Pédo-anthropophagie
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Allan Arsmann fonde sa théorie de l'existence d'une pédo-anthropophagie historique sur une vaste gamme de sources issues de divers domaines, allant des textes anciens aux découvertes archéologiques, en passant par la psychologie et l'anthropologie. Il met en avant une approche historiographique qui cherche à déchiffrer le sens originel de ces récits, souvent obscurci par des interprétations modernes et le refoulement collectif.
Voici les principales sources et types de preuves qu'il mobilise :
1. Textes bibliques et religieux anciens :
◦ L'Ancien Testament : Arsmann interprète de nombreux passages de l'Ancien Testament comme des récits codifiés de pédo-anthropophagie. Il affirme que le "crime d'Adam et Ève" dans la Genèse est la dévoration cannibale de leur propre enfant, leur "fruit". Il cite des passages où Yahvé lui-même semble exiger ou relater le sacrifice d'enfants, notamment les "prémices" des premiers-nés.
▪ Il fait référence aux plaintes du roi David (Psaume 57) concernant l'anthropophagie de son peuple.
▪ Il cite le prophète Michée (Michée 3:1) qui dénonce les dirigeants hébreux comme des dévoreurs de la chair de leur peuple, des "mangeurs de fils d'hommes".
▪ Le prophète Ézéchiel (Ézéchiel 39:17 et 16:20-21) est cité comme avouant explicitement que Yahvé a demandé le sacrifice des fils et filles comme nourriture et que les Israélites mangeaient la chair de leurs ennemis vaincus.
▪ Les récits de sacrifices de fondation, comme celui de la reconstruction de Jéricho par Hiel de Béthel (1 Rois 16:34), sont interprétés comme des sacrifices d'enfants exigés par Yahvé.
▪ L'épisode du sacrifice d'Isaac par Abraham (Genèse 22) est analysé comme un sacrifice qui est bel et bien allé jusqu'au bout dans les versions les plus anciennes et non comme un sacrifice substitutif, une interprétation qu'il qualifie de "dévouement" tardif du texte.
▪ Le livre des Juges (Juges 11:31) où le roi Jephté promet à Yahvé le sacrifice du premier être qui sortira de sa maison (sa fille unique) est également cité.
▪ La "disparition de la chair" dans les descriptions bibliques des enterrements, comme celle de Saül et de ses fils (1 Chroniques 10:11) ou du prophète Élisée (2 Rois 13:21), est présentée comme un indice d'anthropophagie post-mortem ou endocannibale, où seuls les ossements sont enterrés.
◦ Le Nouveau Testament : Le thème de la pédo-anthropophagie est également présent dans le Nouveau Testament sous forme symbolique. La "multiplication des pains" par Jésus est vue comme une référence à la consommation de chair humaine, Jésus se présentant lui-même comme le "pain de vie" et le "fruit" (l'enfant) consommé au commencement. La "tentation du Christ" est une proposition du Diable de commettre l'acte anthropophage pour atteindre le pouvoir royal.
◦ Autres textes sacrés anciens : Allan Arsmann affirme que "tous les textes sacrés du monde parlent de la même chose", c'est-à-dire de la pédo-anthropophagie, souvent sous un voile symbolique. Il mentionne l'Évangile, les religions grecque et romaine, l'Edda poétique, le Ramayana, le Mahabharata et les Veda comme contenant des récits d'enfants mangés.
2. Preuves archéologiques :
◦ L'archéologie atteste que le cannibalisme était une pratique courante aux époques de la rédaction des premiers textes bibliques.
◦ Des fouilles archéologiques confirment l'existence et la banalisation des sacrifices d'enfants, notamment dans le culte de Baal et du dieu Seth, en particulier à Carthage où des dizaines, voire des centaines de milliers de restes d'enfants sacrifiés ont été exhumés dans des "tofets".
◦ Les découvertes sur le site d'Avaris, la capitale des Hyksos, attestent des pratiques de sacrifices humains par ce peuple, qui est lié aux origines des Hébreux selon Arsmann.
◦ Des jarres contenant des squelettes de petits enfants de plus de 8 jours ont été retrouvées autour de menhirs préhistoriques à Gezer, suggérant une grande ancienneté de ces pratiques.
◦ Les momies de pharaons et les restes de Cananéens attestent que les "géants" décrits dans les textes anciens étaient en réalité de taille ordinaire, ce qui, pour Arsmann, est une preuve que le gigantisme symbolise leur pratique anthropophage et leur "âge rajeuni" par la consommation d'enfants.
3. Théories anthropologiques et ethnologiques :
◦ Arsmann s'appuie fortement sur les travaux d'anthropologues et d'ethnologues de la fin du XIXe et début du XXe siècle, citant explicitement James George Fraser et son œuvre "Le Rameau d'or".
◦ Il évoque la "réconciliation alimentaire", un phénomène par lequel la consommation d'une victime permet une réconciliation psychique avec elle, observée dans toutes les sociétés anthropophages étudiées.
◦ Il affirme que l'anthropophagie était une pratique "universelle" touchant la majorité des espèces du genre Homo depuis le Paléolithique inférieur.
◦ Il cite des exemples concrets de diverses cultures où la consommation de parties spécifiques (cœur, foie) d'ennemis ou d'animaux était censée transmettre des qualités (bravoure, force, connaissance du langage des oiseaux, capacité prophétique).
◦ La hiérogamie, un rite sumérien ancien où le roi consommait "son propre fruit" (son enfant) pour acquérir un statut divin et royal, est présentée comme le fondement de nombreuses religions et civilisations.
4. Théories psychologiques et psychanalytiques :
◦ Le concept central est celui de l'"incorporation" ou "introjection", un mécanisme psychique d'identification par l'absorption alimentaire, développé par des figures comme Freud, Jung et Lacan. Arsmann explique que ce mécanisme est la base de la conviction des anciens de pouvoir absorber les qualités (force, courage, jeunesse, innocence) de ce qu'ils mangeaient, y compris les humains.
◦ Il lie la pédo-anthropophagie à la recherche d'"élixir de jouvence" ou de rajeunissement psychique, une des motivations pour la consommation d'enfants, surtout des premiers-nés.
◦ Le concept de "refoulement" (Freud) est crucial pour expliquer pourquoi cette pratique est niée et "oubliée" dans l'inconscient collectif moderne. Ce refoulement rend difficile la compréhension des textes anciens qui en témoignent. La pédo-anthropophagie est l'un des trois sujets les plus tabous, avec le meurtre et les enfants, et leur combinaison explique la force du refoulement et la difficulté d'accepter cette réalité historique.
◦ La "dissonance cognitive" est utilisée pour décrire la difficulté des modernes à concilier les textes anciens avec leurs croyances actuelles.
5. Analyse linguistique et herméneutique :
◦ Arsmann affirme que le langage utilisé dans les textes anciens était souvent allégorique ou symbolique pour masquer ces pratiques taboues. Il parle de "morcellement volontaire" et de "zooponymie projetée" comme techniques littéraires utilisées par les anthropophages pour dissimuler leurs actes tout en les communiquant aux initiés.
◦ L'absence du mot "anthropophagie" dans les langues anciennes est un indice du tabou et de la nécessité d'utiliser des euphémismes.
◦ L'analyse de la construction des phrases et des choix de mots dans les traductions anciennes est utilisée pour montrer que le sacrifice d'Isaac a eu lieu.
◦ Il utilise l'étymologie et la sémantique de mots comme "prince" (enfant) ou "juges de la terre" (enfants) pour révéler le sens caché de certains passages bibliques.
En somme, Allan Arsmann tisse une toile complexe de preuves, arguant que la pédo-anthropophagie est un "axiome fondamental et multimillénaire" qui a modelé la psyché humaine, les religions et la civilisation, et dont les traces sont omniprésentes dans les textes sacrés et les mythes du monde, pourvu qu'on les lise avec le bon "paradigme" historique et psychologique.