Rois
ATTENTION : texte généré avec l'IA
Allan Arsmann explique la naissance ou l'apparition des rois durant l'Antiquité comme étant un phénomène profondément lié à des pratiques rituelles spécifiques, souvent d'origine anthropophagique, qui conféraient un statut divin ou sacré à des individus humains, principalement des chefs ou des figures dominantes. Cette compréhension s'inscrit dans son analyse du "paradigme des anciens anthropophages".
Voici les points clés de son explication :
• Le roi, une figure divinisée : Pour Allan Arsmann, les dieux anciens étaient souvent de simples hommes anthropophages, et les rois étaient considérés comme des dieux ou des incarnations divines. La notion d'apothéose (l'accès d'un homme au statut divin) était courante et appliquée principalement aux rois dans l'Antiquité. Des figures comme Gilgamesh, d'abord un roi humain, est devenu une entité divine.
◦ Le concept de royauté lui-même est né et s'est propagé à partir de Sumer, une culture qui associait une importante connivence entre les natures royales et divines.
• La Hiérogamie, le rite fondateur de la royauté : La Hiérogamie, ou union sacrée, est un rituel éminent et très ancien, le plus ancien des rites de l'histoire selon Arsmann, qui est à l'origine de la royauté.
◦ Ce rite remonte aux Sumériens et est attesté archéologiquement dès les premières grandes cités comme Uruk.
◦ Dans ce rituel, un homme destiné à devenir roi devait s'unir symboliquement à une déesse, souvent incarnée par une prostituée sacrée ou une prêtresse.
◦ L'acte central de la Hiérogamie impliquait la conception et la consommation (cannibalique) de son propre enfant. Cet acte conférait au futur roi un caractère divin et légitimait son statut.
◦ Selon Arsmann, tous les premiers rois de l'histoire, notamment en Mésopotamie, ont très probablement pratiqué ce rite. Gilgamesh lui-même aurait fini par se soumettre à ce rite.
• L'anthropophagie et le concept de "Renouvelé" : Le "gigantisme" ou la "divinité" des rois est une expression de leur pratique anthropophagique. En consommant la chair, en particulier celle des enfants, les anciens cannibales croyaient absorber leurs qualités et ainsi se rajeunir ou acquérir une forme d'immortalité/puissance.
◦ Ce processus de transformation était appelé le "renouvelé" (FFIX dans sa terminologie moderne). Un "renouvelé" pouvait adopter le nom et l'âge de l'enfant consommé, et était perçu comme "neuf" ou "sans passé".
◦ Le roi, en tant que "prédateur dominant" et "sommet de la concurrence", devait "manger les proies qu'il domine", y compris l'homme, pour atteindre ce statut suprême.
◦ Ce lien entre cannibalisme et fonction royale a été refoulé, mais se démontre scientifiquement selon Arsmann.
• Le sacrifice des prémices : Une exigence fondamentale de certains cultes anciens, notamment celui de Baal et de Yahvé (qui, selon Arsmann, ont fusionné à l'époque de l'Exode), était le sacrifice des prémices, c'est-à-dire les premiers-nés, y compris les enfants humains.
◦ Ce sacrifice était considéré comme une offrande suprême, essentielle pour honorer la divinité et assurer la fertilité ou la victoire.
◦ De nombreux rois et figures importantes de l'Ancien Testament sont présentés comme ayant sacrifié leur premier-né, souvent sous le couvert d'accidents ou de rachat, mais Arsmann interprète cela comme une pratique réelle de sacrifice humain.
• Symbolisme et contextes : Le "gigantisme" des rois (par exemple, Ramsès II) n'était pas physique, mais symbolisait leur pouvoir et leur "âge rajeuni" par les pratiques cannibaliques. L'expression "pasteur" appliquée aux rois comme Abraham ou Jacob, signifie "rois d'hommes" et non de simples bergers. Leurs grandes richesses et leurs guerres témoignent de leur statut royal.
En résumé, Allan Arsmann propose une vision de la royauté antique comme une institution née de pratiques rituelles complexes, où l'acquisition du pouvoir et du statut divin était intrinsèquement liée à des actes perçus aujourd'hui comme barbares, tels que l'anthropophagie et le sacrifice des premiers-nés, particulièrement à Sumer, le berceau de la civilisation.