Paradis
ATTENTION : texte généré à partir de l'IA
Pour Allan Arsmann, le concept de Paradis durant l'Antiquité, tel que le Jardin d'Éden, n'est pas un lieu d'une pureté idyllique au sens moderne, mais plutôt un espace symbolique et rituel fondamentalement lié au rite de la Hiérogamie (mariage sacré) et aux origines de la royauté et de la civilisation.
Voici son explication :
• Nature et signification du Paradis :
◦ Le Paradis, ou Jardin d'Éden, est un lieu qui symbolise un moment fondateur pour l'humanité civilisée, et non pour l'homme biologique. Il s'agit du lieu où l'"homme cultivateur" (par opposition à l'homme non cultivé) a été formé et éduqué pour propager la culture et les techniques apprises.
◦ C'est dans ce "jardin" que le couple originel, Adam et Ève, a effectué un acte crucial lié à l'obtention d'un statut divin, les faisant devenir "comme des dieux".
◦ Cependant, cet acte est également la source du "péché originel", que Arsmann interprète comme des pulsions anthropophagiques et pédoanthropophagiques (consommation de chair humaine, y compris d'enfants), qui ont laissé un héritage sombre dans la psyché humaine.
• Localisation et lieux dédiés :
◦ Géographiquement, le Jardin d'Éden est situé en Mésopotamie, non loin des fleuves Tigre et Euphrate. Il est étroitement associé à des villes sumériennes comme Ur (d'où Abraham est originaire) et Uruk, des lieux considérés comme le berceau de l'histoire et de la civilisation.
◦ Rituellement, ce "jardin" n'était pas un lieu sauvage, mais un espace sacré souvent intégré au cœur d'un temple, notamment une ziggourat. Ces ziggourats pouvaient être pourvues de jardins, rappelant les jardins suspendus de Babylone. L'"arbre sacré" et le "serpent" y étaient également présents.
• Rôle et rituels qui s'y déroulaient :
◦ Le rôle principal du Paradis était de servir de cadre au rite de la Hiérogamie (mariage sacré), le plus ancien des rituels sumériens, essentiel pour conférer un statut royal et divin aux futurs rois.
◦ Ce rite impliquait :
▪ L'union d'un homme (souvent désigné comme l'époux ou le bien-aimé, incarné par des figures comme Doumouzi ou Adam) avec la déesse Ishtar (ou son incarnation terrestre, une prostituée sacrée/prêtresse).
▪ Une "descente" symbolique ou rituelle dans le jardin, qui était perçue comme un lieu de tourments, de malédiction et de "mort", très similaire à la description des Enfers.
▪ La consommation d'un "aliment interdit" ou "nourriture maudite des Enfers", souvent un "fruit" ou une "plante" symbolisant son propre enfant. Cet acte de consommation, dans un contexte anthropophagique, était considéré comme le moyen d'acquérir une nature divine et l'immortalité.
▪ Le rituel pouvait inclure de la violence réelle exercée par des exorcistes incarnant des démons.
▪ Après cette "mort symbolique" et la consommation, le futur roi était "ressuscité" et reconnu comme un "nouveau dieu", ce qui se célébrait par un banquet final au cours duquel il était autorisé à consommer les nourritures sacrificielles réservées aux dieux dans les temples.
◦ L'acte d'Adam et Ève dans le Jardin, bien que leur conférant la divinité, fut aussi la "faute" originelle liée aux pratiques cannibaliques, entraînant la "douleur" et le "sacrifice" des enfants.
◦ Allan Arsmann souligne que des figures bibliques comme le Christ, en tant que "Nouvel Adam", refuseront plus tard cette pratique ancienne, marquant une rupture avec ce passé.
En somme, le Paradis est, pour Allan Arsmann, le théâtre d'un rituel fondamental et archaïque qui a façonné la royauté et la divinité dans l'Antiquité sumérienne, mais qui est également à l'origine de concepts comme le "péché originel" et les tabous liés à l'anthropophagie.
Pour Allan Arsmann, le Paradis (ou Jardin d'Éden) et l'Enfer n'étaient pas des lieux distincts et opposés au sens moderne, mais intimement liés, voire, dans un contexte rituel et symbolique, le même lieu ou des facettes du même espace.
Voici les éléments qui soutiennent cette vision :
• Le Jardin d'Éden comme lieu de descente aux Enfers : Selon Arsmann, le Jardin d'Éden n'est pas un lieu idyllique de pureté, mais un espace rituel et symbolique où se déroulait le rite de la Hiérogamie (mariage sacré). Ce rite, fondamental pour l'acquisition du statut royal et divin, impliquait une "descente" symbolique ou rituelle dans le jardin. Ce jardin, bien que souvent intégré à un temple ou une ziggourat, était perçu comme un lieu de tourments, de malédiction et de "mort", très similaire à la description des Enfers [Paradis réponse, Eden réponse, 323].
• La "nourriture maudite des Enfers" : L'acte d'Adam et Ève de consommer le "fruit défendu" dans l'Éden est interprété par Arsmann comme la consommation d'un "aliment interdit" ou "nourriture maudite des Enfers" [Paradis réponse, Eden réponse]. Dans la mythologie sumérienne, il était formellement interdit de manger ou boire aux enfers, et quiconque le faisait était maudit et assimilé à la mort. Cette consommation était perçue comme un moyen d'acquérir une nature divine et l'immortalité, mais aussi comme la source du "péché originel" [Paradis réponse, Eden réponse].
• Le Kur sumérien comme Enfer : Arsmann identifie le "Kur" sumérien comme le "monde d'en bas", une sorte d'enfer que les Sumériens imaginaient juste sous la surface du sol. L'eau des inondations, par exemple, était considérée comme montant de ce Kur et de l'Absou (un abîme).
• Le périple d'Ishtar et Doumouzi : Le rituel de la Hiérogamie s'appuyait sur le mythe de Doumouzi (assimilé à Adam) et Ishtar (Ève). Ce mythe inclut une descente d'Ishtar aux enfers (le Kur) où elle commet la faute de manger, devenant maudite et obligée d'y demeurer. Doumouzi, en tant que substitut d'Ishtar, est également emmené dans ce lieu de tourments et de "mort". L'histoire de Doumouzi parle d'une "descente aux enfers" et d'un "retour parmi les vivants", soulignant le caractère infernal de l'expérience.
• Vêtements et nudité : Le rituel de la Hiérogamie et les récits de descente aux enfers partagent le motif de la nudité. Il fallait se mettre à nu pour entrer aux enfers, et les personnages récupéraient leurs vêtements une fois sortis de cette "descente" ou de l'épisode du "jardin".
• Conséquences similaires : Dans la Bible comme dans le rituel de la Hiérogamie, la consommation de l'aliment interdit entraîne une malédiction assimilée à la mort. Cette malédiction affecte d'abord la femme, puis l'homme, et est perçue comme ayant des conséquences universelles sur le sol, les plantes et la fécondité.
En somme, pour Allan Arsmann, l'Éden n'était pas un lieu de "Paradis" au sens de béatitude éternelle, mais un site rituel intense et sombre, intrinsèquement lié au concept d'Enfer ou de monde souterrain, où des actes de "mort" symbolique et de consommation rituelle devaient être accomplis pour atteindre un statut divin ou royal [Paradis réponse, Eden réponse].
Selon Allan Arsmann, le concept de «Paradis» tel qu'il est souvent compris dans les traditions religieuses, c'est-à-dire un lieu céleste idéal ou un état de béatitude post-mortem purement spirituel et déconnecté des réalités terrestres, n'est pas directement abordé dans les extraits fournis.
Cependant, il offre une réinterprétation profonde des concepts connexes, notamment le Jardin d'Éden et le Royaume de Dieu, les ancrant fermement dans des réalités historiques, psychologiques et biologiques.
Voici comment Allan Arsmann aborderait probablement l'idée du paradis à travers ses analyses :
• Le Jardin d'Éden : Un lieu terrestre et l'origine de la civilisation
◦ Allan Arsmann insiste sur le fait que le Jardin d'Éden n'était pas un lieu magique ou introuvable, mais une localisation géographique précise en Mésopotamie, près du Tigre et de l'Euphrate, et de villes sumériennes et babyloniennes comme Assur, Ur et Babylone. Il le décrit comme un «enclos» plutôt qu'un "jardin" au sens moderne.
◦ Pour Arsmann, la Genèse, et par extension l'Éden, ne relate pas la création biologique de l'homme, des plantes et des animaux, mais la naissance de la civilisation : la maîtrise humaine de l'agriculture (les "verdures des champs", les "arbres beaux à voir et bons à manger"), l'élevage (les "enclos"), et d'autres techniques comme la couture. L'Éden est donc le lieu symbolique de l'émergence de la civilisation, et non un paradis d'innocence primordiale.
◦ L'acte d'Adam et Ève n'est pas une simple désobéissance à Dieu, mais un acte lié à l'anthropophagie, perçu à l'époque comme un chemin vers la divinité. Cet acte a conduit à une "chute" (la "descente"), non pas d'un paradis perdu au sens d'une perfection originelle, mais une plongée dans des pratiques sombres refoulées par la suite par la civilisation émergente.
• Le Royaume de Dieu : Une renaissance psychique et une évolution de la conscience
◦ Le concept de "Royaume de Dieu" ou de "vie éternelle" est central dans l'analyse de la "renaissance christique". Allan Arsmann soutient que Jésus-Christ propose une "seconde naissance", une "renaissance spirituelle" ou "psychique", qui est "totalement indispensable" pour atteindre le Royaume de Dieu.
◦ Cette renaissance n'est pas une "magie" ou une appartenance dogmatique, mais un processus complexe et difficile de compréhension de soi et de l'héritage humain, y compris ses pulsions primitives (comme l'anthropophagie). L'objectif est de "conscientiser" ces pulsions pour "y apporter remède".
◦ Le Christ est le "nouvel Adam", celui qui, à l'inverse de l'ancien, refuse la "tentation" de l'anthropophagie et du pouvoir qui y était associé. Son "salut" ou sa "rédemption" réside dans cette capacité à briser les tabous en les comprenant, sans les reproduire de manière destructive. Il propose une "vie éternelle" en consommant un "fruit offert" (sa chair/sang symbolique) "sans aucun crime", remplaçant l'acte originel d'anthropophagie par une "nouvelle naissance immaculée".
◦ Le "paradise" selon Arsmann serait donc moins un lieu qu'un état de "guérison" ou de "libération psychique" collective résultant de la confrontation et du pardon des "parts sombres du passé biblique", permettant une "évolution". C'est une démarche où l'homme se "transcende", devenant "comme des dieux" par la compréhension et non par le crime.
En conclusion, Allan Arsmann déconstruit la notion traditionnelle de paradis pour la réancrer dans une vision matérielle, historique et psychologique de l'humanité. Le "Paradis" ne serait pas un lieu lointain, mais un état de conscience et d'évolution humaine, où les hommes, ayant affronté et compris leur passé, atteignent une forme de salut et de liberté psychique.