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Apothéose

De Archéopsie

ATTENTION : texte généré à l'aide de l'IA


Selon Allan Arsmann, la nature de la divinité est un concept complexe, historiquement évolutif, découlant de pratiques humaines archaïques (notamment l'anthropophagie) et de l'incarnation de forces naturelles, loin des interprétations monothéistes modernes.

Il décompose la nature de la divinité en plusieurs aspects interconnectés :

1. La Divinité comme Statut Atteignable (Apothéose)

Dans les cultures anciennes, notamment sumériennes (qui ont influencé la Genèse), la divinité n'était pas nécessairement une entité transcendante mais un statut qu'un humain pouvait atteindre, un concept appelé apothéose.

Le Cas d'Adam et Ève : Le texte de la Genèse atteste que l'homme (Adam) et la femme (Ève) sont devenus « comme des dieux ». Cette nouvelle nature divine est explicitement liée à la consommation du fruit défendu.

Rois Divinisés : De nombreuses divinités anciennes, en particulier dans les cultures mésopotamiennes, étaient d'abord des rois humains qui ont ensuite été vénérés comme des dieux de leur vivant ou après leur mort. L'apothéose était le moyen par lequel un homme pouvait quitter le statut de mortel pour approcher le statut divin.

Le Rite : Pour devenir roi et atteindre ce statut divin, ces individus devaient accomplir un rite sacré. Ce rite le plus ancien et le plus important est la Hiérogamie (union sacrée), qui est décrite symboliquement dans les premières pages de la Bible.

2. Le Fondement de la Divinité : L'Anthropophagie

Arsmann affirme que l'origine de cette capacité à devenir « comme un dieu » réside dans la doctrine de l'essentialisme et la pratique de l'anthropophagie.

L'Essentialisme : L'essence de tout individu est considérée comme immuable et indivisible. L'essence peut être acquise pleinement en consommant une partie de l'individu, quel que soit le fragment ou la quantité, car toute partie contient le tout. C'est ce mécanisme qui est à la base de la notion d'âme et d'esprit.

Le Crime d'Adam et Ève : La consommation du fruit défendu par Adam et Ève (l'acte qui les a rendus divins) est en réalité la pédosacrifice anthropophage de leur propre enfant (leur "fruit"). Cet acte maudit a été la définition du mal et du péché dans l'inconscient collectif humain, car il cumulait les tabous du cannibalisme, du meurtre et des enfants.

Divinité et Cannibalisme : Les dieux anciens sont dans leur fondement des anthropophages. La pratique anthropophage était perçue comme un moyen de se transformer psychiquement, d'absorber l'essence et les qualités (comme la jeunesse ou l'immortalité symbolique) de l'être consommé, et de renaître. L'apothéose est donc associée à cette métamorphose psychique.

3. Yahvé et l'Incarnation de la Concurrence

L'entité divine nommée Yahvé (Yhwh) dans l'Ancien Testament est principalement l'incarnation d'une force naturelle fondamentale : la concurrence.

Jalousie et Compétition : Le Dieu biblique se révèle comme l'incarnation de la « grande jalousie du vivant » (la concurrence intraspécifique). L'un des noms mêmes de Yahvé est « Jaloux ».

Domination : Yahvé ordonne à l'homme de « dominer sur tout animal » (y compris implicitement les autres humains) et d'assujettir la terre.

Identités Synchrétiques : Yahvé est historiquement associé et assimilé au dieu cananéen Baal et au dieu égyptien Set. Ce qui relie ces divinités est précisément leur fonction d'exprimer la concurrence. Baal était considéré comme le fils de Yahvé (Ea/Yahoo), un lien père-fils transculturel présent dans leurs mythologies respectives.

Actes Divins : Le culte de Yahvé, en tant que culte de la concurrence, est un Dieu des armées (épithète utilisée 285 fois dans l'Ancien Testament). Il peut provoquer la division des hommes (comme à Babel) pour favoriser la concurrence. Ses actions, souvent perçues comme des miracles (comme le nourrissage dans le désert ou les fléaux), peuvent s'expliquer par les extrêmes de la concurrence (l'anthropophagie).

4. La Divinité Christique : La Renaissance Spirituelle

Le personnage du Christ incarne une forme nouvelle de divinité, agissant comme le « Nouvel Adam » pour corriger les erreurs passées.

Renaissance Indispensable : Le Christ propose une renaissance spirituelle ("naître de nouveau" ou "naître d'eau et d'Esprit") qui est la condition sine qua non pour atteindre le royaume de Dieu.

Transformation Psychique : Cette renaissance ne change pas le corps ("ce qui est né de la chair est chair") mais l'Esprit (l'âme/la conscience), laquelle est dite indépendante du corps.

Correction du Rite : Le Christ a refusé la tentation de l'acte anthropophage de ses ancêtres (le meurtre et la consommation du fruit/fils). Il réalise le même rite de renouvellement (la transformation du père sous le nom et l'essence du fils) mais sans aucun crime ni meurtre, offrant ainsi une « renaissance immaculée » pour remplacer l'ancienne pratique sanglante, la transformant en un partage inoffensif.

L'Eucharistie : La multiplication des pains (la communion eucharistique) est le moyen par lequel l'essence du Christ (qui est l'essence du « Fils de l'homme »/l'enfant universel) est transmise à tous. Du fait de l'essentialisme, toute personne qui consomme un fragment de cette essence l'acquiert pleinement, permettant à l'essence de se multiplier à l'infini.

Comment Allan Arsmann définit-il le concept d'Apothéose ?

Selon Allan Arsmann, l'Apothéose est un concept essentiel pour comprendre la nature de la divinité dans l'Antiquité, en particulier dans le contexte des textes sacrés et des cultures mésopotamiennes.

Arsmann définit l'Apothéose comme suit :

Définition et Caractère du Concept

L'Apothéose définit la possibilité pour un homme d'accéder au statut divin.

Statut Atteignable : Ce concept implique que la divinité n'était pas nécessairement une qualité réservée à des êtres transcendés et inatteignables, mais un statut qu'un humain pouvait acquérir.

Contexte Historique : Il s'agit d'un vieux concept qui était considéré dans un passé polythéiste et était tout à fait banal dans le polythéisme et à Sumer. L'immense majorité des cas d'apothéose connus dans la haute antiquité ne concernent que des rois.

Contradiction Moderne : Ce concept paraît évidemment absurde aux yeux des modernes, car l'Apothéose est une considération religieuse aujourd'hui niée et déconsidérée par les modernes puisqu'elle implique une forme de polythéisme.

Le Mécanisme de l'Apothéose

L'accession au statut divin passait par la réalisation d'un acte ou d'un rituel sacré :

1. Le Rite Fondateur : L'Apothéose est liée à un rituel qui crée de nouveaux dieux. Archéologiquement, le rite de l'Hiérogamie (le mariage sacré, une union concrète et charnelle entre un homme et une femme) est la plus ancienne trace écrite d'apothéose découverte sur terre.

2. L'Initiation : Des figures féminines sacrées, comme la déesse Ishtar (qui correspond au personnage biblique d'Ève), étaient considérées comme l'initiatrice par excellence, celle qui faisait les dieux et les rois, car elle initiait les mortels aux secrets du divin, les rendant comme des dieux.

3. L'Exemple d'Adam : Ce concept est très clairement exprimé au cœur du plus ancien des textes bibliques. Le personnage d'Adam (qui serait l'équivalent du roi sumérien Doumouzi) est bien passé d'un état non divin à un état qualifié d'identique à celui des dieux. Il a atteint ce statut après avoir accompli un acte (la consommation du fruit défendu), qui est un écho symbolique de ce rite de transformation.