Correspondance historique : Les rêves du Pharaon dans la Bible
(Texte généré par ia pour servir de départ)
Allan Arsmann interprète les fameux rêves du pharaon dans l'épisode biblique de Joseph à travers une lentille historiographique et psychologique, visant à en révéler un sens rationnel, factuel et historiquement ancré, bien loin des interprétations traditionnelles qu'il juge simplistes et anachroniques.
Rappel des rêves du pharaon :[modifier | modifier le wikicode]
Le contenu des rêves : Le pharaon rêve de sept vaches grasses et sept vaches maigres qui émergent du Nil, les vaches maigres dévorant les grasses. Il rêve ensuite de sept épis de blé pleins et dorés, suivis de sept épis desséchés, les premiers étant dévorés par les seconds.
Rejet de l'interprétation traditionnelle :[modifier | modifier le wikicode]
Arsmann affirme que l'interprétation biblique traditionnelle de Joseph, qui prédit sept années d'abondance suivies de sept années de famine, est erronée. Il soutient que les rêves ne prévoient jamais l'avenir avec des considérations temporelles concrètes comme des "jours ni des années", car "le temps n'existe pas dans l'inconscient et dans les rêves". Il trouve illogique et non crédible que le pharaon accorderait un pouvoir total à Joseph sans vérifier ses prévisions.
L'interprétation psychologique et symbolique d'Arsmann :[modifier | modifier le wikicode]
Fondement des rêves :[modifier | modifier le wikicode]
Selon la psychologie analytique (Freud et Jung), les rêves sont construits sur des éléments vécus dans les dernières 48 heures. Ils sont également profondément influencés par le symbolisme culturel du rêveur.
Symbolisme égyptien :[modifier | modifier le wikicode]
- Les bœufs et les épis de blé sont des symboles classiques de l'Égypte ancienne, Osiris, le dieu civilisateur, étant représenté par un bœuf (Apis) et associé au Nil.
- Le "vent d'Est" : Le texte biblique mentionne un "vent d'Est" comme explication des vaches maigres et épis desséchés.
- Arsmann explique qu'il n'y a pas de vent d'Est réel en Égypte. Ce vent est symbolique des invasions Hyksos, car ils venaient de l'Est. Leur dieu, Baal/Set, était également un dieu du vent et de la tempête.
- L'infiltration Hyksos : La scène où les vaches maigres entrent dans la panse des vaches grasses sans que ces dernières ne s'en rendent compte, symbolise l'invasion progressive et discrète des Hyksos en Égypte par migrations successives. Ils sont entrés sans que les Égyptiens ne le constatent ni ne réagissent.
- Les Hyksos sont les "vaches maigres" qui pénètrent la "panse nourricière" de l'Égypte, le Delta.
- L'asservissement et l'exploitation : Lorsque les vaches maigres mangent les vaches grasses, cela symbolise l'asservissement et la famine imposée par les Hyksos à la population égyptienne. Les Hyksos ont pris le contrôle des terres en vendant la nourriture aux affamés, les "mangeant" symboliquement.
Le rôle de Joseph :[modifier | modifier le wikicode]
Joseph ne se contente pas d'interpréter le rêve. Il propose immédiatement de "réaliser son projet". Pour Arsmann, cela signifie que Joseph et le pharaon sont en fait en train de planifier la fin de la domination égyptienne et la montée de la future dynastie Hyksos. Le pharaon donne à Joseph le pouvoir non pas pour vérifier ses dires, mais pour "concrétiser cette vision", c'est-à-dire sa propre volonté que Joseph a su comprendre.
Crédibilité historique du passage :[modifier | modifier le wikicode]
Cette interprétation rend l'ensemble du passage biblique historique, car il parle symboliquement d'événements archéologiquement attestés et reconnus par l'histoire officielle.
- Le pharaon Hyksos : Arsmann affirme que le pharaon de Joseph n'est pas égyptien, ce qui est cohérent avec la période Hyksos où des rois étrangers (les Hyksos) ont dominé une partie de l'Égypte.
- Seul un pharaon Hyksos, Apachnan, est parvenu à maîtriser toute l'Égypte, ce qui situe l'épisode de Joseph sous son règne (entre 1620 et 1610 av. J.-C.).
- Les chevaux et chars de guerre : L'apparition des chevaux, des chars de guerre et de certaines techniques de métallurgie du bronze dans le récit biblique au moment de l'entrée de Joseph en Égypte est un indice important, car ces éléments n'existaient pas en Égypte auparavant et sont devenus courants précisément pendant et après la période Hyksos.
- Localisation du pouvoir : Les pharaons bibliques sont toujours dits être présents avec leurs cours royales dans la région de Gochen (le Delta), qui était la région de Py-Ramesses/Héliopolis. Cela correspond à l'emplacement de la capitale Hyksos, Avaris, et s'oppose à la tradition égyptienne où les pharaons de l'âge d'or régnaient depuis Thèbes, au sud.
- Jacob, un pharaon Hyksos : Arsmann suggère que le personnage biblique de Jacob (père de Joseph) pourrait être identifié au pharaon Hyksos Jacob-Har, qui a régné vers 1610 av. J.-C.. Jacob est décrit comme étant au "sommet du pouvoir" en Égypte, accueilli par le pharaon qui lui donne des terres et du bétail. Le rite d'embaumement de Jacob, tel que décrit dans la Bible, est celui réservé uniquement aux pharaons. Les patriarches bibliques, présentés comme des "pasteurs", sont en réalité des "rois pasteurs" ou "chefs étrangers", un terme désignant les Hyksos eux-mêmes.
- Alliance stratégique : L'entrée des Hébreux en Égypte, sous l'invitation d'un pharaon non-égyptien, et leur obtention de privilèges (terres, titres) en s'alliant au pouvoir Hyksos contre les Égyptiens, sont des faits qui concordent parfaitement avec l'histoire des Hyksos qui, étant numériquement faibles, avaient besoin d'alliés.
En résumé, Allan Arsmann interprète les rêves du pharaon comme une allégorie des invasions Hyksos et de leur prise de pouvoir en Égypte, avec Joseph et Jacob jouant un rôle clé dans cette transition historique, dépeignant ainsi un récit biblique profondément enraciné dans des événements historiques concrets et archéologiquement attestés.