Titans
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Allan Arsmann interprète les Titans comme un type de géants dans les mythologies anciennes. Il soutient que le concept de "géant" dans ces textes n'est pas une question de taille physique démesurée, mais plutôt une caractéristique symbolique et culturelle liée à la pratique de l'anthropophagie.
Voici les détails clés qu'il avance à leur sujet :
• Identité et Origine :
◦ Les Titans sont présentés comme des figures mythologiques ayant régné sur Terre avant l'âge des hommes.
◦ Allan Arsmann les décrit comme les "parents directs" des dieux et des hommes.
◦ Chronos, père de Zeus, est cité comme le plus célèbre des Titans occidentaux, un exemple de ces géants.
• Nature du "Gigantisme" :
◦ Le gigantisme des Titans, comme celui de tous les géants et ogres des mythes, ne se réfère pas à une taille corporelle réelle. Arsmann affirme que l'archéologie n'a jamais découvert de traces d'une race humaine de taille aussi démesurée que celles décrites pour ces créatures. De plus, le gigantisme moderne est souvent lié à des anomalies génétiques et n'est pas héréditaire, contrairement à la nature des géants mythologiques.
◦ Ce "gigantisme" est plutôt une caractéristique symbolique et culturelle liée à une pratique spécifique.
◦ Il s'agit d'un "trait transmissible héréditairement".
◦ La perception de "géant" chez ces êtres venait du fait que les anthropophages qui pratiquaient le "rite de renouvellement" se disaient avoir un âge très jeune (quelques années à peine) alors qu'ils étaient des adultes. Leurs interlocuteurs les imaginaient alors comme des "enfants géants" et leurs propres parents comme étant de taille beaucoup plus grande encore, créant ainsi l'idée d'une "race de géants".
◦ Le gigantisme représente la capacité prédatrice et la puissance, l'idée que "les grands mangent les petits".
◦ La possibilité de "refuser le gigantisme" signifie la capacité d'abandonner cette pratique culturelle de l'anthropophagie.
• Lien avec l'Anthropophagie :
◦ Les Titans, comme tous les géants mentionnés dans les textes anciens (ogres, Rakchassa, etc.), sont systématiquement associés à l'anthropophagie.
◦ Cette pratique est même qualifiée de "vampirisme originel" par les descendants de Chronos dans l'analyse d'Arsmann.
◦ Allan Arsmann affirme que les géants (et donc les Titans) sont collectivement nos "ancêtres anthropophages".
• Rapports avec les Dieux :
◦ Les dieux sont décrits comme étant plus petits que les Titans dont ils proviennent.
◦ Ils sont les "plus proches descendants" des anthropophages. Cela implique que la culture des dieux, bien que distincte, a ses racines dans cette même culture anthropophage des Titans.
Selon Allan Arsmann, l'épisode des Titans (et plus largement des géants ou des ogres) dans les textes anciens de l'Antiquité ne doit pas être interprété comme la description de créatures de taille physique démesurée. Il s'agit plutôt d'une spécificité culturelle et symbolique qui désigne une pratique bien réelle : l'anthropophagie.
Voici comment Allan Arsmann analyse cet épisode :
• Une appellation symbolique de l'anthropophagie : Pour Arsmann, le terme "géant" ou "Titan" n'indique pas une grande taille physique, mais plutôt une pratique alimentaire spécifique : le cannibalisme. Il affirme que les archéologues n'ont jamais trouvé la moindre trace d'ossements humains de taille gigantesque, malgré des siècles de fouilles. Des rois égyptiens comme Ramsès II, décrits comme des géants dans les textes anciens, avaient en réalité une taille ordinaire. L'emploi du mot "géant" était une manière pour les anciens de signifier une puissance ou une capacité d'action extraordinaire, souvent liée à la prédation ("les grands mangent les petits").
• Le lien avec le rajeunissement et la divinité : Le "gigantisme" des Titans et autres figures anciennes s'explique par la croyance des cannibales en un rajeunissement acquis par la consommation de chair, notamment celle des enfants. Les anciens cannibales pensaient absorber les qualités de ce qu'ils mangeaient, et en consommant des jeunes, ils croyaient devenir plus jeunes eux-mêmes. C'est pourquoi ces personnages étaient considérés comme "géants par rapport à leurs âges prétendus". Arsmann va même plus loin en affirmant que les dieux anciens étaient souvent de simples hommes anthropophages.
• Le rite du "renouvelé" et la hiérogamie : Le "gigantisme" est aussi lié à un acte rituel appelé "renouvellement" (renouvelé), où l'individu qui avait consommé un enfant pouvait symboliquement renaître et même adopter le nom et l'âge de l'enfant consommé. Cette pratique était un moyen d'atteindre un statut sacré ou royal. Arsmann relie également cette pratique au rite sumérien de la Hiérogamie, où le roi se mariait symboliquement avec une déesse incarnée par une prostituée sacrée, et dont l'acte central était la consommation cannibalique de son propre enfant. Adam et Ève, dans la Genèse, sont décrits comme ayant participé à un tel rite, devenant ainsi "comme des dieux".
• Un héritage culturel refoulé : Allan Arsmann insiste sur le fait que cette interprétation est souvent rejetée ou ignorée en raison des tabous sociaux et de la "diabolisation" de l'anthropophagie dans les sociétés modernes. Il considère que le refoulement de cette réalité historique empêche une compréhension juste et rationnelle de nombreux textes anciens. Pour lui, l'histoire et les textes sacrés révèlent des réalités complexes qui doivent être comprises dans leur contexte ancien, et non pas jugées selon les valeurs et tabous modernes.