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Dieux

De Archéopsie

ATTENTION : texte généré par l'IA


Allan Arsmann développe une interprétation radicalement différente de la naissance ou de l'apparition des dieux dans l'Antiquité, en s'appuyant sur des analyses anthropologiques, historiques et psychologiques des textes anciens. Pour lui, les dieux anciens, loin d'être des entités purement mythologiques ou spirituelles au sens moderne, étaient souvent des figures humaines, des rois, ou des chefs de groupes dont les actions et les statuts étaient perçus comme divins dans le contexte de l'époque.

Voici les points clés de son explication :

Les dieux sont souvent des hommes déifiés (apothéose) : Arsmann affirme que la notion de divinité dans l'Antiquité n'était pas la même que celle d'aujourd'hui. Les rois, par exemple, étaient très concrètement considérés comme des dieux ou des incarnations divines. Il cite l'exemple de Gilgamesh, un roi humain qui est devenu une entité divine vénérée de son vivant ou après sa mort. Cette déification, appelée apothéose, était une pratique reconnue et documentée.

L'anthropophagie et les rituels comme origine de la divinité : Au cœur de cette déification se trouve souvent la pratique de l'anthropophagie (cannibalisme) et les rituels qui y sont associés. Arsmann soutient que les "géants" et "Titans" des mythes anciens ne désignaient pas des êtres de taille démesurée, mais des anthropophages. Leur "gigantisme" symbolisait leur capacité à se "rajeunir" en consommant la chair, en particulier celle des enfants, et à ainsi acquérir une forme d'immortalité ou de pouvoir. La consommation des chairs permettait, selon la psychologie de l'époque, d'absorber les qualités de l'être mangé, menant à une transformation psychique et sociale.

Le rite de la Hiérogamie et le "Renouvelé" :

   ◦ Un rite central dans la formation des dieux-rois est la Hiérogamie (union sacrée), qui remonte aux Sumériens et est, selon Arsmann, à l'origine de la royauté. Dans ce rituel, le futur roi s'unissait symboliquement à une déesse (souvent incarnée par une prostituée sacrée ou prêtresse) et l'acte central impliquait la conception et la consommation de son propre enfant. C'est cet acte qui lui conférait un statut royal et divin.

   ◦ Ce processus est lié au concept du "renouvelé" (FFIX selon sa terminologie moderne). Un individu qui réalisait ce rite cannibale ancien était censé renaître, absorber l'essence de l'enfant consommé et parfois même adopter le nom et l'âge de l'enfant, le faisant ainsi "rajeunir" ou devenir "neuf". Moïse, Adam, et même Jésus-Christ sont présentés comme des "renouvelés" dans son analyse.

La naissance de l'Homme et de la civilisation : La Genèse, notamment l'épisode d'Adam et Ève, est interprétée non pas comme la création biologique de l'humanité, mais comme la naissance de l'homme civilisé et l'émergence de la conscience et de la civilisation en Mésopotamie, chez les Sumériens. Adam et Ève auraient participé à un rite de hiérogamie, consommant leur propre "fruit" (leur enfant) pour devenir "comme des dieux" (c'est-à-dire acquérir un statut divin ou royal). Ce "péché originel" est en fait l'acte d'anthropophagie qui a, paradoxalement, défini l'humanité en la distinguant de la barbarie ancestrale, mais a aussi engendré la honte et les tabous qui ont conduit au refoulement de ces pratiques.

Les divinités comme expression de la "concurrence naturelle" : Pour Arsmann, les dieux anciens symbolisent également la loi de la concurrence et de la prédation dans le vivant. La hiérarchie du monde vivant, où "les grands mangent les petits", est perçue comme un reflet de la divinité. Yahvé, par exemple, est analysé comme un "dieu de la concurrence", jaloux, guerrier, qui ordonne parfois des massacres, reflétant cette loi naturelle. C'est pourquoi le roi, en tant que "prédateur dominant" au sommet de la hiérarchie sociale, est naturellement l'incarnation de ce divin.

Le rôle du syncrétisme et des changements de nom : Les dieux ont souvent changé de nom ou ont fusionné avec d'autres divinités au cours de l'histoire. Allan Arsmann met en lumière le syncrétisme entre Baal et Yahvé, expliquant que Yahvé a absorbé les attributs de Baal (sacrifice d'enfants, désert, feu, serpent) lors de l'Exode, où ces deux cultes ont fusionné. Seth, le dieu égyptien, est également identifié comme l'équivalent de Baal et partage ses symboles (serpent, lèpre, désert, tempête, feu, iconoclasme).

En somme, Allan Arsmann propose que l'apparition des dieux dans l'Antiquité est une réalité complexe, ancrée dans des pratiques humaines concrètes (telles que le cannibalisme rituel et l'apothéose des rois) et des perceptions de la nature, qui ont ensuite été transmises et transformées par des textes symboliques et des évolutions culturelles et religieuses.