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Correspondance historique : Le passage de la mer rouge

De Archéopsie

L'auteur, Allan Arsmann, propose une interprétation de l'épisode du passage de la mer Rouge dans la Bible qui **rejette les visions magiques et hollywoodiennes** pour privilégier une **compréhension historique, rationnelle et archéologiquement crédible** des événements.

Voici les points clés de son interprétation :

Rejet de la magie et du fantastique :[modifier | modifier le wikicode]

L'auteur insiste sur le fait que les représentations populaires du passage de la mer Rouge, avec des "panneaux d'eau verticaux magiquement tenus en lévitation", ne sont **pas présentes dans le texte biblique original**. Pour lui, ce sont les **interprétations déformées** et les spéculations tardives qui ont "harry potterisé la Bible" et y ont ajouté de la magie partout.

Localisation et nature de l'eau :[modifier | modifier le wikicode]

  • Le passage a lieu sur un site nommé **Pi-hahiroth**, et non la "mer Rouge" telle que nous la connaissons aujourd'hui. L'auteur affirme qu'il s'agit d'une **embouchure, d'une sortie de canal**, et non de la mer elle-même.
  • Le terme "mer" dans l'Antiquité, en ces régions, désignait une étendue d'eau par sa **salinité**, et non sa taille minimale. Ainsi, l'eau de ces canaux, étant salée, était assimilée à la mer dont elle provenait.

Contexte historique et lien avec l'Exode Hyksos :[modifier | modifier le wikicode]

  • L'Exode des Hébreux est **confondu avec l'exode historique du peuple Hyksos**, dont l'existence est archéologiquement démontrée et bien documentée dans la littérature égyptienne.
  • Cet événement est daté par l'auteur de **1540 avant Jésus-Christ**, au début du règne du pharaon Amosis Ier, à la charnière de la domination Hyksos et du retour au pouvoir des Égyptiens.
  • Cette période se caractérise par une **extrême violence et une répression abominable des Égyptiens** envers les Sémites (dont les Hébreux) qui avaient pactisé avec le pouvoir Hyksos. C'est ce contexte qui justifie la poursuite des Hébreux par l'armée égyptienne.
  • L'apparition des **chars de guerre** égyptiens, terrifiants pour l'époque, est crédibilisée par le fait que ces chars n'existaient pas auparavant en Égypte et étaient une nouveauté pour les Égyptiens, qui ne les maîtrisaient pas encore bien.

La manœuvre militaire et l'ingéniosité des Hébreux :[modifier | modifier le wikicode]

  • Le "mur d'eau" est interprété comme les **berges du canal**, et non comme des parois d'eau magiques.
  • Les Hébreux, ou Hyksos, ont **habilement choisi ce site stratégique**. Ils ont **fermé le canal**, provoquant le retrait naturel des eaux vers la Méditerranée, qui est plus basse. Ils ont ensuite **partiellement rempli le lit du canal avec du sable** pour camoufler les traces de vase.
  • Au petit matin, ils ont **provoqué leurs adversaires égyptiens**, qui, chargeant vers l'est avec le soleil levant en pleine face, étaient quasiment aveugles et n'ont pas remarqué qu'ils entraient dans le lit vide du canal.
  • L'auteur souligne que les Égyptiens de cette fin de période Hyksos ne dominaient plus le nord du pays depuis plus d'un siècle, ce qui explique leur ignorance de l'existence de ce canal dans "leur propre pays".

Le rôle humain et la nature du miracle :[modifier | modifier le wikicode]

  • L'auteur affirme que ce sont des **hommes, des militaires, des soldats** qui ont agi, obéissant à un ordre du roi.
  • Moïse, en levant son bâton royal, donnait un **signal** à la main-d'œuvre colossale (600 000 mâles adultes) pour creuser et aménager le passage. Ce n'était pas un acte magique, mais l'usage normal de l'autorité d'un chef de guerre de l'Antiquité qui s'attribuait les actions de ses subordonnés, selon la commune pratique antique du genre littéraire de l'éloge, pratique omniprésente dans la haute Antiquité.
  • Le récit biblique, en attribuant ces actions directement à Dieu ou à Moïse, reflète une **pratique littéraire ancienne** où le pouvoir royal était magnifié et ses actions divinisées.

Le contexte de la "jalousie" divine :[modifier | modifier le wikicode]

L'auteur rappelle que Yahvé, en ces passages, est l'incarnation de la "jalousie", comprise comme la "concurrence naturelle". Les actions violentes, les guerres et la domination décrites dans le récit peuvent se comprendre dans ce cadre d'un culte qui loue la concurrence et ses extrêmes, y compris la survie dans des conditions difficiles comme le désert.

En résumé, pour l'auteur, le passage de la mer Rouge est une "séquence d'événements historiques et militaires concrets", ancrés dans le contexte de l'exode des Hyksos et leurs alliés Sémites hors d'Égypte. Les descriptions bibliques, bien que perçues comme miraculeuses aujourd'hui, s'expliquent par les pratiques littéraires et les réalités socio-politiques de l'époque, révélant la "ruse, l'ingéniosité et la force d'un grand groupe humain" face à un ennemi en colère.