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Isaac

De Archéopsie
Isaac
Détail de Isaac et Jacob - José de Ribera (1634)
Détail de Isaac et Jacob - José de Ribera (1634)
Biographie
Titre Patriarche
Naissance Campement d'Abraham en Canaan (Mamré/Hébron ?)
Décès Mont Moriah (?) ; Guérar ou Beer‑Léa selon les textes bibliques
Ascendants Abraham (père)
Sarah (mère)
Conjointe Rébecca
Descendants Esaü
Jacob
Successeur de Abraham

Isaac est un patriarche biblique et le fils d'Abraham[1]. Selon ses propres recherches, Allan Arsmann, chercheur indépendant qui développe une pensée originale sur les textes anciens, conclut qu'il est sacrifié en holocauste dans le cadre d'un rituel de renouvellement par Abraham à l'age de huit ans[2].

Étymologie

Naissance "miraculeuse"

La naissance d'Isaac, fils d'Abraham et de Sarah, peut être interprétée dans les sources selon une double lecture.

Traditionnellement, sa conception est considérée comme miraculeuse, intervenant alors que ses parents étaient très âgés (Abraham aurait eu plus de cent ans et Sara 90 ans) et qu'Abraham était décrit comme "déjà mort"[3]. Ce récit est comparé au mythe d'Osiris et Isis, qui eurent également un enfant miraculeusement alors qu'Osiris était déjà défunt.

Toutefois, une lecture ré-interprétative des datations bibliques, en considérant les "années" comme des "saisons égyptiennes"[4], suggère qu'Isaac serait né quand Abraham avait environ 33 ans et Sara 30 ans[5]. De plus, Isaac est associé aux "prémices" d'Abraham, impliquant qu'il devait être offert[6], et la littérature apocryphe le lie d'ailleurs aux fêtes des prémices[7]. Cette interprétation alignerait selon Allan Arsmann sa naissance, et son sacrifice ultérieur à l'âge de huit ans[8], avec les thèmes de renouvellement et de sacrifice rituel abordés dans les textes.

Sacrifice

🔎 Article détaillé : Sacrifice d'Isaac

Le sacrifice d'Isaac, tel qu'il est expliqué dans la Bible, a été décrypté par Arsmann comme une exigence formulée par un roi, perçu comme une incarnation de Baal, pour sceller une alliance militaire. Abraham aurait selon l'auteur effectivement procédé à l'immolation de son fils premier-né, une pratique encore courante selon lui à cette époque. À la suite de cet acte, Abraham aurait expérimenté un "effet Phoenix", un renouvellement par lequel il serait devenu Isaac, absorbant l'identité de son fils sacrifié.

Les récits bibliques ultérieurs à ce sacrifice et concernant Isaac se réfèreraient ainsi, selon Arsmann, à cet Abraham "renouvelé", sa propre vie d'actions s'étant arrêtée après le sacrifice. Des indices dans les textes, comme le nom de "Terreur d'Isaac" donné à Yahvé et le fait qu'Abraham revienne seul de la montagne après l'événement, sont interprétés comme des preuves de la réalisation effective du sacrifice[9]. La tradition du bélier substitué est considérée par Allan Arsmann comme une modification ultérieure du texte, probablement par Abraham lui-même[10], visant à substituer l'acceptation spirituelle du sacrifice à sa réalisation physique et marquant une évolution vers la condamnation de ces pratiques.

Mariage d'Isaac

Bénédiction

Démonstration textuelle

Isaac comme Abraham "renouvelé"

Allan Arsmann suggère dans ses écrits et vidéos que l'Isaac adulte fut en fait son père Abraham lui-même, "un renouvelé" selon les hypothèses originales d'Arsmann. Cette idée expliquerait comment Jacob a pu être considéré dans certains textes comme le "fils d'Abraham"[11], alors qu'il est présenté dans la Bible et la plupart des textes sacrés comme celui d'Isaac.

Personnage effacé et passif

Isaac est dépeint dans la Bible comme un patriarche extrêmement discret et effacé, une sorte d'"image grise de son père"[12]. Ses actions sont principalement des répétitions de celles d'Abraham, le montrant comme plus faible et moins autonome[13].

Mariage imposé

Isaac est le seul personnage de la tradition biblique à qui son mariage a été imposé par son père, Abraham, sans qu'il ait son mot à dire[14]. Cette pratique était pourtant nuancée dans la culture mésopotamienne et des premiers temps bibliques[15].

Héritier spirituel roux (Jacob)

Bien qu'Isaac fût le fils biologique d'Abraham, Jacob, qui "était roux" selon l'affirmation d'Arsmann[16], est présenté dans le récit biblique comme l'héritier spirituel direct de la religion d'Abraham. Cet argument relierait selon son hypothèse la caractéristique des cheveux roux à l'héritier spirituel, soulignant potentiellement un contraste avec Isaac[17].

Non-retour d'Isaac après le sacrifice

Dans le récit biblique du sacrifice, après l'épreuve, il est noté qu'"Abraham revint vers ses deux serviteurs"[18]. L'absence de mention du retour d'Isaac avec Abraham est interprétée par Allan Arsmann comme un indice textuel direct prouvant selon lui qu'Isaac n'est jamais revenu de la montagne[19].

"Terreur d'Isaac" comme surnom de Yahvé

Yahvé est surnommé "Terreur d'Isaac" dans la Bible. Les sources soutiennent que ce nom n'aurait pas été approprié si Dieu avait sauvé Isaac, suggérant plutôt qu'il a été sacrifié, car un "Sauveur d'Isaac" aurait été plus logique[20].

Le sacrifice d'Isaac selon Moïse et les Hébreux

Le rite mosaïque des deux boucs, où l'un est exilé et l'autre brûlé en holocauste, est interprété comme symbolisant les deux fils d'Abraham (Ismaël et Isaac). Cela implique que Moïse et les Hébreux de l'époque croyaient qu'Isaac avait été sacrifié par Abraham[21].

Le verbe "épargner" dans les anciennes Bibles

Les versions grecques les plus anciennes de la Bible (comme la Septante) utilisent le verbe "phéidomaï" (épargner) dans le récit du sacrifice d'Isaac[22]. Allan Arsmann voit dans la formule "car tu n'as pas épargné ton fils" les vestiges du texte biblique archaïque, auquel se seraient superposées les modifications et corrections ultérieures dont celle du "bélier" de remplacement, sorte de "deus ex machina" que le roi Josias aurait fait ajouter ultérieurement dans le texte biblique dans le cadre de ses réformes religieuses et pour dissimuler les anciennes pratiques sacrificielles devenues proscrites. Cette phrase indique formellement pour Arsmann que le sacrifice a originellement et historiquement bien eu lieu, ce qu'affirment certains textes[23].

Confusion des actions entre Abraham et Isaac.

Allan Arsmann fait remarquer qu'il existe des textes, apocryphes et textes sacrés juifs, qui attribuent indifféremment les actions d'Abraham à Isaac. Par exemple, Isaac est décrit comme recreusant les puits de son père et leur donnant les mêmes noms, ce qui laisse entendre selon lui une confusion, voire une fusion des personnages[24].

Contexte anthropophage des cultes ayant influencé Abraham.

Les divinités ayant influencé Abraham provenaient de cultes caractérisés par des pratiques anthropophages. Des mythes sumériens décrivent Enki/Ea (associé à Yahvé) mangeant ses enfants[25] et insinuent la nécessité de sacrifices d'enfants, renforçant le cadre anthropophagique du sacrifice d'Isaac.

Confirmation directe du sacrifice d'Abraham.

Allan Arsmann est formel, pour lui les sources affirment explicitement qu'Abraham a bien "sacrifié son fils". Il souligne que cette réalité, bien que tragique, doit être considérée dans toute sa dimension historique, pour honorer la mémoire d'Isaac comme victime réelle et sacrificielle antique, ainsi que celle de la multitude des autres victimes de sacrifices similaires, effectués en nombre dans le cadre des rituels dédiés aux cycles de renouvellement.

Notes et références

  1. Cf. article Wikipedia "Isaac", https://fr.wikipedia.org/wiki/Isaac.
  2. Cf. la vidéo YouTube de l'auteur, L'identité entre Abraham & Isaac - élucidée par un Asperger (https://www.youtube.com/watch?v=i-16yZENcws&t=5s).
  3. Concernant l'âge d'Abraham et de Sarah, voir Genèse 17, 17 : « Abraham tomba sur sa face; il rit, et dit en son cœur: Naîtrait-il un fils à un homme de cent ans ? Et Sara, âgée de quatre-vingt-dix ans, enfanterait-elle ? » Ici, l’âge d’Abraham (100 ans) et celui de Sara (90 ans) sont explicitement donnés au moment de l’annonce de la naissance d’Isaac. Genèse 21, 5 : « Abraham était âgé de cent ans, à la naissance d’Isaac, son fils. » Ce verset confirme que selon les stricts mots du texte biblique, au moment de la naissance d’Isaac, Abraham avait 100 ans. Plus tard, plusieurs auteurs chrétiens reliront cet épisode pour en souligner la foi d’Abraham malgré sa vieillesse : Paul, dans sa lettre aux Romains (4, 19), explique que « sans faiblir dans la foi, il considéra son corps déjà usé — puisqu’il avait près de cent ans — et celui de Sara, déjà atteint par la vieillesse. » Ici, Paul parle du corps "déjà usé" d’Abraham, littéralement dans certaines traductions : « son corps déjà comme mort » (nekromenon, en grec). C’est probablement de ce passage que vient la formule « Abraham était déjà mort » (dans le sens de "biologiquement incapable d’avoir des enfants"). Le même Paul, dans son épître aux Hébreux (11, 11–12) indique que « c’est par la foi que Sara elle-même, bien qu’elle fût stérile et déjà avancée en âge, obtint la possibilité d’être mère, parce qu’elle crut à la fidélité de celui qui avait promis. C’est pourquoi, d’un seul homme déjà marqué par la mort, naquit une descendance nombreuse comme les étoiles du ciel… » L'expression explicite : « d’un seul homme déjà marqué par la mort » est parfois traduite par « presque mort », selon les traductions.
  4. Concernant les "années" décomptées dans la Bible, Allan Arsmann montre dans ses différents travaux qu'il s'agit en fait d'années "nilotiques", à savoir des cycles de 4 mois, liés aux crues du Nil. Cf. La Bible lue par un Asperger, éd. Paradeigma, vol. 1, ch. 15 pp. 379-401, et sa vidéo YouTube La date de l'Exode élucidée par un Asperger (https://www.youtube.com/watch?v=f0yUnCZ2GM4&t=73s). trois autres vidéos de l'auteur évoquent cet aspect des datations bibliques : "L'identité secrète de Moïse - élucidée par un Asperger" (relative à la mort de Josué), "L'identité entre Abraham & Isaac - élucidée par un Asperger" pour l'application aux âges d'Abraham et Isaac, et "Potentiels enjeux ecientiques à venir dans les anciens textes sacrés et le texte de la Genèse" où l'auteur souligne que les années lunaires étaient utilisées pour le début de la Genèse et les années nilotiques pour la période mosaïque. (Portail des vidéos : https://www.youtube.com/@allanarsmann5904/videos).
  5. Genèse 21, 5 : "וְאַבְרָהָם, בֶּן־מֵאָה שָׁנָה, בְּהִוָּלֵד לוֹ אֶת־יִצְחָק בְּנוֹ.", « Abraham était âgé de cent ans, à la naissance d’Isaac, son fils. » (soit 33 ans révolus s'il s'agit de 100 ans nilotiques). Genèse 17, 17 avait précédemment précisé dans le récit, au moment de l'annonce de la conception d'Isaac, que « Abraham tomba sur sa face, il rit, et dit en son cœur : Naîtrait-il un fils à un homme de cent ans ? Et Sara, âgée de quatre-vingt-dix ans, enfanterait-elle ? » texte qui donnerait à Sara l'âge de 30 ans si son âge est compté dans le texte biblique en années nilotiques.
  6. Plusieurs traditions juives et lectures midrashiques ou chrétiennes ultérieures à l'écriture du texte biblique ont établi une correspondance symbolique entre Isaac et les prémices — en particulier à cause de son « offrande » sur le mont Moriah (Genèse 22) et du fait qu’il soit le fils promis né « contre toute attente ». Les "prémices" sont citées en Exode 23,16, Lévitique 23,9–14, Deutéronome 26,1–11, sans jamais mentionner Isaac. Mais dans le judaïsme ancien et rabbinique, plusieurs midrashim relisent l’épisode du « ligotage d’Isaac » (ʿAqedat Yiṣḥaq) comme une offrande représentative ou comme les “premiers fruits” de la foi d’Abraham. C'est le cas du Targum Pseudo-Jonathan, dans lequel il est écrit au sujet de Genèse 22,14 : « … Sur cette montagne, Abraham offrit Isaac son fils, et sur cette montagne les générations offriront leurs prémices. » C'est celui aussi du Midrash Rabbah, en 56:10 au sujet de Genèse et dans lequel Abraham dit : « Que cela te soit compté comme si j’avais offert toutes les générations en prémices devant toi. » Le ʿAqedah est ici compris comme l’offrande des “premiers fruits” de la descendance d’Abraham, Isaac étant le premier-né de la promesse. Le Nouveau Testament de son côté ne relie pas directement Isaac à la fête juive des prémices, mais emploie le langage des “premiers-nés” et des “prémices” à propos de Jésus, en s’inspirant de ces traditions. Dans Hébreux 11,17–19, l'apôtre Paul affirme que « par la foi, Abraham offrit Isaac, le fils unique … il pensait que Dieu pouvait même le ressusciter d’entre les morts. » Isaac est figure de résurrection, thème des prémices de la vie nouvelle. En 1 Corinthiens 15,20, le même Paul déclare : « Mais maintenant, Christ est ressuscité d’entre les morts, prémices de ceux qui sont morts. » Paul relie la résurrection du Christ (qui a lieu le lendemain du sabbat de la Pâque — même jour que la fête des prémices) à la typologie d’Isaac (le fils offert et rendu à la vie). Ainsi, dans la théologie chrétienne, Isaac devient une préfiguration du Christ, et le Christ, les véritables prémices.
  7. Dans Jubilés 22, il est question d'Isaac et Ishmaël qui seraient venus du "puits du Serment" pour célébrer la fête des semaines — c’est-à-dire la fête des prémices de la moisson — chez Abraham, leur père ; dans ce même livre (Jubilés 22.3-4) il est ajouté qu'Isaac offrit un holocauste. De plus, dans Jubilés 35 (qui traite de la fête des prémices en lien avec Abraham) on trouve aussi la mention de la « fête des premiers fruits » dans le contexte du patriarche Abraham.
  8. Le texte biblique lui-même ne donne pas explicitement son âge à ce moment. Dans Genèse Rabbah 56:8, le midrash relie directement la mort de Sarah (Genèse 23, 1) à l’épisode du sacrifice d’Isaac (Genèse 22). Comme Sarah meurt à 127 ans, et qu’elle a 90 ans à la naissance d’Isaac (Genèse 17:17, 21:5), on conclut : 127 – 90 = 37 ans. Donc Isaac aurait 37 ans au moment de l’Akedah. Dans Genèse Rabbah 58:5, il est écrit que « lorsque Sarah apprit la nouvelle [du sacrifice], son âme s’envola et elle mourut. » Cette tradition repose sur l’idée que Sarah meurt en entendant que son fils a (failli ?) être sacrifié, ce qui fait du sacrifice d’Isaac l’événement immédiatement précédent sa mort. Au XIe siècle, Rachi reprend explicitement ce raisonnement dans un commentaire sur sur Genèse 23, 2 : « L’Aqédah eut lieu juste avant la mort de Sarah, car elle mourut en apprenant ce qui s’était passé avec son fils Isaac. » Si l'on applique la théorie d'Allan Arsmann pour l'âge supposé d'Isaac, on obtient pour 37 années nilotiques un sacrifice opéré plutôt à l'âge 12 ans révolus. Flavius Josèphe quant à lui, dans les Antiquités judaïques (I, 13, 2), considère qu'Isaac avait 24 ans : « ἦν δὲ ὁ Ἰσαὰκ τότε ἐτῶν εἴκοσι πέντε », ce qui correspondrait à 8 années si les 24 sont nilotiques.
  9. Dans une vidéo YouTube de l'Académie Royale de Belgique de 2024 rediffusant une conférence de Thomas Römer intitulée Le sacrifice du fils d’Abraham et les sacrifices humains dans le Levant ancien (https://www.youtube.com/watch?v=hYrDjG7SMYY&t=2150s), le chercheur spécialiste de la Bible et membre du Collège de France évoque lui aussi ce point, à savoir le retour solitaire d'Abraham depuis le lieu du sacrifice.
  10. L'hypothèse d'Allan Arsmann est qu'Abraham serait l'auteur de la Genèse (cf. vidéo YouTube L'origine sacerdotale d'Abraham - élucidée par un Asperger, https://www.youtube.com/watch?v=H0zenAbomn0&t=256s).
  11. Dans Jubilés, chapitre 22, Jacob est clairement appelé "fils d'Abraham". Cette appellation peut cependant symboliquement se rapporter, comme cela est formulé ou sous-entendu dans le reste de la tradition biblique, qu'à l'héritage d'Abraham reçu jusqu'à Jacob. Dans Exode 2:24 (et passages ultérieurs), il est écrit : « Dieu se souvint de son alliance avec Abraham, Isaac et Jacob… » Allan Arsmann de son côté va jusqu'à émettre l'idée, sans en avoir la certitude cependant, que les trois personnages puissent n'être qu'une seule et même personne, renouvelée deux fois, voire trois en la personne de Joseph également (cf. La Bible lue par un Asperger, vol. 3 ch. 35, pp. 615-634, et tout particulièrement les pages 632-633). Ces différents renouvellements du même Abraham pourraient éclairer, selon Arsmann, la formulation "Dieu d'Abraham, d'Isaac et de Jacob".
  12. L'analyse d'Isaac et de sa relation post-sacrifice avec Abraham est longuement détaillée dans la vidéo YouTube d'Allan Arsmann intitulée L'identité entre Abraham et ISsaac - élucidée par un Asperger (https://www.youtube.com/watch?v=i-16yZENcws&t=5s). Les conclusions d'Arsmann dans cette vidéo dépeignent Isaac comme une figure étrangement effacée après l'épisode du sacrifice.
  13. Thomas Römer note lui aussi le peu de relief du personnage d'Isaac adulte dans la Bible, dans la vidéo YouTube de l'Académie Royale de Belgique citée plus haut en note et rediffusant une conférence du chercheur intitulée Le sacrifice du fils d’Abraham et les sacrifices humains dans le Levant ancien (https://www.youtube.com/watch?v=hYrDjG7SMYY&t=2150s).
  14. En Genèse 24:1‑4, Abraham envoie son serviteur chercher une épouse pour Isaac parmi sa parenté. En Genèse 24:15‑27, le serviteur rencontre Rébecca au puits et prie pour un signe. En Genèse 24:50‑60, la famille de Rébecca accepte la demande de mariage. En Genèse 24:61‑67, Rébecca part avec le serviteur, rencontre Isaac, et « elle se donna à lui pour épouse » (v.67). En résumé, le mariage d’Isaac avec Rébecca est décrit dans ce chapitre comme étant arrangé par Abraham via son serviteur.
  15. Bien que les mariages arrangés par les pères aient largement existé en Mésopotamie (cf. des tablettes de Mari et d’Ur recelant des contrats matrimoniaux, ou dans le code d'Hammurabi, 1700 av JC), ceux-ci semblent avoir été plus fréquents dans les zones urbaines ou administratives, moins chez les tribus nomades qui valorisaient la négociation entre individus et clans. Certains spécialistes (ex. Yitzhak Avishur, Richard Friedman) notent que les récits patriarcaux bibliques pourraient refléter une fusion de coutumes urbaines et rurales, et que la liberté de la future épouse n’était pas systématiquement exclue. Mais les propos sont ici à nuancer, car si la Bible donne à voir parfois une volonté d'union des futurs époux, qui apparaît surtout dans des gestes ou des choix personnels, cette volonté demeure tout de même toujours sous contrôle familial (cf. Jacob et Rachel, Moïse et Séphora, Ruth et Boaz.)
  16. Ce détail est évoqué par Allan Arsmann dans son volume 2 de La Bible lue par un Asperger, éd. Paradeigma, ch. 4 p. 128.
  17. Dans la Bible pourtant, seule la couleur des cheveux d'Esaü est mentionnée comme étant rousse : « Le premier sortit, tout roux, couvert d’un duvet comme un manteau ; on l’appela Ésaü. » (Genèse 25:25). Pour Jacob, il est simplement signalé que « Après lui sortit son frère, avec ses mains tenant le talon de son frère ; il fut appelé Jacob. » (Genèse 25:26). Cependant, certaines traditions juives et extrabibliques (ex. Midrash Rabbah, Gen. 65:2‑5 ou Pirkei de Rabbi Eliezer, ch. 25-26) le décrivent parfois comme ayant des cheveux et la peau clairs, pour créer un contraste symbolique avec Ésaü, ou pour des raisons de typologie narrative.
  18. Genèse 22:19 : "Abraham retourna vers ses serviteurs ; ils se levèrent et s’en allèrent ensemble à Beer-Schéba. Car Abraham demeurait à Beer-Schéba." (version Louis Segond, 1910).
  19. Cf. Allan Arsmann, La Bible lue par unn Asperger, éd. Paradeigma, vol. 3, ch. 34 pp. 607-608, et la vidéo YouTube de l'auteur, L'identité entre Abraham et Isaac - élucidée par un Asperger (https://www.youtube.com/watch?v=i-16yZENcws&t=5s).
  20. Cf. Allan Arsmann, La Bible lue par un Asperger, éd. Paradeigma, vol. 3, ch. 34 pp. 581-614.
  21. Ibid.
  22. Dans la version grecque de la Genèse (Septante, LXX) au chapitre 22, verset 12, on trouve le verbe φεῖσον/οὐκ ἐφείσω (forme de φεῖδομαι / φεῖσον) qui signifie « épargner ». Voici le texte grec concerné : « Μὴ ἐπιβάλῃς τὴν χεῖρά σου ἐπὶ τὸ παιδάριον, μηδὲ ποιήσῃς αὐτῷ μηδέν· νῦν γὰρ ἔγνων ὅτι φοβῇ τὸν θεὸν σύ, καὶ οὐκ ἐφείσω τοῦ υἱοῦ σου τοῦ ἀγαπητοῦ δι’ ἐμέ. » (Genèse 22:12 LXX). Le texte hébreu (Massorétique, MT) écrit de son côté : וַיֹּאמֶר, לֹא תִגְלֶה יָדְךָ אֶל־הַנַּעַר וְלֹא תַעֲשֵׂה בוֹ מְאוּמָה; עַתָּה יָדַעְתִּי כִּי יְרֵא אֱלֹהִים אַתָּה, וְלֹא חָשַׁכְתָּ אֶת־בִּנְךָ אֶת־יְחִידְךָ מִמֶּנִּי׃ (Genèse 22:12 MT), où לֹא חָשַׁכְתָּ (lo chashakhta) signifie « tu n’as pas retenu / tu n’as pas épargné » Le terme hébreu semble donc correspondre au grec "οὐκ ἐφείσω" dans la Septante. La nuance grecque accentue l’idée de ne pas ménager / ne pas laisser mourir, proche du sens hébreu. C’est l’un des rares passages de la LXX où φεῖδομαι apparaît dans un contexte de sacrifice humain interrompu. En français littéral, cela donnerait : "Il dit (וַיֹּאמֶר/Εἶπεν) Ne tends pas ta main (לֹא תִגְלֶה יָדְךָ)/ n’élève pas ta main (Μὴ ἐπιβάλῃς τὴν χεῖρά σου) contre le garçon (אֶל־הַנַּעַר)/ contre l’enfant (ἐπὶ τὸ παιδάριον) et ne lui fais rien (וְלֹא תַעֲשֵׂה בוֹ מְאוּמָה)/ et ne lui fais pas autre chose (μηδὲ ποιήσῃς αὐτῷ μηδέν), maintenant (עַתָּה / νῦν) je sais (יָדַעְתִּי) / j’ai reconnu (ἔγνων) que tu crains Dieu (כִּי יְרֵא אֱלֹהִים אַתָּה) / que tu es craignant Dieu (ὅτι φοβῇ τὸν θεὸν σύ) et tu n’as pas épargné ton fils (וְלֹא חָשַׁכְתָּ אֶת־בִּנְךָ / καὶ οὐκ ἐφείσω τοῦ υἱοῦ σου), ton unique (אֶת־יְחִידְךָ) / ton bien-aimé (τοῦ ἀγαπητοῦ)."
  23. Certaines traditions rabbiniques tardives évoquent qu’Isaac aurait été « comme » sacrifié, voire qu’il serait mort et ressuscité : par exemple le midrash intitulé Les cendres d’Isaac mentionne que, bien qu’Isaac ne soit pas mort selon le texte, « l’Écriture l’entend comme s’il était mort ». Des chercheurs comme Jon D. Levenson soutiennent l'hypothèse selon laquelle la tradition juive ancienne envisageait la possibilité qu’Isaac fût réellement offert comme sacrifice, sans certitude historique cependant. Le bibliste, exégète et philologue Thomas Römer laisse également planer le doute dans sa conférence à l'Académie Royale de Belgique de 2024 (https://www.youtube.com/watch?v=hYrDjG7SMYY).
  24. Etrangement en effet, dans Genèse 26 :18 il est mentionné qu' « Isaac creusa de nouveau les puits d’eau que les serviteurs de son père Abraham avaient creusés aux jours d’Abraham son père, que les Philistins avaient bouchés après la mort d’Abraham ; et il appela les noms de ces puits selon les noms que son père leur avait donnés. » Ici, l’action est explicitement identifiée : Isaac « refait » les puits qu’Abraham avait creusés. Le Livre des Jubilés (chapitre 21:19-22) dans ses versions éthiopienne/latine mentionne les mêmes faits. Les commentaires rabbiniques modernes (ex. dans les ressources de Chabad) parlent de l’acte d’Isaac comme de « refaire » ou « suivre » les traces de son père Abraham, non seulement sur les puits mais dans la trajectoire spirituelle : « Tout ce qu’Abraham a fait, Isaac le fait aussi ».
  25. Dans le mythe sumérien Enki et Ninhursag mettant en scène deux grandes divinités - Enki maître de la sagesse, le "porteur d'eau", et sa parèdre Ninhursag appelée aussi Ninmah -, Enki consomme huit plantes (issues de son sperme) que Ninhursag a plantées. Il est ensuite maudit et huit de ses organes sont touchés par la maladie. Mais toutes les tablettes évoquant ce mythe sont fragmentaires, et même si le mythe d'Enki et Ninhursag existe en plusieurs versions (Nippur, Ur), toutes comportent des lacunes.

Bibliographie

- Allan Arsmann, La Bible lue par un Asperger, tomes 1 à 6, éd. Paradeigma.

Voir aussi

- Allan Arsmann, vidéos de la chaîne YouTube La Bible lue par un Asperger : https://www.youtube.com/@allanarsmann5904/videos

- Paradeigma, site de l'auteur : https://paradeigma.be/

- Paradeigma, forum des abonnés : https://paradeigma.be/forum/

- Page Patreon de l'auteur : https://www.patreon.com/c/AllanArsmann02/posts