Sarah
ATTENTION : texte rédigé à l'aide de l'IA
Allan Arsmann présente le personnage de Sarah, l'épouse d'Abraham, d'une manière radicalement différente des interprétations traditionnelles, en l'inscrivant dans un contexte historique, anthropologique et rituel de la haute Antiquité, notamment mésopotamienne. Pour Arsmann, l'image pieuse et naïve de Sarah est une déformation postérieure des textes, servant à masquer des réalités ancestrales jugées "honteuses" ou "perverses" par les mentalités modernes.
Voici les points clés de son interprétation :
• Une Prostituée Sacrée (Lukuru Ishtaritu) :
◦ Arsmann soutient que Sarah fut une prostituée sacrée, une prêtresse consacrée au culte de la déesse mésopotamienne Ishtar (aussi connue sous les noms d'Ishara ou Astarté). Il affirme que cette pratique était un rituel sacré et non une prostitution profane, les actes sexuels étant secondaires à leur signification rituelle.
◦ Il fonde cette interprétation sur des passages bibliques où Sarah est présentée au Pharaon et au roi Abimélek, qui la désirent et l'épousent, et Abraham et Sarah s'enrichissent considérablement grâce à ces unions. Selon Arsmann, la Bible ne dissimule pas ces faits, mais les rapporte explicitement, avec des titres de chapitres tels que "Séduction de Sarah sur Pharaon". La répétition de ces événements (deux fois) suggère une action volontaire de la part de Sarah et Abraham, et non un simple enlèvement ou un accident.
◦ Les textes retrouvés à Qumran renforcent cette idée d'une séduction intentionnelle et même d'une "soirée bien arrosée" où Abraham présente Sarah aux émissaires du Pharaon, loin de l'image d'une victime kidnappée.
• Lien avec la Déesse Ishtar et le Rituel de la Hiérogamie :
◦ Le nom même de Sarah est étroitement lié à celui d'Ishtar, "Ishara" signifiant "princesse" et étant une épithète majeure de la déesse. Pour Arsmann, il est impossible qu'une femme d'Ur ait porté ce nom sans que cela fasse référence à la déesse locale.
◦ En tant que prêtresse d'Ishtar, Sarah était considérée comme l'incarnation terrestre de la déesse et pouvait porter son nom, au moins pendant le rituel de la hiérogamie (mariage sacré).
◦ Les unions de Sarah avec des rois (Pharaon, Abimélek) sont interprétées comme la participation à ce rituel de hiérogamie, où le roi s'unissait à une prêtresse incarnant la déesse. Ce rite était essentiel pour conférer au roi un statut divin ou quasi-divin et une légitimité. Sarah "reproduit rituellement l'erreur primordiale" (l'acte d'Adam et Ève) pour initier ces rois et leur transmettre le statut divin qui allait de pair avec la royauté.
• Sa Stérilité comme Indice de sa Vocation :
◦ La Bible mentionne à plusieurs reprises la stérilité de Sarah. Arsmann met cela en relation avec des découvertes archéologiques à Ur (ville d'origine d'Abraham et Sarah) qui indiquent que toutes les femmes stériles y étaient systématiquement vouées à la prostitution sacrée au culte d'Ishtar. Pour les Sumériens, c'était une forme de "destin" pour les femmes infertiles d'être dédiées à ce rôle. Sa stérilité est donc, pour Arsmann, une "évidence logique" et un facteur clé de sa fonction de prostituée sacrée.
• Sa Beauté et son Âge :
◦ La beauté de Sarah est légendaire, capable de "faire craquer de désir plusieurs rois". Arsmann note que ces récits sont "peu crédibles avec de tels âges" (58 ans puis 85 ans pour susciter un tel désir) si l'on considère des années solaires, suggérant que les données temporelles bibliques sont "dilatées" et se réfèrent à une autre unité de temps, comme les années nilotiques ou lunaires.
• Sa Mort après le Sacrifice d'Isaac :
◦ Arsmann insiste sur le fait que Sarah meurt "de chagrin" juste après l'épisode du sacrifice d'Isaac. Pour lui, c'est une preuve supplémentaire que le sacrifice d'Isaac a bien eu lieu, car "les mères ne meurent pas de tristesse lorsque leurs enfants sont miraculeusement sauvés par des anges ; non, elles meurent de chagrin lorsque leurs enfants ne le sont pas".
En conclusion, Allan Arsmann présente Sarah comme une figure essentielle dont le rôle de prêtresse d'Ishtar et d'actrice du rituel de la hiérogamie a été délibérément occulté par les interprétations religieuses ultérieures. Il la place au cœur d'un ensemble de pratiques anthropophages et rituelles qui, selon lui, sont les clés pour comprendre le sens profond et l'historicité des textes bibliques.