Chamanisme
ATTENTION : texte généré par l'IA
Allan Arsmann aborde le chamanisme en le reliant étroitement à ses travaux sur l'anthropophagie et les mécanismes psychiques des sociétés anciennes. Il interprète les pratiques chamaniques comme des manifestations de principes d'incorporation et d'identification qui, selon lui, étaient courantes chez les anthropophages.
Voici les points clés de son analyse :
• Origine de la communication avec les esprits : Arsmann affirme que les chamans avaient le pouvoir de communiquer avec les esprits des animaux et des morts. Pour y parvenir, ils se mettaient dans des états de transe, souvent induits par l'utilisation de drogues. Cependant, il soutient que la consommation de la viande de l'animal facilitait la communication avec son esprit, et cette règle s'appliquait aussi à la viande humaine.
• Lien avec l'anthropophagie : Selon Arsmann, la consommation de la chair humaine d'un individu était non seulement une aide à communiquer avec son esprit, mais souvent le seul moyen ou le plus efficace et le plus ancien. Il considère que les pratiques chamaniques de communication avec les morts découlent directement de ces consommations de viande humaine, qui sont beaucoup plus anciennes que l'usage des drogues (800 000 ans pour le cannibalisme contre 8 000 ans pour la drogue).
• La drogue comme substitution : Pour Arsmann, l'utilisation de drogues pour provoquer des états de transe et de possession est en fait une substitution plus tardive aux pratiques de consommation de viande humaine ou animale.
• La "magie" des anthropophages : Dans la perspective des anthropophages, la magie n'était pas surnaturelle, mais au contraire totalement naturelle, rationnelle et logique. Les effets "miraculeux" étaient des phénomènes réels et connus, souvent de simples effets psychiques du cannibalisme.
• Identification et possession : Le processus d'identification intense impliqué par la consommation entraînait le consommateur dans un état de dissociation identitaire, où il se sentait être le consommé. Bien que chez les chamans, cet effet soit souvent provisoire et intermittent – car ils cherchaient à se protéger d'une possession durable –, Arsmann suggère que dans des contextes et cultures spécifiques, on recherchait activement cette transformation psychique en favorisant l'identification.
• Le renouvellement et l'identité : Des cas d'hommes se prenant pour la personne mangée et continuant à vivre à sa place sont connus, le consommateur prenant même le nom de la personne consommée ou l'ajoutant à son propre nom. Cela illustre un mécanisme d'incorporation où "manger, c'est devenir".
• Le refoulement du sujet : Arsmann souligne que l'étude de la psychologie des cannibales est entravée par le refoulement collectif de ce sujet tabou, ce qui empêche de comprendre de nombreux textes anciens et leur signification première. Les descriptions initiales de ces comportements étaient souvent perçues comme "sataniques" par les premiers observateurs.