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Dieu

De Archéopsie
Version datée du 21 septembre 2025 à 17:11 par 78.120.145.110 (discussion)

La divinité est, selon Allan Arsmann, un statut conféré par la consommation anthropophagique d'un individu par un autre. Initialement, dans les temps anciens, cette consommation produisait selon lui un sentiment réel de supériorité chez l'homme cannibale, avant que cette prise de conscience ne devienne obsolète et que le rituel ne soit plus répété que par tradition.

Origine

Les dieux, dans l'Antiquité, auraient selon Arsmann trouvé leur origine conceptuelle dans des pratiques liées à l'anthropophagie, et plus spécifiquement à la pédo-anthropophagie. L'essence même du divin serait indissociable de cette pratique : c'est ce qu'affirme avoir découvert Allan Arsmann après une étude poussée des textes sacrés et éminents de nombreuses cultures anciennes.



La nature de la divinité

De la généralisation à l'initiation

Selon Arsmann, les dieux auraient "choisi leur propre déclin pour laisser place au progrès", abandonnant le statut de Titans pour celui de dieux. Ils auraient ainsi mis fin à la barbarie de l'anthropophagie généralisée en la restreignant et en s'en appropriant strictement le monopole. Cette restriction de l'acte ancien à un cadre initiatique, ainsi que sa dissimulation et son camouflage à travers des symboles, constituerait la véritable différence entre les Titans (qui pratiquaient l'anthropophagie au grand jour) et les dieux (qui la pratiquaient en secret ou par initiation). Cette période de transition constituerait le cœur des récits de la Titanomachie.

Les 12 substitutions du Panthéon grec

Pour que cette situation perdure face aux pulsions anthropophages, le Panthéon s'est principalement composé autour de 12 dieux, tous incarnation d'une substitution à cette pulsion :

  • Zeus est l'expression du "non" à la vieille pulsion cannibale, l'interdit qui a indirectement engendré tous les autres dieux et déesses (les substitutions). Bien qu'il se soit opposé aux pratiques des Titans, il a lui-même participé à un acte de "renouvellement" en consommant une partie d'un enfant sacrifié, symbolisant ainsi Dionysos, son propre "renouvellement". Sa "foudre" symbolise la fin de l'acte anthropophage
  • Arès incarne la guerre comme première substitution de la passion anthropophage
  • Héra est la déesse de la concurrence, des lois et des contrats. Bien qu'elle puisse provoquer le retour des pratiques anciennes (notamment par le piège tendu à Zeus concernant l'enfant Dionysos), elle symbolise aussi la mise en place d'un ordre et de lois qui ont permis l'évolution de l'humanité.
  • Hermès représente la substitution de la guerre par le commerce, le vol et le brigandage. Il est un "Titan plus malin, plus discret" qui a adopté l'hermétisme et le secret. Il est devenu divin en reproduisant le rite cannibale et en offrant de la viande humaine en substitut de la sienne aux autres dieux pour les rejoindre.
  • Aphrodite symbolise la substitution sexuelle, qui a permis de canaliser le désir charnel vers des plaisirs sexuels, engendrant même des enfants, ce qui était un progrès par rapport à l'acte primordial de consommation.
  • Poséidon, héritage du dieu sumérien Éa, est l'incarnation de la substitution religieuse. Éa est crédité d'avoir créé la religion elle-même comme un moyen de canaliser les pulsions anthropophages dans des rites et des actes religieux, évitant ainsi un retour aux massacres généralisés. La religion, avec ses temples et ses rites (comme la hiérogamie), est devenue une structure sociétale durable pour maintenir l'équilibre.
  • Athéna est associée à la quête du savoir et de la connaissance, qui est présentée comme la "meilleure des substitutions" de l'acte primordial. La consommation du "fruit de la connaissance du bien et du mal" est symboliquement liée à cette pratique.
  • Déméter incarne le pouvoir d'avoir remplacé la viande humaine par le blé et le pain. Son culte marque une transition où l'anthropophagie est devenue "limitée" et "cachée", reflétant la victoire de la fertilité naturelle sur la stérilité associée aux Titans.

Du polythéisme au monothéisme

Polythéisme

Le polythéisme est une manière concrète et objective de penser, où les dieux sont des personnifications des pulsions humaines et des dominantes de l'esprit. L'acte de consommation permettait de "cumuler des pensées différentes" et d'accéder à une "pensée de plus en plus objective", engendrant une capacité d'abstraction. Les dieux sont vus comme des "nébuleux personnages préhistoriques" qui, les premiers, ont eu à "négocier ces pulsions" et ont choisi l'évolution en disant "non" au déclin, bien qu'ils aient longtemps maintenu ces pratiques en privé ou sous forme initiatique, à la différence des Titans qui les affichaient ouvertement.

La transition vers le monothéisme s'est faite par étapes. Face à la multiplication des divinités, les individus les plus éclairés ont commencé à comprendre qu'il ne fallait pas vénérer les "porteurs de l'expérience" (les dieux anthropophages), mais plutôt l'expérience elle-même : la conscience. Cette évolution a d'abord mené à une vision hénothéiste ou monolâtre, où un seul dieu était vénéré comme supérieur et origine de tous les autres, tout en conservant une divinité aux "petits dieux inférieurs". Par exemple, Yahvé est décrit comme le "dieu des dieux" et le "dieu de la concurrence", cherchant à supplanter les autres divinités tout en reconnaissant leur statut divin. La lutte de Yahvé contre la pluralité des Baals est ainsi interprétée comme une lutte contre sa propre multiplicité.

Monothéisme

Le monothéisme s'impose véritablement lorsque l'on refuse l'idolâtrie associée à la dévotion aux individus (les dieux anthropophages) et que l'on comprend que l'expérience originelle (l'anthropophagie) a évolué et ne mène plus au même but. Il ne s'agit plus de vénérer la pédo-anthropophagie elle-même, mais la conscience qu'elle a engendrée. À ce stade, les dieux anciens sont perçus comme obsolètes, car ils ne représentent plus la conscience elle-même, mais des "expressions attardées et imparfaites" de celle-ci, perdant ainsi leur qualificatif divin. Le discours monothéiste affirme alors que c'est la conscience qui est divine, et que tout ce qui fut sacré l'était en tant que chemin vers cette conscience.Ce passage fut un processus long et souvent violent sur le plan collectif, marqué par des guerres et des périodes de régression, mais il fut ressenti comme un trauma brutal et immédiat pour l'individu, qualifié d'"éveil". Le christianisme, qui marque une étape importante dans cette évolution, a également hérité et transformé des symboles et des rites liés à cette anthropophagie originelle, comme le concept de "transsubstantiation christique" lié à l'idée de "manger, c'est devenir". La foi, elle-même, est suggérée comme ayant son origine dans l'anthropophagie.

Apothéose

La divinité aux temps modernes

Notes et références

Bibliographie