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| Allan Arsmann développe une interprétation du concept des Enfers dans les textes anciens, notamment à travers les mythologies sumériennes et leur lien avec les pratiques anthropophages et les rites sacrés.
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| Voici les détails clés qu'il avance :
| | Selon Allan Arsmann, le concept d''''Enfer''' est profondément ancré dans une réinterprétation de l'histoire et des textes sacrés, se référant non pas à un lieu de châtiment divin après la mort, mais à des réalités historiques de l'anthropophagie et à des mécanismes psychologiques de refoulement. |
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| • '''Origine sumérienne du concept''' :
| | Voici les points clés de son analyse : |
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| ◦ Les Sumériens sont considérés comme les '''inventeurs du concept d'enfer'''. Ils sont les premiers à avoir développé et décrit de tels lieux, déjà remplis de démons et de créatures serpentiformes.
| | • '''L'Enfer Sumerien : Le "Kur"''' : |
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| ◦ Cet enfer était imaginé juste '''sous la surface du sol'''. | | ◦ Le concept d'Enfer trouve son origine dans la mythologie sumérienne, où le '''"Kur"''' était imaginé comme une sorte d''''"enfer" juste sous la surface du sol'''. |
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| ◦ Pour les Sumériens, l'eau des inondations avait une '''double origine''' : elle tombait du ciel en pluie et montait du sous-sol, débordant du Kur (enfer sumérien) et de l'Apsû. Cette considération de la double origine des eaux d'inondation est présente à deux reprises dans le texte biblique du déluge. | | ◦ Ce monde d'en bas était considéré par les Sumériens comme l''''origine de toutes les inondations''', l'eau montant du sous-sol en plus de tomber du ciel. |
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| • '''Lien avec la mort et la malédiction''' : | | • '''La "Descente aux Enfers" et la Hiérogamie''' : |
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| ◦ Dans la mythologie sumérienne, il est '''totalement interdit de manger aux enfers'''. Quiconque mange ou boit quoi que ce soit dans ce lieu (un plat, une goutte d'eau, n'importe quoi) devient '''complètement et totalement maudit'''. | | ◦ Le rituel de la '''Hiérogamie''' (mariage sacré), dont le dieu Baal est le protagoniste masculin, est décrit comme impliquant une '''"chute" ou une "descente aux enfers"'''. |
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| ◦ C'était la pire et la plus inflexible de toutes les malédictions considérées par les Sumériens. | | ◦ Au cœur de ces "passages du secret", cette descente aux enfers implique de '''manger une "nourriture interdite"'''. |
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| ◦ Cette consommation était associée à la '''mort''', bien qu'il s'agissait d'une '''mort symbolique''', une "mort au sens sacré". | | ◦ Cette consommation aux enfers est '''"totalement interdite"''' ; quiconque y mange ou boit, ne serait-ce qu'une "goutte d'eau", devient '''"complètement et totalement maudit"''', subissant la "pire de toutes les malédictions". |
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| ◦ La nourriture maudite des enfers est même décrite dans la mythologie sumérienne comme étant la '''même nourriture que celle des dieux'''. | | ◦ Ishtar, et plus tard Dumuzi (le personnage qui est identifié comme l'Adam biblique), sont obligés de consommer cette '''"nourriture maudite des enfers"''', qui est également décrite comme la '''"manne nourriture que celle des dieux"'''. |
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| • '''Descente aux Enfers (Ishtar et Doumouzi)''' :
| | ◦ Après avoir consommé cette nourriture, Dumuzi est considéré comme mort, torturé par des démons, et '''"pendu à un crochet de boucherie"'''. Le retour de Dumuzi (et d'Ishtar) des enfers symbolise la fécondité de la terre et la renaissance du roi. |
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| ◦ Le rituel de la Hiérogamie, un acte central des cultes anciens, inclut une '''descente aux enfers'''. Ishtar descend dans le Kur (l'enfer des Sumériens, appelé Alain par les Akkadiens).
| | • '''L'Enfer comme Refoulement de l'Anthropophagie''' : |
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| ◦ Elle y croise diverses divinités infernales et la reine des enfers, Ereshkigal. | | ◦ Pour Allan Arsmann, l''''anthropophagie''' est la '''"clé perdue de notre passé"''', un '''"linge sale refoulé et oublié"'''. Les concepts de '''Paradis et d'Enfer''', ainsi que d'autres notions religieuses, proviennent de la '''sublimation et du refoulement de ces expériences anthropophages'''. |
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| ◦ Ishtar y commet une faute, celle de '''manger la nourriture des enfers''', ce qui la maudit et l'oblige à y demeurer. | | ◦ Le dégoût profond et sournois que l'humanité ressent envers l'anthropophagie crée des '''"angles morts"''' dans notre pensée, nous empêchant de comprendre pleinement ces textes anciens. |
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| ◦ Le dieu Ea (identifié à Yahvé par Arsmann), patron des exorcistes et détenteur des secrets des aliments divins, met en place un stratagème pour racheter la faute d'Ishtar et la sauver. | | ◦ L'acte d'Adam et Ève, qui est une '''"dévoration cannibalique de leur propre enfant"''', cumule les trois sujets les plus tabous de l'esprit humain (cannibalisme, meurtre, enfants). Cette "faute" a fait couler des '''"fleuves entiers de sang"''' (les sacrifices d'enfants), et c'est cette '''honte''' qui a mené au refoulement collectif. |
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| ◦ Cependant, Ishtar doit désigner un '''substitut''' pour la remplacer aux enfers. Elle choisit Doumouzi (Adam biblique), son époux, qui est alors emmené et doit lui aussi manger la nourriture maudite, être torturé par les démons, puis considéré comme mort et pendu à un crochet de boucherie. | | ◦ L'Enfer représente donc les '''conséquences psychiques et morales de ces pratiques refoulées''', qui continuent d'affecter l'humanité collectivement. Le Christ, en refusant la tentation de l'anthropophagie (la "nourriture" proposée par le Diable dans le désert), offre une nouvelle voie pour se libérer de cet héritage sombre et des "pulsions anthropophages" qui nous réduisent. |
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| ◦ Il est parfois imposé au souverain récalcitrant de manger discrètement l'aliment interdit.
| | En somme, pour Allan Arsmann, l'Enfer n'est pas une simple fiction ou une construction théologique abstraite, mais une '''expression symbolique des traumatismes et des tabous liés à l'histoire anthropophage de l'humanité''', dont les mécanismes sont encore à l'œuvre dans notre psyché collective et nos textes sacrés. |
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| ◦ La descente aux enfers implique de se mettre '''à nu''' ; les personnages principaux de l'épisode du jardin d'Éden et de la Hiérogamie sont décrits comme nus, puis récupèrent leurs vêtements une fois sortis des enfers.
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| ◦ Le '''retour de Doumouzi''' des enfers est perçu comme une '''résurrection''' et est célébré par une grande fête.
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| • '''Symbolisme et conséquences''' :
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| ◦ Le séjour aux enfers et la malédiction de l'époux (Doumouzi) sont perçus comme ayant un '''caractère universel''', affectant le sol, la terre, les plantes et le pays tout entier.
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| ◦ Le statut divin du roi (Doumouzi) est alors déclaré, mais reste partiel.
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| ◦ Le concept des enfers est aussi lié à l'idée d'un lieu où l'on se '''débarrasse de la chair''' du défunt pour ne conserver que les os, ce qui permettait de le "remettre en soi" via l'anthropophagie.
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| • '''Enfers et anthropophagie''' :
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| ◦ Le '''Diable''' (Satan) est présenté comme la représentation de l''''anthropophagie''' ou de la part d'horreur et de tentation qui lui est associée. Ses représentations en tant que seigneur des enfers ont toujours symbolisé cette pratique.
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| ◦ Le concept de '''géant''' (Titans inclus) est lié à l'anthropophagie et à cette "mort" symbolique. Les Titans sont collectivement nos "ancêtres anthropophages". Le "gigantisme" n'est pas une taille physique mais une caractéristique liée à l'anthropophagie. Le fait que les anthropophages se considéraient "jeunes" (par exemple, un adulte de 2 ans) alors qu'ils étaient des adultes de grande taille menait à l'idée d'enfants géants et, par projection, à leurs parents étant encore plus grands, créant ainsi l'idée d'une "race de géants".
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| ◦ Manger la nourriture des enfers entraînait la malédiction, mais cette pratique a été expérimentée par les personnages fondateurs des récits.
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| Pour Allan Arsmann, la conception des Enfers (ou monde d'en bas) durant l'Antiquité est radicalement différente de l'image moderne, et est intrinsèquement liée à des pratiques rituelles et à la compréhension ancienne de la divinité et de la royauté.
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| Voici comment il explique les Enfers, leur localisation, les lieux qui leur étaient dédiés, leur rôle et les rituels associés :
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| • '''Nature et signification des Enfers :'''
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| ◦ Pour Arsmann, les Enfers sont un concept profondément lié à l''''anthropophagie''' et à la '''souffrance'''. Le "Seigneur des Enfers" symbolise d'ailleurs l'anthropophagie elle-même.
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| ◦ Le mot sumérien "kur" ne signifiait pas seulement "montagne" mais aussi "monde d'en bas" dans la mythologie sumérienne, marquant une réalité spécifique pour ce lieu.
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| ◦ La descente aux Enfers est une expérience de "tourments atroces" et de "pleurs", souvent suivie d'un "retour parmi les vivants", évoquant une transformation profonde.
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| • '''Localisation et lieux dédiés :'''
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| ◦ Bien que conceptuels, les Enfers étaient associés à des lieux rituels concrets. Les "jardins" où se déroulaient ces "descentes" étaient souvent situés '''à l'intérieur des temples, en particulier les ziggourats'''. Ces temples, notamment ceux de Babylone, pouvaient être pourvus de jardins, rappelant les jardins suspendus.
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| ◦ Hérodote, cité par Arsmann, décrivait d'ailleurs les prostituées sacrées (incarnations d'Ishtar, figure centrale des rites infernaux) comme se trouvant aux plus hauts étages des ziggourats.
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| ◦ La "caverne d'Hermès" est aussi mentionnée comme un lieu sacré où un acte de consommation avait eu lieu, suggérant un espace rituel dédié à ces pratiques.
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| • '''Rôle et rituels qui s'y déroulaient :'''
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| ◦ Le rôle principal des Enfers dans l'Antiquité, selon Arsmann, est de servir de cadre au '''rite fondamental de la Hiérogamie (mariage sacré)''', rite sumérien le plus ancien, et à travers lui, de créer la royauté et la divinité.
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| ◦ Ce rite implique une "descente" symbolique aux Enfers, où les personnages, notamment le futur roi et la déesse Ishtar (ou son incarnation), subissent des épreuves. Ishtar, par exemple, commet la "faute" de '''manger''' dans les Enfers.
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| ◦ L'entrée dans les Enfers exigeait de se '''mettre à nu'''.
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| ◦ Le futur roi devait également '''manger la "nourriture maudite des Enfers"''', ce qui le rendait "maudit", "torturé", et symboliquement "mort" ou "pendu à un crochet de boucherie". Cette "nourriture maudite" est directement liée à la consommation anthropophagique.
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| ◦ Ces rituels pouvaient impliquer de la '''"réelle violence"''' orchestrée par des exorcistes qui jouaient le rôle de démons.
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| ◦ Le but de ces rituels était '''exorcistique''', visant à garantir la '''fertilité du pays''' et la '''renaissance du roi'''.
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| ◦ Après cette "mort symbolique" et la consommation de la "nourriture des dieux", le roi était déclaré de '''"nature divine"''', devenant un "nouveau dieu" ou un "dieu vivant".
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| ◦ Le rite se terminait par un '''banquet''' où le caractère divin du roi était réaffirmé, lui octroyant le droit de manger les nourritures sacrificielles réservées aux dieux dans les temples.
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| ◦ Le dieu sumérien Ea, patron des exorcistes et gardien des "secrets des aliments divins", est souvent impliqué dans ces mythes infernaux comme protecteur ou allié.
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| ◦ Ce rite, par sa capacité à créer de nouveaux dieux et à diviniser des humains, est, selon Arsmann, à l'origine du polythéisme lui-même.
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| En somme, pour Allan Arsmann, les Enfers ne sont pas un simple au-delà, mais une métaphore et un lieu rituel pour des pratiques fondatrices de la royauté et de la divinité, notamment par le biais d'actes rituels de consommation humaine qui étaient perçus comme conférant un statut sacré et une forme de "rajeunissement" ou "renaissance" aux rois de l'Antiquité.
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ATTENTION : texte généré à partir de l'IA
Selon Allan Arsmann, le concept d'Enfer est profondément ancré dans une réinterprétation de l'histoire et des textes sacrés, se référant non pas à un lieu de châtiment divin après la mort, mais à des réalités historiques de l'anthropophagie et à des mécanismes psychologiques de refoulement.
Voici les points clés de son analyse :
• L'Enfer Sumerien : Le "Kur" :
◦ Le concept d'Enfer trouve son origine dans la mythologie sumérienne, où le "Kur" était imaginé comme une sorte d'"enfer" juste sous la surface du sol.
◦ Ce monde d'en bas était considéré par les Sumériens comme l'origine de toutes les inondations, l'eau montant du sous-sol en plus de tomber du ciel.
• La "Descente aux Enfers" et la Hiérogamie :
◦ Le rituel de la Hiérogamie (mariage sacré), dont le dieu Baal est le protagoniste masculin, est décrit comme impliquant une "chute" ou une "descente aux enfers".
◦ Au cœur de ces "passages du secret", cette descente aux enfers implique de manger une "nourriture interdite".
◦ Cette consommation aux enfers est "totalement interdite" ; quiconque y mange ou boit, ne serait-ce qu'une "goutte d'eau", devient "complètement et totalement maudit", subissant la "pire de toutes les malédictions".
◦ Ishtar, et plus tard Dumuzi (le personnage qui est identifié comme l'Adam biblique), sont obligés de consommer cette "nourriture maudite des enfers", qui est également décrite comme la "manne nourriture que celle des dieux".
◦ Après avoir consommé cette nourriture, Dumuzi est considéré comme mort, torturé par des démons, et "pendu à un crochet de boucherie". Le retour de Dumuzi (et d'Ishtar) des enfers symbolise la fécondité de la terre et la renaissance du roi.
• L'Enfer comme Refoulement de l'Anthropophagie :
◦ Pour Allan Arsmann, l'anthropophagie est la "clé perdue de notre passé", un "linge sale refoulé et oublié". Les concepts de Paradis et d'Enfer, ainsi que d'autres notions religieuses, proviennent de la sublimation et du refoulement de ces expériences anthropophages.
◦ Le dégoût profond et sournois que l'humanité ressent envers l'anthropophagie crée des "angles morts" dans notre pensée, nous empêchant de comprendre pleinement ces textes anciens.
◦ L'acte d'Adam et Ève, qui est une "dévoration cannibalique de leur propre enfant", cumule les trois sujets les plus tabous de l'esprit humain (cannibalisme, meurtre, enfants). Cette "faute" a fait couler des "fleuves entiers de sang" (les sacrifices d'enfants), et c'est cette honte qui a mené au refoulement collectif.
◦ L'Enfer représente donc les conséquences psychiques et morales de ces pratiques refoulées, qui continuent d'affecter l'humanité collectivement. Le Christ, en refusant la tentation de l'anthropophagie (la "nourriture" proposée par le Diable dans le désert), offre une nouvelle voie pour se libérer de cet héritage sombre et des "pulsions anthropophages" qui nous réduisent.
En somme, pour Allan Arsmann, l'Enfer n'est pas une simple fiction ou une construction théologique abstraite, mais une expression symbolique des traumatismes et des tabous liés à l'histoire anthropophage de l'humanité, dont les mécanismes sont encore à l'œuvre dans notre psyché collective et nos textes sacrés.