comme l'autorité, la colère, la fierté, l'orgueil, et il se trompe, se parjure ou change d'avis. Il distribue des objets matériels (bâton magique, tables en pierre), ce qui est inhabituel pour la divinité biblique. Il se comporte comme un "despote de la haute Antiquité", donne des ordres, menace, punit, a des armées, défie d'autres rois, et dicte des lois. Les actions attribuées à Yahvé sont en réalité celles de ses armées ou subordonnés, une pratique courante dans l'écriture des annales royales de l'époque[1].

Origines et filiations divines :

Yahvé, à ses origines les plus lointaines, est selon Allan Arsmann identifié au dieu sumérien Ea, également appelé Yahou, dieu de l'eau, de la sagesse et gardien des secrets divins. Ce culte ancien fut selon l'auteur lié à la naissance de la civilisation.

Selon son approche, Ea/Yahvé fut le dieu de la concurrence naturelle, de la "jalousie" au sens ancien du terme (concurrence intraspécifique). Cette "jalousie" est définie par l'auteur comme une "force vitale colossale et formidable". Pendant la période des Hyksôs (Exode historique, vers 1540 av. J.-C.), le culte de Yahvé connut une importante fusion culturelle et religieuse avec le culte de Baal (assimilable à Seth en Égypte selon Arsmann) : Yahvé partage en effet de nombreux symboles et attributs avec Baal/Seth : il est un dieu du feu, du désert, représenté par un serpent, associé à la lèpre et aux maladies, aux fléaux, aux tempêtes, et il est sévère et cruel. Le nom de Baal a été délibérément supprimé des textes bibliques et remplacé par Yahvé, suite à des conflits religieux ultérieurs[2]. Ce "refoulement" aurait été dû, selon Arsmann, à la "haine et la honte" associées aux pratiques du culte de Baal, notamment le sacrifice d'enfants. Enfin, symboliquement, Allan Arsmann fait sienne la théorie qui veut que Baal soit le "fils" d'Ea/Yahvé dans les mythologies mésopotamiennes et ougaritiques, ce qui a permis leur fusion[3].

Yahvé et l'anthropophagie/sacrifice humain :

Arsmann insiste sur le fait que dans le texte biblique Yahvé exige de manière répétée et explicite le sacrifice des enfants premiers-nés (les "Prémices" ou "premiers fruits"). Cette loi serait selon l'auteur la première et la plus ancienne de toutes les lois bibliques, antérieure même aux Dix Commandements, et est formulée à plusieurs reprises dans l'Exode [4]. Arsmann affirme que dans l'Antiquité, tout sacrifice sanglant était systématiquement consommé. Par conséquent, les sacrifices de premiers-nés impliquaient leur consommation, faisant de Yahvé un dieu associé à l'anthropophagie. La malédiction de Yahvé sur Jéricho, qui stipule que quiconque la rebâtira en posera les fondations "au prix de son aîné", est interprétée par l'auteur comme une exigence de sacrifice de fondation du premier-né, sans rachat : il mentionne que la malédiction de Jéricho est un cas des fameux sacrifices de fondation, qui est un cas particulier de la loi des prémices. Il cite le passage de Josué 6:26 : « maudit soit de par Yahvé l'homme qui entreprendra de rebâtir cette ville de Jéricho au prix de son aîné il en posera les fondations », et souligne que ce sacrifice d'enfant premier-né a bel et bien eu lieu plus tard dans le récit biblique (en 1 Rois 16:34), précisant qu'« Il en jeta les fondations au prix de son premier né Abiram. point de rachat ici évidemment puisqu'on nous précise même le nom de l'enfant qui mourut sacrifié ce jour-là encore une fois un enfant premier va périr le fils premier du roi encore et c'est bien une fois encore très clairement du fait d'une exigence formelle de Yahvé »[5]. Le massacre des premiers-nés égyptiens lors de la dixième plaie d'Egypte est présenté par l'auteur comme une action concrète des armées de Yahvé (en tant que roi humain), et non comme un acte magique divin. Cela s'inscrit dans les pratiques de Baal/Seth, qui cherchait à tuer l'enfant Horus dans la mythologie égyptienne. Enfin, la "manne " et la "multiplication des pains " dans l'Ancien Testament sont pour Allan Arsmann des allégories de l'anthropophagie, où le "pain" représente la chair humaine. Les Israélites auraient "mangé leurs enfants" symboliquement pour survivre dans le désert, poussés à l'extrême par la faim[6].

En somme, Allan Arsmann présente Yahvé comme une figure divine complexe et ambiguë, dont l'identité et les actions, en particulier pendant l'Exode, sont profondément ancrées dans des pratiques rituelles, des conflits de culte et des réalités historiques, souvent sombres et anthropophages, qui ont été par la suite "blanchies" ou refoulées dans les interprétations religieuses modernes.

Étymologie du nom

Selon Allan Arsmann, la formulation moderne du nom Yahvé (Yhwh) est une complète spéculation. Il base son analyse étymologique sur la reconstruction de la prononciation originelle du Tétragramme (Y H W H) et sa concordance avec les noms des divinités de la haute Antiquité.

1. La prononciation originelle : Yahou / Yao

La prononciation originale du nom divin a été perdue en raison de son caractère tabou et sacré. Dans l'hébreu ancien, qui ne contenait pas de voyelles, le nom était rendu uniquement par les quatre consonnes du Tétragramme (Y H W H).

La prononciation "Jéhovah" serait, d'après les recherches d'Arsmann, une spéculation issue du Moyen Âge, fondée sur une erreur de compréhension. Les Massorètes inséraient en effet les voyelles E O A du mot Adonaï (Seigneur, le terme de remplacement utilisé lors des allocutions) au-dessus du Tétragramme, et ce procédé aurait été mal interprété, menant à la lecture "Jéhovah". Allan Arsmann soutient que la prononciation originelle du nom devait être proche de la séquence de sons « Yahou » ou « Yao »[7]. Cette hypothèse serait renforcée d'après Arsmann par l'abondance extraordinaire dans la Bible de noms de personnages (noms théophores) contenant la séquence verbale « Yahu », « Yao » ou son apocope « Ya ». Ces noms ont été paradoxalement mieux préservés de la déformation, car ils étaient prononcés quotidiennement et n'étaient pas soumis aux mêmes interdits que le nom de la divinité[8].

Dans le Nouveau Testament, le Christ et les apôtres suggèrent également ce nom dans le texte de la Révélation : d'après Arsmann, la phrase « Je suis l'Alpha et l'Oméga » serait une vocalisation directe des trois lettres Iota - Alpha - Oméga "Iao" dans la langue grecque[9].

2. L'origine historique et la signification étymologique

Allan Arsmann met en corrélation la prononciation « Yaou » (Iaou) ou « Yao » (Iao/Io) avec le nom du vieux dieu sumérien Ea, avec lequel il voit une filiation évidente. Le nom de ce dieu sumérien est transcrit "Ea", mais selon l'éminent sumérologue Jean Bottéro[10], cette translittération tend plutôt vers la prononciation « Aya » ou « Yahou ». La similitude entre les deux noms avait cours particulièrement dans les régions et époques qui ont été le berceau du culte biblique (dans la ville sumérienne d'Ur notamment, dont Abraham était originaire).

En sumérien, le nom "Ea" signifie selon Arsmann « Jaillissement de l'eau »[11]. Ce dieu était en effet associé à l'élément eau, symbolisant la vie, la sagesse et l'esprit/soufle de vie[12]. Or, note Arsmann, cette étymologie est cohérente avec les descriptions bibliques de Yahvé, où la divinité est dite s'être manifestée au sortir d'un abîme (tehom en hébreu), un concept qui correspond à l'Apsû sumérien, le royaume abyssal du dieu Ea[13]. L'expression « source jaillissante » est d'ailleurs, souligne l'auteur, très fréquente dans la Bible et utilisée pour représenter le Dieu biblique lui-même[14]. Enfin, Allan Arsmann insiste sur le fait que le dieu sumérien Ea était aussi le dieu patron des exorcistes, un rôle associé à Abraham et ses descendants[15], soulignant encore le lien avec le dieu biblique.

3. La signification comme incarnation de la concurrence

Au-delà de l'étymologie linguistique, Arsmann insiste sur le fait que Yahvé, quelle que soit la variation de son nom ou de son culte (Ea, Baal, Seth), est avant tout l'incarnation d'une force naturelle primordiale : la concurrence ou la jalousie. Le Dieu du Livre se présente de manière flagrante, souligne l'auteur, comme l'incarnation de la « grande jalousie du vivant »[16]. Or, note l'auteur, le mot « jalousie » dans l'Antiquité avait la signification sémantique de concurrence entre les hommes (concurrence intraspécifique[17]). Or, le culte d'Ea (Yahou) était déjà, chez les Sumériens, le culte de la concurrence[18]. Yahvé est l'incarnation de la jalousie poussée à son extrême. Ce fil conducteur de la concurrence relie donc, selon Arsmann, toutes les facettes historiques du Dieu biblique (Ea, Baal, Seth). D'ailleurs, note-t-il, louer la concurrence implique d'accepter la guerre, c'est pourquoi Yahvé est selon lui aussi le "Dieu des armées" (épithète utilisée 285 fois dans l'Ancien Testament d'après le compte de l'auteur)[19].

Origine en Mésopotamie

1. Origines géographiques

Arsmann rappelle que le berceau du culte de Yahvé, tel que décrit dans la Bible, se situe en Mésopotamie, ce qui confirme la filiation sumérienne.

Origine d'Abraham : La Bible affirme que le patriarche Abraham provenait de la vieille ville sumérienne de Ur en Chaldée. Les ancêtres d'Abraham y vécurent pendant plusieurs générations.

Importation des Textes : Les premiers textes bibliques furent également jadis importés de la ville d'Ur, et le texte du Déluge (Noé) est selon Arsmann avec certitude la version à peine modifiée d'un texte de culture sumérienne, le récit du prêtre Uta-Napishtim dans l'Epopée de Gilgamesh.

Localisation de l'Éden : La description du Jardin d'Eden fait explicitement mention du Tigre et de l'Euphrate, et nomme des cités mésopotamiennes comme Assur, soulignant un positionnement géographique sumérien.

3. Parallèles mythologiques et rôles divins partagés

Les rôles et attributs de Yahvé, surtout dans la Genèse et l'Exode, coïncident avec ceux du dieu Ea, suggérant une identité de fond.

Créateur à partir de l'argile : Ea et Yahvé sont tous deux présentés comme ayant créé l'humanité à partir d'argile (terre glaise) sur un tour de potier. Le dieu Ea est le seul dieu sumérien à avoir cette attribution spécifique.

Dieu de la Sagesse et de l'Écriture : Ea était le dieu sumérien de la sagesse et de l'écriture. L'écriture, qui marque le début de l'histoire, était considérée comme une de ses inventions.

Patron des Exorcistes : Ea était le dieu patron des exorcistes (Asipu). Or, le personnage d'Abraham (qui vient d'Ur et vénérait ce dieu) est décrit dans la Bible comme agissant à la manière d'un exorciste mésopotamien, notamment en levant la malédiction rituelle du Pharaon par l'imposition des mains.

Incarnation de la Jalousie/Concurrence : Yahvé se présente comme l'incarnation de la « grande jalousie du vivant » (concurrence intraspécifique). Ce trait de caractère était également omniprésent dans la personnalité du dieu sumérien Ea, à tel point qu'il fut l'objet d'analyses scientifiques complètes[20].

Relation avec Adam (Dumuzi) : Le lien familial est également identique. Yahvé est affirmé être le Père d'Adam dans la Bible. De même, le dieu Ea était considéré comme le Père de Dumuzi (le roi sumérien que l'on considère être l'équivalent historique d'Adam) dans la mythologie sumérienne[21].

Culte

Selon Allan Arsmann, le culte rendu à Yahvé (Yhwh) trouve ses racines dans des pratiques et des considérations très anciennes, notamment l'anthropophagie et la vénération de la concurrence naturelle. Ce culte a ensuite traversé des phases de syncrétisme et d'opposition avant d'être sublimé dans le christianisme. Voici, selon lui, la nature et l'évolution de ce culte :

I. Les origines archéologiques et le culte de la concurrence

Le culte originel de Yahvé, importé par Abraham, est directement lié à des divinités mésopotamiennes et à l'idée de la concurrence comme loi divine.

1. L'Identité originelle (Ea/Yahou)

Le culte de Yahvé provient du vieux dieu sumérien Ea (ou Yahou/Yao). Ce dieu, vénéré par Abraham originaire de la ville sumérienne d'Ur, était associé à la sagesse, à l'écriture, et à l'eau.

2. Le culte de la Jalousie et de la Concurrence

L'essence même du culte de Yahvé est la vénération de la concurrence naturelle.

L'Incarnation de la Jalousie : Yahvé est présenté de manière flagrante comme l'incarnation de la « grande jalousie du vivant ». Historiquement, le mot « jalousie » dans l'Antiquité avait la signification de concurrence intraspécifique (rivalité entre les humains). Le culte d'Ea était déjà, chez les Sumériens, le culte de la concurrence[22].

Les Attributs de Guerre : En conséquence, ce culte valorise la guerre comme une expression de la concurrence. Yahvé est appelé le « Dieu des armées » 285 fois dans l'Ancien Testament[23].

La Division : Yahvé provoque parfois la division (comme à Babel) et la discorde entre les hommes. Diviser les hommes permet d'affaiblir le conformisme et de favoriser la diversité, terreau nécessaire à toute concurrence.

La Domination : Le culte incite à la domination sur « tout animal » (y compris les autres hommes, dans le contexte ancien), positionnant l'homme au sommet de la pyramide de la prédation.

3. La pratique primitive : les Prémices et l'anthropophagie[24]

Le culte de Yahvé intégrait des pratiques archaïques liées à l'anthropophagie, considérée comme l'expression extrême de la concurrence.

La Première Loi : La loi des Prémices est la première et la plus ancienne loi du culte[25]. Elle est formulée avant même les Dix Commandements[26].

L'exigence humaine : Cette loi exigeait que les premiers-nés des bêtes et des humains soient offerts à Yahvé. Ce sacrifice est lié à l'acte fondateur d'Adam et Ève, qui ont mangé leur « fruit » (leur enfant selon Allan Arsmann).

La consommation : Tout sacrifice dans l'Antiquité impliquait la consommation[27]. L'existence du rachat par un animal (substitution) n'était pas obligatoire et n'a été mise en place que progressivement[28]. L'acte anthropophage était perçu comme un moyen de s'approprier l'essence de l'individu consommé et de renaître (un « renouvelé »), d'où les changements de nom rituels.

L'anthropophagie comme principe de la nourriture divine : dans des situations extrêmes, comme lors de la traversée du désert avec l'épisode de la Manne, également analysé sous un angle nouveau par Allan Arsmann[29], l'acte anthropophage est rendu possible par le Dieu, qui « ne sauve pas leurs âmes de la mort ». Yahvé devient alors l'incarnation de l'Anthropophagie elle-même.


II. L'Évolution et le Syncrétisme (Période de l'Exode )

Le culte de Yahvé a connu une phase majeure de transformation et de fusion lors de l'Exode , sous l'influence de groupes s'alliant militairement et religieusement.

1. Le syncrétisme avec Baal et Seth

Le culte de Yahvé s'est fusionné (syncrétisé) avec le culte de Baal et son équivalent égyptien, Seth, en particulier durant la période Hyksôs et l'alliance du Sinaï.

Lien Familial : Dans les mythologies mésopotamiennes et cananéennes, Baal (Marduk) était considéré comme le fils symbolique de Yahvé (Ea/Yahou).

Un premier monothéisme : Les Hyksôs (qui forment la majorité des exilés) pratiquaient un culte de Baal/Seth qui était déjà monothéiste. Ce dieu exigeait la destruction des idoles et était un dieu jaloux.

Assimilation des symboles : C'est par le biais de ce syncrétisme que le nom Yahvé a été apposé sur l'entité de Baal/Seth. C'est pourquoi, dans les passages de l'Exode, le Dieu nommé Yahvé arbore tous les symboles du dieu Baal : le serpent (symbole), la lèpre, le feu, les fléaux, et le sacrifice des premiers-nés.

2. Le schisme et le refoulement

Bien que Baal et Yahvé fussent intimement liés, leur relation a dégénéré en un schisme.

Conflit sur l'Acte : La division s'est faite sur la question du sacrifice des enfants (les prémices). Baal revendiquait l'acte, tandis que Yahvé (Ea, le dieu de la sagesse et de la civilisation) l'avait interdit dès le début (dans le récit d'Adam et Ève).

Diabolisation : La Bible atteste que Yahvé a interdit à quiconque de l'associer à l'ancien nom de Baal. Le culte de Baal et la honte de ses pratiques (le sacrifice d'enfants) furent alors refoulés collectivement et diabolisés, ce refoulement étant notifié dans le texte biblique lui-même[30].


III. La sublimation finale : Le culte christique

Le culte de Yahvé atteint sa forme la plus évoluée avec l'arrivée du Christ, qui incarne une renaissance spirituelle et une correction des pratiques ancestrales.

Le Nouvel Adam : Le Christ est un « renouvelé » qui est symboliquement le « nouvel Adam », celui qui est parvenu à une transformation psychique.

Refus du Crime : Le Christ refuse la tentation anthropophage que le Diable lui propose. Il réalise le même rite de transformation (renaissance sacrée, fusion du père et du fils) que ses prédécesseurs, mais sans aucun crime, meurtre ou effusion de sang.

Renaissance Immaculée : Le Christ propose une « renaissance immaculée » pour remplacer l'ancienne « naissance maculée de sang » du passé[31].

Universalité : Cette transformation spirituelle n'est plus l'apanage d'une élite ou d'un roi (comme l'apothéose ancienne), mais est accessible à tout un chacun.

L'Eucharistie : La multiplication des pains est la première communion eucharistique. Le Christ, en tant que pain de vie (sa chair et son essence), se donne en consommation pour libérer le peuple de l'héritage sombre et des pulsions anthropophages de leurs ancêtres.

Lien avec Baal

Selon Allan Arsmann, les liens entre Yahvé (Yhwh) et Baal sont profonds, complexes, et historiquement dynamiques, allant d'une relation familiale mythologique à une assimilation cultuelle temporaire, suivie d'un schisme violent motivé par la concurrence.

Voici la nature de ces liens qu'il expose, appuyée par les sources :

1. Lien d'identité et syncrétisme (période de l'Exode)

Les sources affirment qu'il y eut un temps, notamment durant l'époque de l'Exode et l'Alliance du Sinaï, où les deux cultes furent unis et les noms assimilés.

Synonymes : Pour le roi David, par exemple, les noms Yahvé et Baal étaient interchangeables et définissaient la même entité. David, un fervent adepte de Yahvé, a même nommé une région conquise au nom de Yahvé du nom de Baal-Perazim (Brèches de Baal), ce qui d'après Arsmann serait absurde s'il s'agissait d'ennemis jurés[32]. Arsmann utilise cet événement pour démontrer l'assimilation ponctuelle ou le syncrétisme religieux entre Yahvé et Baal : le roi David, fervent adepte de Yahvé, mène de nombreuses conquêtes au nom de son dieu. Une de ses victoires se conclut par la re-nomination du lieu où elle fut acquise. Or La ville conquise au nom de Yahvé est nommée "Baal-Perazim", ("Baal des ruptures"), choix que l'auteur juge "très étrange". Les exégètes traditionnels suggèrent pour leur part que la ville a été renommée en référence au dieu vaincu, Baal. Cependant, Allan Arsmann considère cette interprétation comme "scientifiquement irrecevable" et "absurde", car il remarque qu'au cours de l'histoire, les lieux conquis ont toujours été nommés en l'honneur du vainqueur, jamais du vaincu. En effet, Le nom Baal-Perazim signifie littéralement "les brèches de Baal"; or, le texte biblique qui précède cette nomination précise explicitement que ce lieu fut ainsi nommé à cause des brèches imposées par Yahvé au cœur de l'armée ennemie[33].

Assimilation des Rituels et Lieux : Les deux cultes avaient plusieurs fêtes en commun, et de nombreux lieux de culte de Yahvé étaient d'anciens lieux de culte jadis voués au dieu Baal. La déesse Ashera (qui est un avatar d'Ishtar , la partenaire de Baal) fut même associée à Yahvé, et sa statue fut présente dans le Temple de Jérusalem[34].

2. Lien familial mythologique (Père et Fils)

Le rapport le plus fondamental, trans-culturellement, est celui de la filiation.

Père et Fils : Dans les mythologies mésopotamiennes et cananéennes, Baal (ou Marduk) était considéré comme le fils symbolique de Yahvé, qui, dans son identité sumérienne originelle, était le dieu Ea/Yahou.

Cohérence Biblique : Ce rapport se maintient dans la Bible : Yahvé est affirmé être le Père d'Adam. Or, Adam est l'équivalent historique et rituel du roi sumérien Dumuzi (Tammuz), et Baal est une variante de ce même personnage divin du fils maudit. Le lien entre Adam et Yahvé est donc le même que le lien qui existait jadis entre Dumuzi et le dieu Ea.

Implication : Cette identité père-fils démontre que leur culte sont intimement liés par une même origine et une même histoire.

3. Concurrence et schisme (L'hostilité postérieure)

Bien qu'ils aient été assimilés temporairement, la relation est par la suite devenue une concurrence farouche qui a mené au schisme.

Rivalité, pas Antithèse : L'opposition entre Yahvé et Baal n'est pas une antithèse, mais une concurrence. Ces deux dieux concourraient en effet dans les mêmes catégories et pour les mêmes pratiques.

Le Rôle du Refoulement : Le culte de Baal, à cause de ses pratiques barbares (notamment le sacrifice des enfants premiers-nés, les " prémices »), a provoqué une haine et une honte qui ont menés à un refoulement collectif.

L'Interdit Nominal : L'interdiction du nom de Baal vient de cet acte de refoulement. Le prophète Osée stipule clairement que Yahvé interdit d'associer le nom de Baal à celui de Yahvé, ce qui implique que cette association a été jadis très concrète[35]. Le nom Baal fut remplacé de manière rétroactive dans les textes par celui de Yahvé[36].

L'Enjeu des Prémices : Le point de rupture fondamental était le sacrifice des enfants. Bien que Yahvé ait exigé ce sacrifice dans des lois très anciennes (la loi des prémices, plus ancienne que les Dix Commandements), le culte de Yahvé, en s'intégrant à l'alliance de l'Exode, a pris la décision de mettre fin à ces sacrifices. L'intégration de Yahvé au sein de l'alliance synchrétiste des Baals a servi de signature pour ce changement religieux, car Yahvé était celui qui condamnait désormais ouvertement l'acte de Baal[37].

Lien avec Seth

Selon Allan Arsmann, les liens entre Yahvé (Yhwh) et le dieu égyptien Seth (parfois orthographié Soutekh ou Set) découlent principalement de l'identité historique et cultuelle entre Seth et Baal, et du phénomène de syncrétisme religieux qui s'est produit au moment de l'Exode biblique.

Arsmann soutient que Yahvé fut temporairement associé, assimilé et confondu avec Seth, particulièrement dans le contexte égyptien de l'époque mosaïque[38].

Voici comment Arsmann démontre les liens entre Yahvé et Seth :

1. L'identité fondamentale entre Baal et Seth

Le point de départ de l'association est l'équivalence entre Seth et Baal.

Synonymie Historique : Arsmann rappelle que Baal et Seth sont la même entité. Tous les experts continuent d'affirmer que Baal et Seth ont le même nom hiéroglyphique aux yeux des Anciens, signifiant qu'ils sont la même entité[39].

Contexte Égyptien : L'Égypte ancienne intégra jadis le culte de Baal, lui donnant des formes et des noms spécifiquement égyptiens, le nommant Soutekh, c'est-à-dire Seth :

  • L’intégration significative de Baal en Égypte date du Nouvel Empire, surtout de la XVIIIᵉ dynastie (vers 1550‑1295 av. J.-C.).
  • Plus précisément, des attestations montrent que des prêtres de Baal (et d’Astarté) sont mentionnés à partir de la fin de la XVIIIᵉ dynastie.
  • Le culte continue dans les dynasties suivantes, notamment pendant la XIXᵉ dynastie jusqu’à la XXᵉ, et plus tard dans des écrits et usages privés ou étrangers (population asiatique en Égypte) même après l’apogée royale de Baal[40].

Période Hyksôs : C'est durant la période Hyksôs (une période dont Arsmann affirme qu'elle correspond à l'Exode biblique) que le dieu Seth fut complètement et totalement identifié comme étant le dieu Baal des étrangers (les Sémites). Le culte de Seth était alors dominant et même monothéiste chez les Hyksôs[41]:

  • Tell el‑Dabʿa / Avaris – Manfred Bietak et son équipe ont fouillé le site de Tell el‑Dabʿa, l’ancienne Avaris, capitale hyksosienne. Ils y ont mis au jour un “district sacré” (Area A/II) contenant des temples syro‑palestiniens et des temples égyptiens, ce qui indique une situation religieuse mixte. oeaw.ac.at – Des fosses sacrificielles et des restes de repas rituels ont été découverts dans les avant-cours de ces temples, attestant la continuation des cultes levantins même après la reconquête thébaine. oeaw.ac.at
  • Poterie, sceaux, iconographie levantine – Il y a chez les Hyksos à Avaris des sceaux, des poteries, et des importations du Levant. Certaines iconographies rappellent des dieux syro‑palestiniens. oeaw.ac.at+2oeaw.ac.at+2 – Par exemple, un sceau découvert à Tell el‑Dabʿa montre « Baal‑Saphon » (un avatar de Baal dans la littérature ougaritique) dans un style iconographique levantin. Digital Library+1
  • Roi Hyksôs Apophis (Apopi) et Seth – Apophis est représenté dans les sources comme un roi hyksos favorisant le culte de Seth. Une tradition, plus tardive, rapporte qu’“Apophis choisit pour son seigneur le dieu Seth, il ne vénérait aucun autre dieu de toute la terre que Seth”. Wikipédia+1 – Cela suggère une forme de monolâtrie ou de culte dominant d’une divinité étrangère, mais il n’est pas certain que cela représente un culte officiel “Baal tel quel” plutôt qu’une identification syncrétique entre Baal et Seth ou la préférence pour Seth comme divinité “etrangère/storm god”.

2. Le syncrétisme : Yahvé assimilé à Seth/Baal

Si Yahvé fut assimilé à Baal (ce qui fut le cas au Sinaï, formant le socle du peuple Hébreu), et que Baal était Seth en Égypte, il s'ensuit que, dans ce contexte, Yahvé fut confondu avec Seth.

Le Contexte de l'Exode : L'épopée mosaïque se déroule en Égypte, et les futurs exilés bibliques y ont vécu pendant plusieurs générations. Il est donc logique que le culte de Baal ait arboré des traits culturels égyptiens qui étaient alors prêtés à Seth.

Identité Culturelle et Symbolique dans l'Exode : Le Dieu nommé Yahvé dans les passages de l'Exode arbore des symboles qui sont, pour les Égyptiens de l'époque, des signatures claires du dieu Seth.

Symbole du Yahvé de l'Exode (selon Arsmann) Signification Seth Sources
Le Serpent (le bâton de Moïse) Le serpent représente l'entité qui envoie Moïse. Pour les Égyptiens, ce serpent est Apopi, l'incarnation terrestre maléfique du dieu Seth durant le Nouvel Empire. L'association de Yahvé au serpent n'est pas accidentelle.
La Lèpre C'est le deuxième signe de reconnaissance donné par Yahvé à Moïse. Or, Seth est le seul Dieu en Égypte auquel cette maladie fut jadis associée ; il est le dieu égyptien de la souffrance et de la maladie. Le hiéroglyphe représentant Seth était présent dans les mots désignant les principales maladies.
Les Fléaux d'Égypte La totalité des dix fléaux que Yahvé envoie sur l'Égypte (y compris la peste, les ulcères, les nuées de mouches, de grenouilles et de sauterelles, la grêle, et le massacre des premiers-nés) étaient tous, sans exception, perçus par les Égyptiens comme des actions maléfiques du dieu Seth. Le mot « plaie » lui-même contient le hiéroglyphe déterminatif de Seth.
Massacre des Premiers-Nés Dans la pensée égyptienne de cette époque, Seth est le dieu qui cherche à tuer l'enfant Horus (le fils du pharaon), et s'en prend aux fœtus et aux jeunes enfants. Le sacrifice d'enfants était la principale exigence du culte de Baal/Seth.
L'Âne Dans le récit de Balaam (un prophète de l'Exode), le dieu du Livre s'exprime par la bouche d'un âne, le seul animal qui accueille l'Esprit de Dieu dans la Bible. Or, en Égypte, l'âne était le symbole du dieu Seth (vénéré par les tyrans Hyksos).
Iconoclasme (Monothéisme) Yahvé interdit les statues et ordonne de les détruire (Deuxième Commandement). C'est également la principale caractéristique du culte de Seth durant la période Hyksos : les Hyksos étaient des iconoclastes et détruisaient les statues des dieux égyptiens. De plus, le culte de Seth fut, à l'époque Hyksos, monothéiste et s'opposait aux autres dieux.

3. La nature du culte

Ce lien d'identité entre Yahvé et Seth est logique, car les deux divinités incarnent la même force naturelle : la concurrence.

• En Égypte, Seth représente la concurrence, la "force opprimante et contraignante", qu'Arsmann adopte comme signification du nom égyptien de Seth, ainsi que le définissent certains égyptologues[42]:

Herman te Velde – Seth, God of Confusion (1967) ne traduit pas le nom comme “force opprimante”, mais il montre que Seth représente l’opposition, la contestation, la force chaotique dans la structure divine, il parle de Seth comme d’une force violente qui déséquilibre mais fait aussi partie de l’équilibre. Il est donc à la fois destructeur et nécessaire, comme une forme de violence cosmique contenue.

« Seth is not the god of evil in the strict sense, but the god of the necessary struggle, the god of opposition. He is the disturbing element in creation, but also its defender. »

Jan Assmann – The Mind of Egypt / Mort et au-delà dans l’Égypte ancienne parle de Seth comme une puissance violente, séparatrice, parfois interprétée comme domination par la force brute. Il le qualifie de “figure du désordre actif”, en contraste avec Maât. Dans ce cadre, Seth peut être vu comme une force de pression ou de contrainte cosmique.

“Il n’est pas le mal, mais la tension, le conflit, la polarité nécessaire à l’ordre. C’est le désordre intégré.”

En égyptologie symbolique moderne, certains auteurs modernes (y compris des chercheurs dans le domaine des religions comparées) proposent que Seth représente une énergie d’oppression, une contrainte destructrice – mais encore une fois, ce n’est pas une traduction du mot “Seth, mais une analyse de son rôle cosmologique.

Dans un sens structurel ou cosmique, Seth incarne la concurrence au sens de force antagoniste, mais nécessaire, de pôle opposé dans une dialectique divine (avec Horus, avec Maât, avec Rê), de moteur de déséquilibre structurant. Il n’est pas le “diable” égyptien dans les origines : sa fonction est cosmologique, pas morale. C’est seulement plus tard (Nouvel Empire tardif, époque ramesside, et surtout en période tardive) que Seth est démonisé, vu comme perturbateur maléfique, associé à Apopi, etc.)

Herman te Velde, dans Seth, God of Confusion (1967), l’un des travaux les plus fondamentaux sur Seth, montre que Seth n’est pas simplement un dieu chaotique ou maléfique, mais qu’il incarne la polarité, la tension et l’équilibre par opposition dans le monde égyptien. Seth est nécessaire dans le cosmos : il représente les forces hostiles (désert, étrangers, tempêtes), mais aussi nécessaires à l’ordre, notamment pour accompagner Rê dans sa barque solaire et affronter Apophis. Te Velde n’utilise pas forcément le mot “concurrence” au sens moderne, mais décrit Seth comme force antagoniste structurante, une sorte de rival intérieur du cosmos. Pour lui, Seth est une figure conflictuelle, mais non diabolisée à l’origine ; son rôle est structurellement nécessaire dans le schéma cosmique.

Jan Assmann, dans The Mind of Egypt / Mort et au-delà dans l’Égypte ancienne analyse Seth comme la figure de la négation créatrice. Il est l’autre nécessaire, l’ombre du cosmos, qui permet à l’ordre (Maât) d’exister par contraste. L'auteur parle de la logique du double dans la pensée égyptienne : Seth est le double noir d’Horus, et cette dualité est productrice d’équilibre. Cette opposition est dynamique, jamais figée, comme une forme de concurrence cosmique entre deux principes qui doivent coexister.

Assmann : “Ce n’est que dans la seconde phase de l’histoire de Seth qu’il devient une figure du mal. Auparavant, il était le gardien des limites, l’autre pôle du pouvoir divin.”

Claude Traunecker, dans Les dieux de l’Égypte, évoque Seth comme une force extérieure au monde égyptien central, nécessaire à affronter mais aussi à intégrer. Il parle de Seth comme symbole de tensions territoriales, politiques, climatiques, etc., et incarnation des rapports de force à l’intérieur même du panthéon.

Vincent Arieh Tobin, dans des articles sur le dualisme égyptien, souligne que le panthéon égyptien est construit sur des dualités dynamiques, comme Osiris/Seth, Horus/Seth, ordre/désordre, etc. Seth incarne l’autre-que-l’ordre, le concurrent de l’ordre cosmique, non pas comme un ennemi, mais comme un adversaire intérieur au système cosmique.

Allan Arsmann conclut en insistant sur le fait que le Yahvé du passage de l'Exode, en raison de tous les symboles de Seth qu'il arbore, est tout sauf un Dieu d'amour et représente la partie la plus sombre du passé biblique, celle qui a sombré dans l'anthropophagie et les crimes des ancêtres.

Yahvé durant l'Exode

Selon l'analyse historiographique d'Allan Arsmann, le rôle de Yahvé durant l'Exode est celui d'une entité divine et royale syncrétique, agissant en tant que chef de guerre et despote dont le culte fusionna momentanément avec celui de divinités locales, dans le but de forger une nouvelle identité ethnique et d'imposer une loi religieuse fondamentale.

L'Exode est identifié par Allan Arsmann comme correspondant historiquement à l'exode du peuple Hyksôs (ou Heka Khasout, soit en égyptien "chefs des pays étrangers"), vers 1540 avant Jésus-Christ[43].

Voici les rôles et les fonctions spécifiques qu'il relève chez le personnage de Yahvé durant cette période :

1. Rôle d'Entité Syncrétique (Baal/Seth Assimilé)

Durant l'Exode, le culte de Yahvé est caractérisé par un syncrétisme religieux majeur avec le dieu cananéen Baal et son équivalent égyptien, Seth.

Substitution Nominale : En raison d'un futur schisme et du refoulement des pratiques barbares de Baal (notamment le sacrifice des enfants), le nom Yahvé a été imposé rétroactivement sur le nom de Baal dans les textes de l'Exode.

Signature Cultuelle : Par conséquent, le dieu nommé Yahvé dans les passages de l'Exode arbore tous les symboles anciens du dieu Baal.

   ◦ Il se présente à Moïse par le symbole du serpent (l'incarnation maléfique de Seth, Apopi, durant le Nouvel Empire).

   ◦ Il utilise la lèpre comme second signe d'identification. Seth était le dieu égyptien de la souffrance et de la maladie.

   ◦ Il est un dieu de colère, de feu et de jalousie (la concurrence).

2. Rôle de roi humain et chef de guerre

Le personnage nommé Yahvé dans les récits de l'Exode est, selon Allan Arsmann, très probablement un roi humain qui a été associé à la divinité pour des raisons sacrées, selon la doctrine de l'apothéose. Ce roi se comporte comme un despote typique de la haute Antiquité[44].

Attribution des Actes : Allan Arsmann démontre que les actions de ce dieu, souvent perçues comme des miracles (exemple des dix Plaies d'Egypte), sont en réalité des actions menées par ses armées ou ses subordonnés[45]:

1. Le massacre des premiers-nés (la Dixième Plaie) : Arsmann affirme que ce ne sont "évidemment des hommes des militaires des soldats qui ont tout simplement obéi à l'ordre" formulé par le roi (Yahvé). L'idée selon laquelle le créateur de l'univers n'aurait pas besoin de marques pour identifier les maisons où intervenir — alors que les armées de ce roi en avaient besoin — est avancée comme preuve du caractère humain de l'opération.

2. Le passage de la Mer Rouge : La scène où Moïse lève son bâton et l'eau s'ouvre est une application de cette même pratique littéraire antique. L'auteur estime que le texte "oublie simplement comme toujours de nous préciser les travaux manuels des milliers d'hommes qui ont ensuite obéi à cet ordre en creusant". Étant donné que 600 000 adultes mâles étaient rassemblés à ce moment-là, cette force de travail était suffisante pour de telles réalisations, ce qui était "quasiment inédit dans l'histoire" à l'époque.

3. Le Massacre des premiers-nés (la dixième plaie) n'est pas selon Arsmann un acte magique, mais une exécution ordonnée par le roi appelé Yahvé dans le texte de l'Exode, et réalisée par ses armées, visant les premiers-nés (comme l'exigeait le culte de Baal).

3. La transformation du Nil en sang, aurait été la traduction symbolique, selon Arsmann, d'une souillure rituelle des eaux causée par l'introduction volontaire de cadavres humains ou d'animaux tabous (une pollution psychologique), rendant l'eau intouchable pour les Égyptiens religieux.

Allan Arsmann explique que, dans l'Antiquité, les rois s'attribuaient systématiquement toutes les actions de leurs subordonnés. Ce comportement était totalement banal à l'époque, car le roi était perçu comme le sommet de la concurrence et l'expression du divin. Il était d'usage que les textes glorifient la personne du roi et non celle de ses sujets, qui avaient agi sous ses ordres, d'où l'attribution dans le texte biblique de tous ces "prodiges" au seul Yahvé.

Cette glorification du roi seul au détriment de ses sujets a été vérifiée dans différentes cultures antiques :

Dans l'Egypte ancienne, les pharaons se présentent presque toujours comme les maîtres d’œuvre uniques de grandes constructions, alors qu’elles étaient évidemment bâties par des milliers d'ouvriers, d’artisans et d’architectes : Ramsès II a ainsi laissé de nombreuses stèles et inscriptions se félicitant de ses exploits militaires et de ses grands travaux (comme le temple d’Abou Simbel). Il s’y dépeint parfois seul contre des armées entières (ex. : bataille de Qadesh), bien que les faits montrent une action collective. Les textes de fondation sur les temples sont presque toujours rédigés à la première personne royale : « J’ai construit ce temple pour mon père Amon-Rê… », masquant le travail réel derrière une déclaration de piété et de puissance royale.

Les rois mésopotamiens, comme les pharaons, parlent à la première personne et s’attribuent la gloire des travaux collectifs : le roi Gudea de Lagash (env. 2144–2124 av. J.-C.) a laissé des inscriptions (stèles et cylindres) affirmant qu’il a bâti de nombreux temples, bien que ces travaux aient mobilisé toute la cité. Le célèbre roi Hammurabi de Babylone (XVIIIe siècle av. J.-C.) présente son code de lois comme une œuvre qu’il a « écrite », bien que ce soit le résultat de traditions juridiques antérieures et du travail de scribes.

Les rois assyriens ont pour leur part laissé de longues inscriptions commémoratives (stèles, bas-reliefs, annales) s’attribuant les victoires et la construction de palais, routes ou jardins : Sennachérib (VIIIe s. av. J.-C.) affirme qu’il a reconstruit Ninive en une capitale splendide : « J’ai fait jaillir de l’eau des montagnes… j’ai bâti des palais… » – sans mentionner les milliers de travailleurs impliqués. Les campagnes militaires sont décrites comme des triomphes personnels, avec parfois une amplification manifeste de la réalité.

Les rois hellénistiques, puis les empereurs romains, ont repris cette tradition : Alexandre le Grand a vu ses exploits immortalisés dans des textes à la gloire de son génie, bien qu’il ait été accompagné de stratèges et d’ingénieurs (ex. : siège de Tyr). Les empereurs romains (comme Auguste, dans les Res Gestae) présentent leurs accomplissements (constructions, victoires, réformes) à la première personne, bien que l’appareil administratif et militaire romain ait été gigantesque.

Les empereurs de la Chine ancienne, notamment Qin Shi Huangdi (IIIe siècle av. J.-C.), se sont attribué la création de projets titanesques comme la Grande Muraille de Chine (section initiale) ou le mausolée de Xi’an avec les soldats en terre cuite. Ces projets ont été présentés comme les manifestations de la volonté impériale, bien qu’ils aient coûté la vie à des dizaines de milliers de travailleurs.

La récupération symbolique et idéologique d’un travail collectif par un souverain était la norme dans les civilisations antiques. Ce procédé servait plusieurs buts : affirmer le pouvoir royal comme source de toute réalisation, renforcer le lien entre le roi et le divin, masquer les tensions sociales ou les coûts humains, imposer un récit historique unifié. C’est un phénomène qu’on pourrait appeler aujourd’hui de la propagande monarchique, mais qui était intégré aux conventions littéraires et politiques de l’époque.

3. Le but du culte : La revendication sacrificielle

Le rôle principal de Yahvé, exprimé par l'intermédiaire de Moïse, était de défendre une revendication religieuse qui est le cœur de l'Exode.

L'Objet de la Revendication : Allan Arsmann note que la phrase célèbre « Laisse aller mon peuple » est une simplification moderne. Il rappelle que la phrase complète est : « Relâche mon peuple pour qu’il me rende un culte dans le désert »[46]. Il est clair pour Arsmann que Moïse demande ici la liberté d'organiser une fête religieuse sacrificielle[47].

La Loi des Prémices : L'enjeu central de cette revendication était la Loi des Prémices, qui exigeait que les premiers-nés des bêtes et des fils humains soient offerts à Yahvé. Cette loi est présentée comme la première loi du nouveau peuple, antérieure même aux Dix Commandements[48].

Stratégie Politique et Religieuse : Allan Arsmann suppose que Yahvé savait que le Pharaon (qui avait précédemment interdit ces pratiques) refuserait sa demande sacrificielle. Cette revendication était selon l'auteur une posture politique et un prétexte rituel visant à consommer la scission entre les exilés (Hyksôs et Sémites) et les Égyptiens, renforçant ainsi la nouvelle alliance monothéiste contre la pratique sacrificielle des Cananéens qu'ils allaient bientôt côtoyer. L'intégration finale du culte de Yahvé (qui condamnait l'acte d'Adam/Baal) était la signature de leur engagement à mettre fin aux sacrifices d'enfants.

Syncrétisme Baal/Yahvé

Allan Arsmann soutient que l'identité entre Yahvé (Yhwh) et Baal n'est pas une simple coïncidence ou une influence, mais qu'elle fut, à un moment de l'histoire, une assimilation concrète et un syncrétisme religieux presque total entre les deux cultes, avant qu'ils ne se séparent et deviennent des ennemis jurés.

Pour démontrer ce syncrétisme, Arsmann utilise une méthode historiographique consistant à rassembler un très large faisceau d'éléments convergents dans les textes bibliques et les données archéologiques, insistant sur le fait que de simples coïncidences ne suffiraient pas.

Voici les principaux éléments qu'il mobilise pour prouver ce syncrétisme parfait :

1. La confusion nominale et la preuve des synonymes

Arsmann trouve des preuves directes dans le texte biblique que les noms Yahvé et Baal étaient jadis interchangeables pour certains adeptes de Yahvé. Selon lui, bien qu'il y ait eu un schisme et une guerre farouche entre Yahvé et Baal plus tard (durant la période des rois), l'identité et l'assimilation entre les deux entités est un fait historique préalable qui est clairement affirmé et attesté dans les textes bibliques eux-mêmes par l'interchangeabilité des noms et des symboles.

Le Cas du Roi David : le roi David, fervent adepte de Yahvé, nomme un lieu de victoire Bal-Perazim (Brèches de Baal). Or, le texte biblique précise explicitement que ce lieu fut ainsi nommé à cause des brèches imposées par Yahvé au cœur de l'armée ennemie. Arsmann en conclut que les noms Yahvé et Baal étaient pour David des synonymes et définissaient la même entité à cette époque.

Les Noms Théophores : Les noms de personnes (noms théophores) prouvent cette ancienne association. Le roi Saül, un promoteur du culte de Yahvé, nomma son fils Ishbaal (l'homme de Baal). Une telle nomination serait selon Arsmann totalement absurde si les deux divinités étaient perçues comme des antithèses ou des ennemis jurés, forçant selon l'auteur la conclusion qu'elles ne faisaient qu'un dans leur considération.

Le Refoulement Prophétique : L'interdiction formelle du nom Baal prouve son existence antérieure dans le culte. Le prophète Osée stipule que Yahvé interdit à son peuple de l'appeler « Mon Baal », ce qui implique logiquement que cette association nominale fut jadis très concrète. Le changement du nom d'Ishbaal en Ish-Bosheth (l'homme de la honte) est une retouche à caractère de refoulement visant à éviter l'association dérangeante entre Baal et Yahvé.

2. Le partage des attributs cultuels (Le calque de Baal)

Yahvé, tel qu'il est décrit durant la période de l'Exode, emprunte tous les attributs et symboles qui sont la signature du dieu Baal dans la haute Antiquité[49].

Symbologie de Baal : Le Yahvé de l'Exode arbore absolument tous les symboles anciens du dieu Baal, sans aucune exception.

   ◦ Il se manifeste par le serpent (en lien avec l'Apopi égyptien et la figure maléfique de Seth, équivalent de Baal en Égypte).

   ◦ Il se définit par la lèpre, le second signe donné à Moïse. Or, Baal/Seth était le dieu égyptien de la souffrance et de la maladie.

   ◦ Il est un dieu du feu, de la colère et de la jalousie (la concurrence ).

   ◦ Il ordonne le massacre des premiers-nés, ce qui était la principale exigence du culte de Baal.

Rituels et Fêtes Communes : l'auteur fait remarquer que les deux cultes avaient plusieurs fêtes en commun[50]. De plus, le lieu où l'Arche d'Alliance (l'objet le plus sacré du culte de Yahvé) demeura durablement fut la ville nommée Baala, qui était la ville sainte du dieu Baal[51].

3. Le lien familial mythologique

Dans toutes les mythologies régionales, la relation entre l'entité Yahvé (dans son identité originelle de Ea/Yahou) et Baal est celle de père et fils[52].

Yahvé (Ea/Yahou) est le Père : Dans la mythologie sumérienne, Ea (Yahou) est le père de Dumuzi. Yahvé est affirmé être le Père d'Adam dans la Bible. Or, Adam est l'équivalent historique et rituel de Dumuzi/Baal.

Baal est le Fils : Dans les panthéons cananéens et ougaritiques, Baal était considéré comme le fils symbolique de la divinité suprême El (un nom parfois utilisé pour Yahvé).

Cette filiation père-fils transculturelle indique un lien très intime et une origine commune pour les deux cultes.

4. Le partenariat divin (Ashera/Ishtar)

L'existence d'une déesse associée aux deux divinités prouve selon Allan Arsmann l'assimilation passée.

Association Féminine : Il est archéologiquement attesté que Yahvé fut un moment associé à une déesse féminine, Ashera (Asherah), comme le prouvent les jarres exhumées dans le Sinaï[53].

Ishtar/Ève : Ashera est un avatar de la déesse mésopotamienne Ishtar, qui était le partenaire féminin de Baal. Étant donné que Baal et Yahvé partageaient la même consort (Ishtar/Ashera), cela accrédite l'assimilation des deux cultes en certains lieux.

5. Le contexte de la fusion historique

Le syncrétisme est ancré dans l'histoire de la formation du peuple hébreu durant l'Exode (celui des Hyksôs, environ 1540 av. J.-C.) (voir plus haut, chapitre "Yahvé durant l'Exode"). Les Hyksôs (assimilés aux exilés bibliques) auraient alors, selon Allan Arsmann, formé une alliance pluri-ethnique et religieuse. Ils vénéraient tous des avatars du dieu Baal (Seth ou Apopi en Égypte). Le groupe hébreu, minorité descendant d'Abraham (les "Soixante-dix Sages" évoqués dans l'Exode biblique), qui vénérait Ea (Yahou), fut d'après l'analyse d'Arsmann intégré à cette alliance monothéiste naissante de Baal/Seth juste avant l'Exode[54].

Cette fusion (le syncrétisme du Sinaï) était stratégique : l'intégration du culte de Yahvé (qui, en tant qu'Ea, était opposé au sacrifice d'enfants) servait de signature de l'alliance pour marquer la volonté de mettre fin aux sacrifices humains pratiqués par le culte de Baal, alors qu'ils s'apprêtaient à conquérir Canaan, région où cette pratique était encore courante[55].

Notes et références

Bibliographie

Voir aussi

  1. Allan ARSMANN se propose de résoudre l'identité historique du personnage qui est appelé "Yahvé" dans l'Exode, dans le tome 5 volet 2 de son opus La Bible lue par un Asperger, ch. 51 pp. 385-406 : suite aux conclusions qu'il avait déjà tirées dans le tome 2 de la même série, il pense dans cet ouvrage et aux pages indiquées pouvoir l'identifier comme étant historiquement le pharaon hyksôs Apopi III.
  2. Période du roi Josias (Yoshiyahu יֹאשִׁיָּהוּ en hébreu) qui régna sur le royaume de Juda entre 640 av. J.-C. et 609 av. J.-C. Sa réforme religieuse fut l’un des tournants majeurs de l’histoire religieuse d’Israël/Juda. Elle visait à purifier le culte de YHWH, à centraliser le culte à Jérusalem, et à éliminer les pratiques idolâtres encore présentes dans le royaume de Juda. Mais au-delà de l’action cultuelle, beaucoup de chercheurs considèrent que Josias a aussi initié ou supervisé une réécriture ou correction importante des textes bibliques, en particulier ceux qui formeront plus tard le Deutéronome et la base de la théologie deutéronomiste. Cf. 2 Rois 23:4-5 : « Il fit sortir du Temple tous les objets faits pour Baal, Astarté et toute l’armée du ciel… »
  3. Plus précisément, dans la mythologie cananéenne et ougaritique, Baal est très souvent désigné comme “fils d’El” : exemple dans Le Cycle de Baal (texte KTU 1.1–1.2), où Baal est présenté comme le fils du dieu El, chef du panthéon ougaritique, qui règne sur les dieux ; dans plusieurs hymnes, Baal est appelé « bn ’il », une formule fréquente pour insister sur sa filiation divine et son autorité héritée. Certains noms théophoriques à Ebla contiennent “Ia” (ou “Ia‑/Yah‑”), et il y a eu des hypothèses que “Ia” pourrait être une forme de Ea / Enki, ou du moins influencée par les mythologies mésopotamiennes : Giovanni Pettinato a publié des traductions et interprétations des tablettes d’Ébla, et il a évoqué que des noms théophoriques changeaient — le nom El étant parfois remplacé dans certains noms par Ia — ce qui a alimenté l’idée d’un théonyme Ia (cf. les fouilles d’Ébla et leurs publications dans les années 1970‑1980) ; Alfonso Archi, spécialiste plus récent des textes d’Ébla, a écrit “The God Ḥay(y)a (Ea / Enki) at Ebla” (2010) qui examine la figure d’Ḥay(y)a, identifiée par l’auteur comme étant Ea / Enki, et discute des occurrences et fonctions de ce dieu à Ébla. Ce type de travail rapproche le contexte d’Ebla de divinités mésopotamiennes comme Ea (article dans Opening the Tablet Box, 2010). Mais il faut nuancer et de nombreux chercheurs rejettent “Ia = Ea / Enki” comme étant improbable ou mal fondé sur des lectures erronées : c'est le cas de Karel van der Toorn (Family Religion in Babylonia, Ugarit and Israel, 1996), Michael C. Astour. (Semitic Inscriptions, 1974), Mark S. Smith (The Early History of God, 2002), William W. Hallo (publications sur les relations mésopotamiennes-ougariques, notamment dans Journal of Near Eastern Studies), ou Alfonso Archi, qui formule des critiques plus nuancées (Opening the Tablet Box, 2010).
  4. Cf. la vidéo YouTube intitulée "Les Prémices dans le culte de Yahvé - élucidées par un Asperger" (https://www.youtube.com/watch?v=RReRqcz5oKg&t=67s). (Exode 13:1–2 ; Exode 22:28–29 ; Exode 34:19–20 ; Nombres 3:13 / 8:17 ; Ézéchiel 20:25–26 ; Michée 6:6–7).
  5. Cf. la vidéo de l'auteur : "Les Prémices dans le culte de Yahvé - élucidées par un Asperger" (https://www.youtube.com/results?https://www.youtube.com/watch?v=RReRqcz5oKg&t=67s).
  6. Cf. Allan Arsmann, La Bible lue par un Asperger, vol. 3.
  7. Cf. la vidéo YouTube de l'auteur : "L'identité historique de Yahvé - élucidée par un Asperger" (https://www.youtube.com/watch?v=7xGUzpC3z9M&t=22s).
  8. Exemples : Yônah / Jonas (Jonas 1:1) ; Yô’ash / Joas (2 Rois 12:1) ; Yô’ahaz / Joachaz (2 Rois 13:1) ; Yôram / Joram (2 Rois 8:16) ; Yôseph / Joseph (Genèse 30:24) ; Yô’ashiyahou / Josias (2 Rois 22:1) ; Yôhânân / Jean (2 Rois 25:23) ; Yôyaqîm / Joachim (2 Rois 23:34) ; Yôzabâd / Jozabad (2 Rois 12:21) ; Yônaqâm / Jonathân (1 Sam 14:6) ; Yesha‘yahu / Ésaïe (Ésaïe 1:1) ; Yirmeyahu / Jérémie (Jérémie 1:1) ; Eliyahou / Élie (1 Rois 17:1) ; Ovadyah / Abdias (Abdias 1:1) ; Netanyah / Nathanaël (Jérémie 36:14) ; Azaryah / Azaria (2 Rois 15:1) ; Zekaryah / Zacharie (Zacharie 1:1), Hananyah / Hanania (Jérémie 28:1) ; Mikhayah / Michée (Michée 1:1) ; Yehoyada‘ / Jehoïada (2 Rois 11:4) ; Yehu / Jéhu (1 Rois 19:16) ; Yehoash / Joas (2 Rois 12:1) ; Yehoiakim / Joachim (2 Rois 23:34) ; Yehohanan / Johanan (2 Rois 25:23) ; Yehoiachin / Jéconias (2 Rois 24:6) ; Yehoiada / Jehoïada (2 Chroniques 23:1) ; le prénom Jésus est quant à lui directement apparenté au prénom Josué (en hébreu : Yehoshua / יְהוֹשֻׁעַ), ce qui signifie : « YHWH sauve » ou « YHWH est salut ».
  9. Cf. la vidéo YouTube de l'auteur intitulée "L'identité historique de Yahvé - élucidée par un Asperger" (https://www.youtube.com/watch?v=7xGUzpC3z9M&t=22s).
  10. Jean Bottéro évoque la prononciation du nom du dieu Ea sous la forme « Iaou » ou « Iao » dans son ouvrage Mesopotamia: La naissance de la littérature, éd. Gallimard coll. Bibliothèque des Histoires, 1995. Dans ce livre, il explore les cultures mésopotamiennes et leur littérature, y compris la religion et les noms des dieux. Bottéro mentionne cette forme pour souligner les variations phonétiques des noms divins, en particulier dans les contextes religieux ou mystiques. Il est important de noter que la prononciation du nom d'Ea (ou Enki) a été sujette à des débats entre les spécialistes en raison des transcriptions dans différentes langues anciennes (sumérien, akkadien, etc.), ainsi que de l'influence de certaines formes grecques ou latines.
  11. Cf. la vidéo d'Allan Arsmann "L'identité historique de Yahvé - élucidée par un Asperger" (https://www.youtube.com/watch?v=7xGUzpC3z9M&t=62s). « Ea » est le nom akkadien du dieu sumérien Enki. Enki / Ea est associé à l’eau douce, aux sources souterraines, à l’abîme aquatique (‘abzu’ ou ‘apsû’), à la sagesse, à la fertilité, à la création (Encyclopédie Britannica). « Abzu » (sumérien) / « Apsû » (akkadien) désigne l’eau souterraine, les eaux profondes. Dans le mythe de Dilmun, on voit que Enki « remplit les canaux d’eau », ou « remplit les fossés », ou « il ouvre les canaux pour le flux d’eau » dans le passage où Dilmun souffre d’un manque d’eau. Etymologiquement, les verbes liés à “verser / répandre / irriguer” sont présents autour du radical a (“eau”), qui porte l'idée d'une “action de l’eau”. Cela n’implique pas complètement que le nom divin Ea / Enki dérive d’un “a + verbe jaillir”, mais cela laisse ouverte l’idée qu’une lecture poétique ait pu être faite.
  12. Dans le mythe d'Enki et Ninmah, le dieu est donné comme ayant donné de l'“intelligence / esprit / pensée (?)” selon certaines traductions) aux humains. Cela atteste bien la fonction de sage / de pourvoyeur de savoir / de pensée. Dans l'Hymne des temples, Enki est qualifié de “sage / le sage” et “créateur” dans le contexte poétique du temple, soulignant son autorité, sa connaissance, sa fonction ordonnatrice. Cela montre qu’on lui attribue une dimension d’esprit de gouvernance et de sagesse. Enki n’est donc pas seulement un dieu des eaux ou de la fertilité, mais aussi un dieu qui instille, donne, qui crée ou structure le monde, ou les hommes, avec sagesse et intelligence. Le terme “intelligence / conseil / mot” est employé dans les textes comme une qualité divine, et Enki est celui qui la manifeste ou la distribue. Le mot “esprit” au sens abstrait moderne apparaît rarement ou n’est pas évident dans ces traductions : une interprétation comme “vie” (vie vitale, souffle) est plus implicite ou métaphorique : par exemple, la création de l’humanité, ou la fertilité.
  13. En hébreu, תְּהוֹם (tehom) signifie “abîme, profondeur, eaux profondes, lieux souterrains des eaux, mer primitive / océans profonds”. Genèse 1:2 « La terre était informe et vide : il y avait des ténèbres à la surface de l’abîme (tehom), et l’Esprit de Dieu se mouvait au‑dessus des eaux. » ; Genèse 7:11 « Toutes les sources du grand abîme (tehom) jaillirent, et les écluses des cieux s’ouvrirent. » ; Genèse 8:2 « Les sources de l’abîme (tehom) et les écluses des cieux furent fermées, et la pluie ne tomba plus du ciel. » ; Isaïe 51:10 « N’est‑ce pas toi qui as desséché la mer, les eaux du grand abîme (tehom rabbah) ? Qui as fait traverser à pied sec les profondeurs de la mer pour le racheter ? » Dans plusieurs Psaumes, le mot "tehom" est employé dans des métaphores de profondeur, de chaos aquatique, ou comme image des forces à dominer. (Ex : Psaume 36:6, etc.). Le fragment “Apocryphal Psalms (11Q11)” des Manuscrits de la Mer Morte mentionne tehom comme un lieu “en dessous”, lié aux ténèbres, aux démons, au jugement. Le texte utilise Tehom Rabba et « Sheol inférieur ».
  14. Ésaïe 58:11‑12 « Tu seras comme un jardin arrosé, comme une source dont l’eau ne tarit pas. » ; Genèse 2:6 « Seule une sorte de source jaillissait de la terre et arrosait la surface du sol. » ; Zacharie 13:1 « En ce jour‑là une source jaillira  ; la maison de David et les habitants de Jérusalem y laveront leurs péchés et leurs impuretés. » ; Jean 4:14 « … l’eau que je lui donnerai deviendra en lui une source d’eau jaillissant pour la vie éternelle. ».
  15. Aucun passage de l’Ancien Testament canonique (Genèse, Exode, etc.) n’attribue explicitement à Abraham le rôle d’exorciste dans le sens “chasser un démon / esprit impur” comme dans la tradition judéo‑chrétienne plus tardive. Les récits bibliques montrent Abraham comme prophète, patriarche, mais pas comme guérisseur de type exorciste dans les textes reconnus de la Bible. Pour autant, le Livre des Jubilés (apocryphe juif, environ IIe siècle av. J.-C.) insiste sur la pureté rituelle, la connaissance divine et l’autorité accordée à Abraham, qui est présenté comme un prêtre prophète capable d’exercer un contrôle sur les esprits impurs. En Jubilés 23:14-15, Abraham reçoit la connaissance des esprits et des démons, et il est chargé par Dieu de garder la pureté ainsi que d’exercer une fonction spirituelle élevée, qui inclut la capacité à repousser les influences mauvaises. Plus précisément, Abraham est montré comme ayant autorité pour chasser les esprits mauvais, ce qui rejoint un rôle d’exorciste. De même, dans le Genesis Apocryphon (1Q20 fragment de Qumrân, colonne 20 versets 20‑24‑29 selon les éditions), il y a une histoire où Abraham est appelé à libérer le pharaon qui est affecté par un “esprit de peste”. Abraham prie, intervient auprès de Dieu, et le démon / esprit qui cause la maladie est banni. Ce récit fait de lui un exorciste dans le sens qu’il chasse un esprit maléfique de la personne du pharaon. Cette démonstration est menée par Allan Arsmann dans son livre La Bible lue par un Asperger, tome 1 ch. 9 pp. 260-291, ainsi que dans sa vidéo "L'origine sacerdotale d'Abraham - élucidée par un Asperger" (https://www.youtube.com/watch?v=H0zenAbomn0&t=245s).
  16. Cf. la vidéo de l'auteur "Le coeur du culte biblique originel - élucidé par un Asperger" (https://www.youtube.com/watch?v=5X_xc256cH4&t=36s). Exemples de passages bibliques : Exode 34:14 « Tu ne serviras aucun autre dieu ; car Yahweh, dont le nom est "Le Jaloux", est un Dieu jaloux. » ; Deutéronome 6:15 « car Yahweh ton Dieu qui est au milieu de toi est un Dieu jaloux : sa colère s’enflammera, et il te fera périr hors de la terre. » ; Nahum 1:2‑3 « Yahweh est un Dieu jaloux et vengeur ; Yahweh prend vengeance, il est plein de fureur ; Yahweh se venge de ses adversaires, il garde sa colère pour ses ennemis. » Deutéronome 32:16 « Ils l’ont excité à la jalousie par ce qui n’est pas Dieu ; ils l’ont irrité par des idoles vaines. »
  17. La concurrence intraspécifique est un terme utilisé en écologie pour désigner la compétition entre des individus d'une même espèce pour accéder à des ressources limitées (la nourriture, l’eau, l’espace, les partenaires sexuels, la lumière - chez les plantes -, ou tout autre facteur limitant). Dans les langues de l’Antiquité, les mots traduits par "jalousie" expriment des formes de rivalité passionnée entre semblables, souvent intraspécifiques, mais toujours chargées d’émotion ou de loyauté spirituelle. Ce n’est pas exactement de la “concurrence intraspécifique” au sens écologique, mais on en trouve des équivalents symboliques dans le vocabulaire religieux et relationnel. En Hébreu biblique – קַנָּא (qannā’) / קִנְאָה (qin’ah) racine : ק־נ־א (q-n-ʾ) → signifie ardeur, zèle, passion, mais aussi jalousie, envie, ou rivalité exclusive. Utilisé pour Dieu (El Qanna) = "Dieu jaloux" (Exode 34:14) → Dieu veut l’exclusivité dans la relation, pas de partage. Entre humains : rivalité amoureuse, sociale, spirituelle. Ce mot évoque donc un zèle passionné et exclusif, qui peut inclure une rivalité entre pairs (donc intraspécifique au sens humain), mais qui n’est pas limité à ce cadre. En Grec ancien – Ζῆλος (zèlos) : d’abord positif → émulation, ardeur, zèle, puis aussi jalousie. Ex. : Dieu est zēlōtēs (zélé) dans le NT grec. Peut désigner un désir de surpasser un égal → rivalité intraspécifique au sens humain (entre semblables). – Φθόνος (phthonos) : jalousie négative, envie de ce que l’autre a. Moins noble que zēlos. Utilisé pour des émotions destructrices entre humains. En LatinZelus : emprunté au grec zēlos, désigne le zèle, la passion jalouse. Invidia : envie, ressentiment → a donné “envie” en français. Aemulatio : émulation, compétition entre pairs → plus proche de la concurrence intraspécifique. Ex. : deux citoyens romains cherchant à surpasser l'autre en gloire → rivalité interne à une espèce (les humains).
  18. Dans le mythe sumérien Enki and Ninmah, Enki et la déesse Ninmah font un genre de concours ou défi lors d’un banquet, où Ninmah crée des êtres avec des défauts et handicaps, pour tester la capacité d’Enki à trouver une place dans la société pour chacun d’eux. Enki réussit finalement à attribuer une fonction même aux êtres créés avec des “défauts”. Ce “duel” créatif (Ninmah vs Enki) peut être vu comme une rivalité : Ninmah veut montrer qu’elle peut créer des êtres, Enki répond qu’il peut “tempérer” les défauts ou même tirer parti de ce que d’autres pourraient voir comme des imperfections. Cela forme un véritable test, sorte de compétition d’habileté divine. Dans certaines traditions, il y a rivalité entre Enki et Enlil, par exemple autour d’interprétations du pouvoir, de l’autorité, ou des déluges. Par exemple, Le site Facts and Details propose un article intitulé “Enki, Enlil and Marduk and Rivalry Between Their Cult Centers”, où il est mentionné que Enki empêche parfois les desseins d’Enlil, ce qui provoque la colère d’Enlil. Dans le mythe “Enki et l'ordre du monde” ("Enki et les me"), bien que ce ne soit pas toujours circonstancié comme un “concours”, Enki est souvent celui qui intervient, ajuste, ordonne, parfois en contraste ou en rivalisant indirectement avec d’autres dieux relativement à qui reçoit quelle fonction, quelle cité, etc. Ce qu’on voit dans ces mythes, c’est rivalité ou défi, pas nécessairement “concurrence” au sens écologique ou strictement biologique. Ce sont des récits symboliques, mythiques, où les dieux testent, rivalisent, révèlent leur autorité, ou démontrent leur sagesse/puissance. Enki est plus souvent présenté comme sagace, ingénieux, capable de résoudre des problèmes, d’intervenir pour le bien de l’humanité ou pour arranger le monde, plutôt que comme un dieu simplement agressif ou en conflit permanent. L’idée de “concurrence intraspécifique” (dans le sens d’individus de la même espèce / même rang en lutte pour des ressources) ne se traduit pas directement dans ces récits. Les rivalités sont davantage thématiques, cosmiques, liées à la création, au destin, ou à l’ordre des choses divines plutôt qu’à une lutte pour “nourriture, territoire, survie”.
  19. Cf. la vidéo de l'auteur "Le coeur du culte biblique originel - élucidé par un Asperger" (https://www.youtube.com/watch?v=5X_xc256cH4&t=36s). L'expression « Yahvé des armées » (hébreu : YHWH Ṣəḇāʾôṯ, יְהוָה צְבָאוֹת) est l’un des titres les plus fréquents de Dieu dans l’Ancien Testament, surtout dans les livres prophétiques et historiques. Le terme ṣəḇāʾôṯ (armées) peut désigner : les armées célestes (anges, êtres spirituels), les armées d’Israël, ou plus largement, toutes les forces organisées du cosmos sous le commandement de Dieu. C’est un titre guerrier, mais aussi cosmique et théologique : Dieu est le maître suprême de tous les ordres, terrestres et célestes. Elle est souvent traduite en français par : « l’Éternel des armées » (traduction classique, ex. Louis Segond), « le Seigneur des armées » (ex. TOB), parfois « Yahvé Sabaoth » (translittération partielle), ou encore « le Seigneur tout-puissant » (dans certaines traductions plus modernes). Cette expression évoque la puissance militaire, la souveraineté cosmique et la capacité de Dieu à diriger non seulement les armées humaines, mais aussi les forces célestes. Quelques exemples saillants en 1 Samuel 1:3 ; Psaume 24:10 ; Ésaïe 6:3–5 ; Ésaïe 1:24 ; Jérémie 11:20 ; Zacharie 8:1–2 ; Malachie 1:11.
  20. à sourcer...
  21. J. Klein, “The Assumed Human Origin of Divine Dumuzi: A Reconsideration”, dans Proceedings of the 53rd Rencontre Assyriologique Internationale (2010) : cet article examine les hypothèses selon lesquelles Dumuzi aurait d’abord été perçu comme un personnage humain (roi légendaire) avant d’être divinisé. Ruth Mclennan Kerr, “The Descendent of Dumuzi: a comparative study of Dumuzi and Adonis”, thèse, Victoria University of Wellington, 2003 : étude comparative Mythe/Dieux de Dumuzi et Adonis. Aborde le mythe du “dieu mourant / renaissant”. Allan Arsmann, dans La Bible lue par un Asperger, tome 1 Premier jour : l'Entrée, chapitre 21 "l'Homme", pp. 480-499, démontre la correspondance entre Dumuzi et l'Adam biblique. Il reprend cette démonstration dans sa vidéo Youtube "L'identité d'Adam élucidée par un Asperger" (https://www.youtube.com/watch?v=f93AQ6d5kIA).
  22. à sourcer...
  23. « Dieu des armées » est une épithète classique attribuée à Yahvé dans la Bible hébraïque, souvent traduite par "Yahvé Sabaoth" (יְהוָה צְבָאוֹת), ce qui signifie littéralement « Yahvé des armées » ou « Seigneur des armées ». Quelques exemples : 1 Samuel 17:45 : — David dit au Philistin : « Tu viens contre moi avec une épée, une lance et un javelot, mais moi, je viens contre toi au nom de l’Éternel des armées, le Dieu des troupes d’Israël… » Psaume 24:10 : — Qui est ce Roi de gloire ? L’Éternel des armées, lui est le roi de gloire. Ésaïe 6:5 : — Alors je dis : Malheur à moi ! Je suis perdu ! Car je suis un homme aux lèvres impures, et j’habite au milieu d’un peuple aux lèvres impures, et mes yeux ont vu le Roi, l’Éternel des armées ! Jérémie 51:20 : — Toi, mon serviteur Jacob, toi que j’ai choisi, descendance d’Israël, mon ami ! Moi, l’Éternel, le Dieu des armées, je t’appelle avec justice, et je te prends par la main ; je te garde et je te donne pour alliance du peuple.
  24. Cette loi des prémices est analysée par Allan Arsmann dans son tome 3 de la Bible lue par un Asperger intitulé l'Enfer, aux chapitres 8 à 13.
  25. La pratique des prémices est très ancienne et universelle, souvent rituelle et liée au religieux. Les premières lois codifiées s’intéressent surtout aux relations sociales et économiques, mais peuvent intégrer des règles liées aux offrandes et cultes. La loi des prémices comme texte légal spécifique est bien connue dans la tradition biblique, mais moins explicitement dans les premiers codes mésopotamiens. Le code d’Ur-Nammu (vers 2100-2050 av. J.-C.) est l’un des plus anciens codes de loi connus. Il traite principalement de délits, pénalités et droits civils, mais il mentionne aussi certaines obligations religieuses, comme des sacrifices ou offrandes. En Égypte ancienne, on honorait aussi les dieux avec des offrandes des premières récoltes, souvent lors de fêtes annuelles. Ces rituels faisaient partie intégrante du maintien de l’ordre cosmique (Maât). Ils étaient régulés par la religion et les prêtres, mais pas nécessairement codifiés sous forme légale.
  26. Exode 23:19 : « Tu apporteras à la maison de l’Éternel, ton Dieu, les prémices des premiers fruits de ta terre. » Exode 13:1-2 : "L’Éternel parla à Moïse, et dit : "Consacre-moi tous les premiers-nés. Tout ce qui ouvre le ventre parmi les enfants d’Israël, tant des hommes que des bêtes, m’appartient.""(Traduction Louis Segond 1910) Exode 13:11-15 : (Contexte de la loi sur le premier-né) "Lorsque l’Éternel t’aura fait entrer dans le pays des Cananéens, comme il l’a juré, et qu’il te l’aura donné, tu consacreras à l’Éternel tout premier-né qui ouvrira le ventre ; et tu achèteras avec un sacrifice le premier-né de ton bétail, qu’il soit gros ou maigre. Mais si tu ne l’achètes pas, tu lui couperas la gorge ; tu consacreras à l’Éternel tout premier-né mâle de ton bétail que tu auras. Et quand ton fils te demandera dans le temps à venir : Que signifie ceci ? tu lui répondras : C’est par la main forte que l’Éternel nous a tirés d’Égypte, de la maison de servitude. Lorsque le pharaon aurait voulu nous faire mourir, c’est alors que l’Éternel a frappé tous les premiers-nés dans le pays d’Égypte, depuis le premier-né de l’homme jusqu’au premier-né des bêtes ; c’est pourquoi je te sacrifie à l’Éternel tout mâle qui ouvre le ventre, et je rachète tout premier-né de mes fils." Deutéronome 26:1-11 détaille le rituel des prémices (bikkurim) : "1-Quand tu seras entré dans le pays que l’Éternel, ton Dieu, te donne pour héritage, et que tu en auras pris possession, tu prendras des premiers produits de toute production du sol que tu récolteras dans ce pays que l’Éternel, ton Dieu, te donne, et tu les mettras dans un panier, et tu iras au lieu que l’Éternel, ton Dieu, choisira pour y faire résider son nom. 2-Tu iras vers le sacrificateur qui sera en fonction en ce temps-là, et tu lui diras: Je proclame aujourd’hui à l’Éternel, ton Dieu, que je suis entré dans le pays que l’Éternel a juré à nos pères de nous donner. 3-Le sacrificateur prendra le panier de ta main, et le posera devant l’autel de l’Éternel, ton Dieu.
  27. La plupart des sacrifices dans l’Antiquité incluaient la consommation rituelle d’une part de l’offrande — ce n’était pas juste un acte d’élimination, mais un repas sacré liant la communauté au divin. La part brûlée symbolise la présence divine, la part consommée est un signe de communion. Travaux classiques sur les sacrifices antiques : Walter Burkert, Homo Necans: The Anthropology of Ancient Greek Sacrificial Ritual and Myth (1972) : montre que le sacrifice grec comprend toujours une part offerte aux dieux (par combustion) et une part consommée lors d’un festin. Mary Douglas, Purity and Danger (1966), sur les rituels sacrificiels et la consommation. Jon Levenson, Sacrifice and Scripture (1984). Frank Moore Cross, Canaanite Myth and Hebrew Epic (1973). Jean-Pierre Vernant : « Le sacrifice en Grèce ancienne » (analyse le rôle du sacrifice dans la société grecque comme un acte à la fois religieux, social et politique.Vernant insiste sur la double dimension du sacrifice : une part offerte aux dieux (par combustion) et une part consommée par les humains, soulignant ainsi la fonction de cohésion sociale.) J-P Vernant, « La mort et l’âme dans la pensée grecque » (aborde la symbolique du sacrifice dans la conception grecque de la mort et de l’âme, notamment le sens de la consommation des victimes sacrifiées.) J-P Vernant, « Mythe et société en Grèce ancienne » (dans Mythes et sociétés) : cet essai explore la place des rites sacrificiels dans le contexte social et mythologique, y compris la notion de partage du repas sacrificiel. J-P Vernant, « Religion grecque, mythes, rites » (divers chapitres dans plusieurs ouvrages collectifs).
  28. Il existe des arguments historiques, anthropologiques et textuels suggérant que le rachat des premiers-nés dans la tradition israélite ne s’est pas imposé d’un seul coup, mais progressivement au fil du temps — en remplacement ou en adoucissement de pratiques plus anciennes, potentiellement violentes (comme des formes de dévouement total ou même de sacrifice d’enfants) : dans la Torah, Dieu exige que tout premier-né mâle — humain ou animal — lui soit consacré : Exode 13:2 : « Consacre-moi tout premier-né, tout premier-né parmi les enfants d’Israël, tant des hommes que des animaux : il m’appartient. » Mais ensuite, on trouve une substitution prévue pour les enfants humains : Exode 13:13 : « Tu rachèteras tout premier-né de l’homme parmi tes fils. » Des chercheurs pensent que la Bible conserve des traces d’un passé où le sacrifice d’enfants (notamment les premiers-nés) était pratiqué, au moins dans certains cercles. Per exemple, le sacrifice d’Isaac en Genèse 22 (Abraham prêt à tuer son fils, mais Dieu l'arrête). Les interdictions dans Lévitique et Deutéronome, très insistantes contre le sacrifice d’enfants, peuvent laisser entendre que cette pratique était tentante ou existante. C'est ce que pensent des chercheurs comme Jan Assmann, historien des religions : il évoque dans “La distinction mosaïque” que le monothéisme israélite s’est défini contre les sacrifices humains, ou Jon Levenson, théologien juif, dans The Death and Resurrection of the Beloved Son, qui analyse le sacrifice d’Isaac comme la trace d’une tradition ancienne de sacrifice du fils premier-né. Le rachat du premier-né (appelé Pidyon haBen) est codifié dans Nombres 18:15-16 : « Tout premier-né de l’homme, tu le feras racheter, […] pour la somme de cinq sicles d’argent... ». Ce rituel remplace un sacrifice. Il est considéré comme une codification plus tardive (période post-exilique pour le livre des Nombres, selon de nombreux exégètes). Dans ses travaux sur la religion israélite ancienne, S. Smith (professeur à Princeton) note que « Le rachat des premiers-nés apparaît comme une réforme religieuse visant à supprimer des pratiques de dévouement humain autrefois acceptées. » Tikva Frymer-Kensky note dans ses études sur les sacrifices et le genre que « le passage du sacrifice au rachat marque un tournant éthique et rituel dans la tradition israélite. Ce ne fut pas immédiat, mais progressif, reflet d’une conscience religieuse en mutation. » Baruch Halpern (archéologue et historien) pense que « la présence d’interdictions répétées sur le sacrifice d’enfants montre que cela ne fut pas toujours considéré comme interdit. Le rachat institutionnalisé du premier-né est donc une réponse religieuse et politique à une pratique qui a dû exister. » Voir aussi sur le sujet : Jon D. Levenson, The Death and Resurrection of the Beloved Son ; Mark S. Smith, The Early History of God ; Francesca Stavrakopoulou, Child Sacrifice in Ancient Israel ; Jan Assmann, From Gods to God ; Tikva Frymer-Kensky, Reading the Women of the Bible.
  29. Allan Arsmann, La Bible lue par un Asperger, tome 3 ch 24, pp. 391-399.
  30. Plusieurs passages bibliques dénoncent fermement les sacrifices d'enfants, une pratique associée à des cultes païens voisins comme ceux de Moloch. Dans ces textes, Yahvé condamne ces sacrifices comme une abomination et affirme que ce genre de pratique ne vient pas de Lui : Lévitique 18:21 : « Tu ne livreras aucun de tes enfants pour le faire passer par le feu à Moloch, et tu ne profaneras pas le nom de ton Dieu. Je suis l'Éternel. » ; Lévitique 20:2-5 : « Tu diras aux enfants d'Israël : Si un homme des enfants d'Israël ou des étrangers en Israël livre l'un de ses enfants à Moloch, il sera puni de mort ; le peuple du pays le lapidera. [...] Je tournerai ma face contre cet homme, je le retrancherai du milieu de son peuple, parce qu'il a livré un de ses enfants à Moloch... » ; Deutéronome 12:31 : « Tu n’agiras pas ainsi envers l’Éternel, ton Dieu, car elles faisaient pour leurs dieux toutes les abominations que l’Éternel hait ; elles brûlaient même leurs fils et leurs filles par le feu en l’honneur de leurs dieux. » ; Deutéronome 18:10 : « Qu'on ne trouve chez toi personne qui fasse passer son fils ou sa fille par le feu… » ; Jérémie 7:30-31 : « Car les enfants de Juda ont fait ce qui est mal à mes yeux, dit l’Éternel ; ils ont placé leurs abominations dans la maison sur laquelle mon nom est invoqué, pour la souiller. Ils ont bâti les hauts lieux de Topheth […] pour brûler au feu leurs fils et leurs filles, ce que je n’avais point ordonné, ce qui ne m’est point venu à la pensée. » Jérémie 19:4-6 : « Ils ont rempli ce lieu de sang innocent ; ils ont bâti des hauts lieux à Baal, pour brûler leurs enfants au feu en holocauste à Baal — ce que je n'avais ni ordonné, ni prescrit, et ce qui ne m'était point venu à la pensée. » ; Ézéchiel 16:20-21 : « Tu as pris tes fils et tes filles que tu m'avais enfantés, et tu les leur as sacrifiés pour qu'ils soient dévorés. Était-ce peu pour ta prostitution ? Tu as égorgé mes enfants, et tu les as livrés en les faisant passer par le feu en leur honneur. » ; Psaume 106:37-38 : « Ils sacrifièrent leurs fils et leurs filles aux démons. Ils répandirent le sang innocent, le sang de leurs fils et de leurs filles, qu’ils sacrifièrent aux idoles de Canaan ; et le pays fut profané par des meurtres. »
  31. Matthieu 23:29–36 (cité aussi en Luc 11:47–51) : « Malheur à vous, scribes et pharisiens hypocrites ! Parce que vous bâtissez les tombeaux des prophètes et ornez les sépulcres des justes, et que vous dites : “Si nous avions vécu du temps de nos pères, nous ne nous serions pas joints à eux pour verser le sang des prophètes.” Vous témoignez ainsi contre vous-mêmes que vous êtes les fils de ceux qui ont tué les prophètes. [...] afin que retombe sur vous tout le sang innocent répandu sur la terre, depuis le sang d’Abel le juste jusqu’au sang de Zacharie, fils de Barachie, que vous avez tué entre le temple et l’autel. » ; Luc 11:50-51 : « [...] afin qu’il soit demandé compte à cette génération du sang de tous les prophètes qui a été répandu depuis la fondation du monde, depuis le sang d’Abel jusqu’au sang de Zacharie... » ; Jean 10:8 : « Tous ceux qui sont venus avant moi sont des voleurs et des brigands ; mais les brebis ne les ont point écoutés. » ; Marc 12:38-40 (cité aussi en Luc 20:46-47) : « [...] Méfiez-vous des scribes, qui aiment à se promener en longues robes, à être salués sur les places publiques, à avoir les premiers sièges dans les synagogues et les premières places dans les festins ; ils dévorent les maisons des veuves, et font pour l’apparence de longues prières : ils seront jugés plus sévèrement. » ; Matthieu 17:12-13 : « Mais je vous dis qu'Élie est déjà venu, et ils ne l'ont pas reconnu ; ils l'ont traité comme ils ont voulu. De même, le Fils de l’homme souffrira de leur part. » ; Luc 23:28–29 (Jésus sur le chemin de la croix) : « Filles de Jérusalem, ne pleurez pas sur moi ; mais pleurez sur vous et sur vos enfants. Car voici, des jours viendront où l’on dira : “Heureuses les stériles, heureuses les entrailles qui n’ont point enfanté et les mamelles qui n’ont point allaité !” ».
  32. Allan Arsmann évoque la conquête par le roi David de la région nommée Bal-Perazim (qu'il nomme également Bal des Régimes) dans la vidéo intitulée "L'identité entre Baal et Yahvé - élucidée par un Asperger" (https://www.youtube.com/watch?v=p-EpZ_lhOYk&t=4s).
  33. Baal-Perazim est une localité proche de Jérusalem, où David battit les Philistins ( 2Sa 5:20 , 1Ch 14:11 ).
  34. La femme dans l'épha dans l'ancien testament, Zach., 5, 5-11 : "Puis l’ange chargé de me parler sortit et me dit : Lève les yeux et regarde ce qui vient là. – Qu’est-ce ? lui demandai-je. Il me répondit : C’est un boisseau qui vient. Puis il ajouta : Il représente le péché du peuple dans tout le pays. Soudain, un couvercle de plomb se souleva et une femme apparut, assise à l’intérieur du boisseau. Cette femme, me dit l’ange, c’est la Méchanceté. Et il la repoussa à l’intérieur du boisseau qu’il referma avec le couvercle de plomb. Je regardai et je vis arriver deux femmes. Le vent gonflait leurs ailes semblables aux ailes des cigognes. Elles soulevèrent le boisseau entre ciel et terre. Je demandai à l’ange chargé de me parler : Où emportent-elles le boisseau ? Il me répondit : Elles l’emportent en Babylonie, où elles lui bâtiront un sanctuaire. Lorsqu’il sera prêt, on le fixera là sur son piédestal." (trad. La Bible du Semeur).
  35. Osée 2:16-17 : « En ce jour-là, dit l'Éternel, tu m'appelleras : Mon mari ! Et tu ne m'appelleras plus : Mon maître (Baal) ! J'ôterai de sa bouche les noms des Baals, afin qu'on ne les mentionne plus par leur nom. » Osée 2:16-17 : « En ce jour-là, dit l’Éternel, tu m’appelleras : Mon mari ! Et tu ne m’appelleras plus : Mon maître (Baal) ! » (trad. Louis Segond)
  36. II Rois 10,18-28 ; II Rois 12,4 - 14,4 - 15,4 - 23,4-10. Cité par Allan Arsmann, La Bible lue par un Asperger, tome 3 ch. 2, p. 37.
  37. Allan Arsmann, La Bible lue par un Asperger, tome 3 ch. 14, pp. 182-192.
  38. Cf. A. Arsmann, La Bible lue par un Asperger, t. 2 ch. 12, pp. 295-345.
  39. A SOURCER (identité phonique entre Seth et Baal au niveau hiéroglypjique). Eythan Levy et d’autres, dans A Fresh Look at the Mekal Stele, montrent le concept de “Baal‑Seth” comme catégorie dans les études iconographiques : des dieux nommés Seth mais avec des attributs visuels levantins (c’est‑à‑dire associés à Baal). Niv Allon : “Seth Is Baal: Evidence From the Script”, dans Agypten und Levante, 2007 (Tel Aviv University), soutient que le nom “Baal” dans les textes égyptiens est souvent écrit avec le déterminatif de l’animal Seth (le signe hiéroglyphique de l’animal Seth). Il considère que le syncrétisme entre Baal et Seth était assez poussé, en particulier sous le Nouvel Empire (entre 1550 av. J.-C. et 1069 av. J.-C., à savoir aux XVIIIe, XIXe et XXe dynasties), en raison de fonctions similaires (dieu de la tempête, des étrangers, etc.). Les travaux de Jean‑Yves Te Velde sont cités dans le même article de Niv Allon comme références pour l’idée que Baal fut considéré par les Égyptiens comme une manifestation de Seth, ou en tout cas que Seth prit certaines fonctions de Baal. Véronique Zivie‑Coche est également citée dans le contexte de ces travaux pour l’idée que sur certains monuments les aspects visuels et iconographiques de Baal et de Seth sont combinés, et que dans ces cas, “le nom de Baal peut être écrit avec le déterminatif de Seth”.
  40. Thomas Schneider : étude des dieux asiatiques en Égypte (Syro‑Palestiniens, Baal, Astarté), notamment dans Foreign Egypt: Egyptology and the Concept of Cultural Appropriation. Wolfgang Helck : études anciennes sur l’apparition des dieux étrangers en Égypte, notamment “Zum Auftreten fremder Götter in Ägypten”. (EKB Journals) Keiko Tazawa : travaux plus récents, sur les divinités syro‑palestiniennes dans l’Égypte du Nouvel Empire. (EKB Journals) Niv Allon : article “Seth is Baal: evidence from the Egyptian script” (2007). Analyse de comment le nom “Baal” est représenté dans le script égyptien, et de l’identification scripturale / iconographique entre Seth et Baal. H. Te Velde : cité pour ses travaux sur Seth, notamment Seth, God of Confusion, qui examine le rôle et les associations de Seth, y compris avec des divinités étrangères.
  41. Manfred Bietak : archéologue autrichien, chef des fouilles à Tell el‑Dabʿa, travaux sur Avaris, sur les temples syro-palestiniens, les cultes hybrides, etc. Très centrale dans ce domaine. Vera Müller (et Irene Forstner‑Müller, Joris Peters) ont travaillé avec Bietak sur les fouilles, sur les temples syro-palestiniens du district A/II à Tell el‑Dabʿa, analysant les vestiges rituels, les altars, les poteries, etc. Jan Assmann, spécialiste des religions égyptiennes et de la monolâtrie, a évoqué Apophis (Apopi) et son culte de Seth, et les implications religieuses.
  42. Ces interprétations relèvent plutôt de lectures symboliques ou mythologiques, fondées sur ce que Seth représente dans les mythes (tempête, conflit, chaos, puissance étrangère, etc.), mais non d’une étymologie linguistique avérée. En effet, l'étymologie de Seth est plutôt donnée comme obscure par les dictionnaires standards : Gardiner : il note que dans les formes anciennes le nom s’écrit avec le signe de l'animal de Seth comme déterminatif, mais que les signes phonétiques complets n’apparaissent qu’à partir du Moyen‑Empire / Nouvel Empire. Le mot existe avec des variations (stẖ, swtẖ, stš, etc.). Il ne propose pas de signification étymologique certaine. Te Velde dans Seth, God of Confusion : indique que le nom est ancien, antérieur aux formes complètes phonétiques, et que sa signification originale est obscure. Il propose que de nombreuses significations attribuées sont métaphoriques ou symboliques, pas fondées sur une étymologie linguistique robuste. Dictionnaires linguistiques égyptiens modernes (comme Hannig, ou les lexiques « Wörterbuch der ägyptischen Sprache », etc.) : ils listent les variantes phonétiques, les usages du déterminatif (l’animal Seth), mais ne donnent pas de racine significative clairement documentée pour stẖ. Ils s’accordent pour dire qu’il s’agissait d’un nom propre très ancien, dont le sens originel n’est pas assuré.
  43. Cf. Allan Arsamann, La Bible lue par un Asperger, tome 2 La Sortie.
  44. Allan Arsmann soulève ces aspects humains du personnage de Yahvé dans son tome 2 de La Bible lue par un Asperger, ch. 13 pp. 346-365. Il détermine définitivement son identité humaine et historique dans le tome 5 vol. 2 de la même série, ch. 51 pp. 385-406.
  45. Cf. Allan Arsmann, La Bible lue par un Asperger, ch 16 & 17, pp. 401-444, et la vidéo de sa chaîne Youtube intitulée "La nature humaine du personnage de Yahvé dans le passage de l'Exode - élucidée par un Asperger" (https://www.youtube.com/watch?v=ZtXoe1rwyGg).
  46. Texte hébreu massorétique (Exode 5,1) : Ve’achar ba’u Moshe ve’Aharon vayomru el-Par‘o: Koh amar Adonai Elohei Yisrael – shal-lach et ‘ammi ve-yachogu li ba-midbar. Traduction littérale : « Ainsi parle YHWH, le Dieu d’Israël : Laisse aller mon peuple, qu’ils me célèbrent une fête dans le désert. » שַׁלַּח אֶת־עַמִּי (shallach et ‘ammi) : « Envoie / laisse aller mon peuple ». וְיָחֹגוּ־לִי (veyachogu li) : « Qu’ils célèbrent pour moi une fête ». בַּמִּדְבָּר (ba-midbar) : « dans le désert ». La Septante (LXX) – grec ancien : "Καὶ μετὰ ταῦτα εἰσῆλθον Μωυσῆς καὶ Ααρων πρὸς Φαραω καὶ εἶπαν αὐτῷ· Τάδε λέγει Κύριος ὁ Θεὸς τοῦ Ἰσραήλ· ἀπόστειλον τὸν λαόν μου, ἵνα μοι ἑορτάσωσιν ἐν τῇ ἐρήμῳ." Traduction littérale : « Ainsi parle le Seigneur, le Dieu d’Israël : envoie mon peuple, afin qu’ils me célèbrent une fête dans le désert. » Exode 9:1 ; 9:13 ; 10:3 : la formule est répétée dans le cadre des plaies d'Égypte, à chaque fois que Moïse revient vers Pharaon avec la même exigence divine.
  47. Cf. Allan Arsmann, La Bible lue par un Asperger, vol. 2, ch. 14, p. 375 et ss. ; vidéos Youtube de la chaîne d'Allan Arsmann : "La revendication de Moïse - élucidée par un Asperger" (https://www.youtube.com/watch?v=nB3lMKA3q5w&t=9s), ainsi que "L'identité entre Yahvé et Seth - élucidée par un Asperger" (https://www.youtube.com/watch?v=dNdlBOKd28M&t=4s). Dans cet extrait, il souligne que cette phrase est répétée plus de 10 fois et que l'authentique propos du livre est bien que l'exigence de Moïse est une revendication religieuse demandant que le peuple puisse se rendre dans le désert pour y rendre un culte à Yahvé.
  48. Cf. Allan Arsmann, La Bible lue par un Asperger, vol. 3 ch. 8, 9 et 10, pp. 93 à 130 ; vidéo YouTube "Les prémices dans le culte de Yahvé - élucidés par un Asperger" (https://www.youtube.com/watch?v=RReRqcz5oKg&t=12s).
  49. Allan Arsmann, "L'identité entre Baal et Yahvé - élucidée par un Asperger", vidéo YouTube (https://www.youtube.com/watch?v=p-EpZ_lhOYk&t=299s).
  50. Les cultes de Baal et Yahvé se sont développés dans un contexte commun (Canaan, Syrie, Israël) et présentent donc des fêtes, symboles ou rituels parallèles, voire parfois concurrents ou récupérés. C'est le cas des fêtes suivantes : fête de la moisson / fête de l'orge : Baal, en tant que dieu de la fertilité et de la pluie, était honoré lors de fêtes agricoles liées aux cycles saisonniers, notamment au printemps (vers avril-mai). Ces fêtes célébraient la fin de la saison des pluies et le début des récoltes, et incluaient des offrandes végétales, parfois accompagnées de rites de fertilité. Yahvé : fête des Semaines (Shavouot) ou Fête de la Moisson dans la Bible hébraïque (Exode 23:16 ; Lévitique 23:15-22). Elle a lieu 50 jours après Pessa’h (Pâque) et célèbre aussi la moisson de l’orge puis du blé. Pour les deux cultes, la fête avait lieu à la fin du printemps. Elle concernait les offrandes de prémices agricoles, et exprimait la gratitude du peuple pour les récoltes et reconnaissance du dieu source de fertilité. Cf. Exode 23:16 – « Tu observeras la fête de la moisson, des prémices de ton travail. » fête de la pluie / début de l'année agricole (automne) Baal est le maître des pluies. Les textes d’Ougarit racontent sa mort en été (saison sèche) et son retour en automne (saison des pluies), un cycle mythologique associé au renouveau agricole. Son retour était célébré lors de fêtes d’automne, marquant la reprise de la fertilité des sols. Yahvé est célébré quant à lui à l'occasion de la Fête des Tentes / Soukkot (Lévitique 23:33-43 ; Deutéronome 16:13-15), célébrée à l’automne, à la fin des récoltes. Elle inclut des prières pour la pluie et des rituels liés à l’eau (surtout à l’époque du Second Temple). Ces deux cultes célébraient ces rituels à l'automne par des prières pour l'eau et la fertilité. La fête permettait la célébration du cycle agraire et appel à la bénédiction divine pour l’année à venir. Cf. Zacharie 14:16-17 : les nations qui ne monteront pas à Jérusalem pour célébrer Soukkot « n’auront pas de pluie ». Fête avec sacrifices d’animaux et culte sur les hauteurs : le culte à Baal était souvent pratiqué sur des hauteurs (bamot), avec sacrifices d’animaux et parfois rites extatiques (danse, musique, auto-mutilation comme dans 1 Rois 18). Ces fêtes étaient accompagnées de repas sacrés en l’honneur du dieu. Chez Yahvé le culte fut aussi pratiqué sur les hauteurs (voir 1 Samuel 9:12-14 ; 1 Rois 3:2-4). Des sacrifices furent prescrits dans la Loi de Moïse, lors de fêtes comme Pessa’h, Soukkot, etc. Après la réforme deutéronomique (VIIe siècle av. J.-C.), seul le Temple de Jérusalem fut autorisé pour ces pratiques. Dans les cultes des deux divinités là encore, la pratique religieuse est centrée sur les sacrifices et repas rituels. On note pour les deux l'utilisation des hauts lieux avant centralisation du culte dans un lieu dédié (le Temple). Ces similitudes sont le témoignage d’un substrat religieux commun.
  51. Plusieurs indices et mentions bibliques, ainsi que quelques travaux archéologiques récents, associent Kiryat Yéarim (aussi appelée Kirjath‑Baal, Baala, Kiryat-Baala) à la résidence de l’Arche après certains événements, non sans nuances : selon le premier livre de Samuel 7:1, l’Arche resta à Kiryat‑Yéarim après qu’elle fut restituée par les Philistins. Ce fut un séjour important avant son transfert à Jérusalem. Ce texte biblique place donc Kiryat‑Yéarim / Kirjath‑Baal / Baala comme un des lieux de résidence pour l’Arche. 1 Chroniques 13:6 indique que : « Et David, avec tout Israël, monta à **Baala, à Kirjath Jearim, qui est à Juda, pour faire monter de là l’Arche de Dieu… » — ce verset identifie explicitement Baala (une forme de Baal / Baala) comme l’endroit d’où David fait partir l’Arche. Les travaux archéologiques et des spécialistes modernes nuancent un peu ces données : Israël Finkelstein, Thomas Römer, et d’autres universitaires affiliés à des fouilles à Kiryat Yéarim ont étudié le site pour mieux comprendre sa fonction cultuelle. Ils ne prétendent pas que ce soit le « lieu originel » de l’Arche dès sa fabrication, mais examinent plutôt le rôle de ce site dans la tradition biblique comme lieu de culte important pour l’Arche à une époque donnée. Dans des fouilles récentes (2017‑2019), des murs de soutènement du VIIIᵉ siècle avant J.-C. ont été découverts, suggérant que Kiryat Yéarim était un centre cultuel significatif. Cela peut conforter l’idée que l’Arche y était conservée pendant un temps qui avait une importance religieuse, symbolique et politique pour le royaume de Juda.
  52. Paolo Matthiae et Jean Bottero, Travaux archéologiques et philologiques à Ebla, sur les texts ou noms théonymiques ou de prêtres/ancêtres divins. On trouve chez Ebla des noms comportant “Ia” (ou “Ia‑/Yah‑‑‑”) que certains (comme Bottero) suggèrent être une forme ou un équivalent sémitique de Ea / Enki. Cela ouvre la possibilité d’une influence ou diffusion culturelle vers l’Ouest, mais ce n’est pas la même chose qu’une filiation doctrinale Baal ← Ea.
  53. Ze’ev Meshel, in “Did Yahweh Have a Consort?” (article dans Biblical Archaeology Review, 1978), concernant les fouilles à Kuntillet ‘Ajrud (Sinai / nord-est du Sinaï) ; William G. Dever, in Did God Have a Wife? : Archaeology and Folk Religion in Ancient Israel – (2005), établit une comparaison de multiples sites en Israël / Juda ; Le “cult stand” (support cultuel) découvert à Ta’anakh en Israël du Nord, l'ancien Canaan, est souvent évoqué comme un artefact lié au culte d’Asherah, et est discuté dans les contextes de Yahweh + Asherah.
  54. Exode 3:16 mentionne les anciens d’Israël que Moïse doit rassembler avant l'Exode : « Va, rassemble les anciens d’Israël, et tu leur diras : YHWH, le Dieu de vos pères... m’est apparu. » Ce verset préfigure le groupe plus formel des 70 anciens qu’on voit après la sortie d’Égypte : Exode 24:1  : « Puis il [YHWH] dit à Moïse : Monte vers le Seigneur, toi, Aaron, Nadab et Abihou, et soixante-dix des anciens d’Israël, et vous vous prosternerez à distance. » Exode 24:9-11 : « Moïse monta avec Aaron, Nadab et Abihou, et soixante-dix des anciens d’Israël. Ils virent le Dieu d’Israël... Ils contemplèrent Dieu, ils mangèrent et ils burent. » Ce passage montre un groupe de 70 anciens associés à une vision théophanique au Sinaï. Ce sont donc des figures religieuses majeures, témoins d’un moment clé de la révélation. Nombres 11:16-17 : « Le Seigneur dit à Moïse : Rassemble-moi soixante-dix des anciens d’Israël, des hommes que tu connais comme anciens du peuple et responsables. Amène-les à la tente de la Rencontre... Je prendrai de l’esprit qui est sur toi pour le mettre sur eux. » Nombres 11:25 : « Le Seigneur descendit dans la nuée, parla à Moïse, et prit de l’esprit qui était sur lui pour le mettre sur les soixante-dix anciens. Dès que l’esprit reposa sur eux, ils se mirent à prophétiser... » (Trad. TOB) Allan Arsmann expose le rôle joué par ces Soixante-dix personnages dans La Bible lue par un Asperger vol. 3 ch. 26 pp. 412-431 . Il évoque l'importance de ces Soixante-dix personnes dans sa vidéo "La fusion Baal-Yahvé - élucidée par un Asperger" (https://www.youtube.com/watch?v=peC19snmPa4&t=23s), ainsi que dans "La nature humaine du personnage de Yahvé dans le passage de l'Exode - élucidée par un Asperger" (https://www.youtube.com/watch?v=ZtXoe1rwyGg&t=223s). Dans la première vidéo, Arsmann soutient que le culte des Hébreux (le groupe des descendants d'Abraham, qui ne compte peut-être à ce moment-là que quelques dizaines d'individus) fut maintenu à l'écart de l'alliance religieuse des Hyksos (qui vénéraient Baal/Seth) pendant un siècle. C'est seulement à la toute fin, juste avant l'Exode, que ces "70 anciens et leurs culte vont être approchés par les XOS et intégré à leurs projets". Le personnage divin prend alors contact avec les "70 anciens d'Israël par le biais de Moïse à ce moment-là, mais pas avant". Dans sa seconde vidéo, Arsmann les mentionne comme une exception dans le récit de l'Exode comme faisant référence au dieu Yahvé authentique (le dieu Ea sumérien) plutôt qu'au roi humain appelé "Yahvé" dans l'Exode biblique et s'apparentant selon Arsmann à Baal/Seth ; Il précise que c'est très clair "lorsque les 70 anciens d'Israël viennent demander à Moïse la preuve du concours terrestre de leur Dieu" (Exode 4:29–31 : « Moïse et Aaron allèrent et rassemblèrent tous les anciens des enfants d’Israël. Aaron rapporta toutes les paroles que YHWH avait dites à Moïse, et il fit les signes devant le peuple. Et le peuple crut... »). Selon Arsmann, à ce moment-là, c'est bien de l'authentique Dieu Yahvé/Ea qu'il est question.
  55. Allan Arsmann analyse cette révolution dans La Bible lue par un Asperger, vol. 5 partie 2, ch. 54 & 55, pp. 423-459.